Égypte : le journal britannique The Times dénonce l'expulsion de sa correspondante

Égypte : le journal britannique The Times dénonce l'expulsion de sa correspondante

Bel Trew a été arrêtée alors qu'elle interrogeait le parent d'un homme décédé sur un bateau de migrants.

leparisien.fr, publié le dimanche 25 mars 2018 à 23h02

Bel Trew a travaillé sept ans en Égypte, avant d'être arrêtée puis expulsée. Les autorités assurent qu'elle n'avait pas les autorisations nécessaires.

«J'ai été expulsée et personne ne peut dire pourquoi». Bel Trew, la correspondante du journal britannique Times en Egypte a dû quitter le pays où elle vivait depuis sept ans. Le quotidien a dénoncé samedi « une tentative d'intimidation ». «Elle a été arrêtée il y a trois semaines après avoir interviewé un proche d'un homme décédé sur un bateau de migrants à destination de l'Europe », a détaillé le communiqué du média. Elle a été ensuite détenue puis « conduite à l'aéroport par la police et obligée de prendre un vol pour Londres », selon le Times.

Dans un communiqué, l'Organisme général pour l'information (OGI), chargé de réguler les activités de la presse étrangère en Egypte, s'est justifé dimanche en affirmant que Bel Trew avait mené des interviews sans avoir fait de demande de carte de presse temporaire en attendant sa carte annuelle dont la remise a été retardée pour l'ensemble des correspondants étrangers. Elle a également « fait des interviews video dans la rue (...) sans avoir les autorisations nécessaires (...). Vu ces violations flagrantes, les autorités compétentes ont décidé d'expulser la journaliste britannique », a poursuivi l'organisme général, dans une première réaction des autorités égyptiennes à cette expulsion.

Élection présidentielle à partir de lundiLa journaliste a publié un article dans son journal dans lequel elle raconte que son matériel lui avait été confisqué, qu'elle avait été détenue sans charges et menacée d'un « procès militaire, une procédure souvent utilisée contre les suspects de terrorisme ou les dissidents ».

Les médias étrangers sont régulièrement accusés de diffuser de « fausses informations » sur l'Egypte et de ne pas respecter les règles déontologiques.

Les Egyptiens votent à partir de lundi pour élire leur président dans un scrutin sans surprise qui devrait donner à Abdel Fattah al-Sissi un deuxième mandat.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.