Election en Turquie : Poutine salue la «grande autorité politique» d'Erdogan

Election en Turquie : Poutine salue la «grande autorité politique» d'Erdogan
ARCHIVE. Les présidents russe et turc, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, le 10 mars 2017 à Moscou.

leparisien.fr, publié le lundi 25 juin 2018 à 13h20

Malgré les soupçons de fraudes pendant le vote, Recep Tayyip Erdogan a revendiqué sa victoire dès le premier tour de la présidentielle turque.

Sans attendre l'officialisation du résultat ce lundi, le président Recep Tayyip Erdogan a fêté dans la nuit sa réélection dès le premier tour de l'élection turque. Mais l'agence de presse étatique Anadolu, qui a pour l'instant dépouillé 99% des urnes, ne devrait pas tarder à confirmer son score de plus de 52%, malgré les accusations de fraudes pendant le vote et une délégation d'observateurs français arrêtée quelques heures. Son principal rival, Muharrem Ince, a lui accepté cette victoire en l'appelant toutefois à être « le président de tous » les Turcs.

Dès dimanche soir, Recep Tayyip Erdogan avait été acclamé par des milliers de partisans réunis à Ankara devant le siège de son parti islamo-conservateur, l'AKP. Auparavant, depuis Istanbul, il avait également revendiqué sa victoire devant des des militants qui célébraient aussi les résultats aux législatives, organisées le même jour et marquant le passage du système parlementaire en vigueur à un régime hyper-présidentiel voulu par le président sortant.

Alliance renforcée avec la Russie

Une dérive autoritaire pour certains, la démonstration d'une force pour d'autres, à l'instar de son homologue russe, Vladimir Poutine. Dans son télégramme de félicitations, le patron du Kremlin « a souligné que les résultats de l'élection attestent pleinement de la grande autorité politique de Recep Tayyip Erdogan et du large soutien au cap fixé sous sa direction ». En 2017, les deux dirigeants à poigne, dont les relations avec l'Occident connaissent des tensions, se sont rencontrés à huit reprises, sans compter de nombreux entretiens téléphoniques.

Les liens commerciaux entre Moscou et Ankara se sont aussi resserrés récemment, avec la construction de la centrale nucléaire d'Akkuyu, dans la région de Mersin (sud), par le géant russe Rosatom. Et avec l'Iran, la Russie et la Turquie ont formé un groupe de travail sur le dossier syrien.

L'UE vigilante

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a également félicité le Turc pour sa réélection, estimant que « la stabilité de la Turquie est une bonne nouvelle » pour l'Europe. Le secrétaire général de l'Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, en a fait de même, tout en rappelant les « valeurs fondamentales » de l'Alliance. Tandis que la Commission européenne a exprimé son souhait de voir la Turquie rester « engagée » avec l'UE « sur sujets majeurs d'intérêt commun, comme la migration, la sécurité, la stabilité de la région et la bataille contre le terrorisme ». La Commission européenne attend par ailleurs l'évaluation finale de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sur la tenue des élections.

En France, Emmanuel Macron ne s'est pas exprimé sur le sujet. Mais à Strasbourg, où vit une importante communauté turque, près de 200 personnes s'étaient rassemblées dès dimanche soir devant le consulat de Turquie, selon les Dernières Nouvelles d'Alsace.

A Mantes-la-Jolie (Yvelines), dans le quartier du Val-Fourré des bagarres entre des membres des communautés turques et kurdes ont éclaté.

Coté économie, la livre turque, qui avait perdu quelque 20% de sa valeur contre le dollar cette année, a repris presque 2% lundi au lendemain de la victoire d'Erdogan. Un résultat qui semble avoir en partie rassuré les investisseurs qui craignaient une période d'incertitude en cas de défaite de celui qui dirige le pays depuis 15 ans.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU