Élections législatives en Israël : Netanyahu et Gantz au coude-à-coude

Élections législatives en Israël : Netanyahu et Gantz au coude-à-coude
Montage photo du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche, à Jérusalem le 9 décembre 2018) et de son adversaire Benny Gantz, ancien chef de l'armée (à droite, le 1er avril 2019 à Tel Aviv)

Orange avec AFP-Services, publié le mardi 17 septembre 2019 à 22h10

Les Israéliens ont voté mardi 17 septembre pour la seconde fois cette année, après un scrutin en avril au terme duquel Benjamin Netanyahu, qui détient le record de longévité pour un chef de gouvernement israélien, avait échoué à former une coalition.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au pouvoir depuis une décennie, avait prédit en début de journée que les élections législatives israéliennes allaient être "très serrées". Les sondages à la sortie des urnes réalisés par les grands médias israéliens lui donnent raison. Son parti Likoud (droite) devrait récolter entre 31 et 33 sièges sur les 120 de la Knesset, le Parlement israélien, et le parti centriste "Bleu-blanc" de son opposant Benny Gantz entre 32 et 34 sièges.

Outre les scores de ces deux partis, les résultats des alliés potentiels de chacun seront déterminants car la question n'est pas tant de savoir qui aura le plus de sièges entre MM. Netanyahu et Gantz mais lequel des deux sera en mesure d'atteindre, par des alliances, le nombre de 61 députés, seuil de la majorité au Parlement. Or, selon les sondages à la sortie des urnes, aucun bloc ne semble pour l'instant capable de réunir ce nombre et donc de former un gouvernement à l'issue de ce second scrutin en cinq mois, les élections d'avril ayant abouti à un score similaire.

Avec ses alliés traditionnels, le Likoud pourrait obtenir entre 54 et 57 sièges, et le parti "Bleu-blanc" entre 54 et 58, selon ces baromètres qui donnent l'image d'un pays polarisé.

Un scénario similaire à celui d'avril ?

En avril dernier, le Likoud de M. Netanyahu et la formation Kahol Lavan, "Bleu-blanc" en français, de M. Gantz avaient chacun obtenu 35 sièges sur les 120 du Parlement. Le président israélien Reuven Rivlin avait mandaté Benjamin Netanyahu pour former un gouvernement de coalition. Mais incapable d'y parvenir, ce dernier avait dissous le Parlement et provoqué un nouveau scrutin.

"Nous avons un avantage mais je vois que nous sommes dépendants de Lieberman", a dit à l'AFP Dina Margoli, 40 ans, militante du parti "Bleu-blanc", en référence au chef de la formation nationaliste laïque Israel Beiteinou, Avigdor Lieberman. Cet ancien ministre de M. Netanyahu, actuellement en rupture avec le Premier ministre, n'a pas dit clairement s'il allait soutenir le camp du Likoud ou celui du parti "Bleu-blanc". Et avec les projections lui accordant entre 8 et 10 sièges, il pourrait une nouvelle fois devenir le "faiseur de roi".




Les partis arabes, crédités de 11 à 13 sièges, pourraient aussi jouer un rôle crucial en soutenant un candidat ou un autre afin de sortir le pays de sa paralysie politique.

"Deux possibilités si distinctes"

L'issue de ce nouveau scrutin est d'autant plus cruciale pour M. Netanyahu qu'il intervient un mois avant sa comparution devant la justice pour des affaires de "corruption", "d'abus de confiance" et de "malversations". Il est notamment soupçonné d'avoir tenté de s'assurer une couverture favorable de la part du site d'informations Walla, en contrepartie de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq, principal groupe de télécommunications israélien dont le PDG était propriétaire de Walla.

Pour l'heure, M. Netanyahu n'est ni inculpé ni donc condamné, mais une victoire pourrait permettre à ses alliés de voter son immunité. S'il était réélu, puis inculpé, il deviendrait le premier chef de gouvernement en exercice à connaître une telle avanie dans l'histoire d'Israël.

Face à "Bibi", l'ancien général Benny Gantz, libéral sur les enjeux de société comme le mariage civil mais "faucon" sur les questions sécuritaires, joue la carte de la "probité", et pourrait miser sur une alliance de partis laïcs --de gauche et arabe-- face au bloc de droite de Netanyahu et de ses alliés de partis juifs ultra-orthodoxes. "Rares sont les moments où les électeurs sont devant deux possibilités si distinctes", résumait lundi M. Gantz. 
 

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