Donald Trump peut-il vraiment être "immunisé" contre le Covid-19, comme il le prétend ?

Donald Trump peut-il vraiment être "immunisé" contre le Covid-19, comme il le prétend ?
Donald Trump en meeting à Orlando, en Floride, le 12 octobre.

, publié le samedi 17 octobre 2020 à 07h00

Floride, Pennsylvanie, Iowa... Le président américain, candidat républicain à sa succession, a repris les meetings cette semaine, après 10 jours de pause en raison de sa contamination au coronavirus. 

"Je l'ai eu.

Maintenant, ils disent que je suis immunisé. Je me sens si puissant !", a-t-il lancé, combatif et provocateur, lundi lors d'un meeting à Orlando, en Floride, devant une foule enthousiaste dans laquelle peu de personnes portaient des masques. 




"Je peux marcher dans cette foule (...) embrasser tout le monde, embrasser les hommes et les magnifiques femmes", a lancé le président, âgé de 74 ans. 

Si Donald Trump met en avant son "immunité" face au Covid-19, cette question reste entourée de nombreuses inconnues : on ne connaît avec précision ni sa durée, ni le degré de protection qu'offrent les anticorps. 

"Le problème avec les anticorps contre les coronavirus, c'est qu'ils déclinent vite et qu'on peut être réinfecté", explique à l'AFP Lia van der Hoek, spécialiste de cette famille de virus à l'Université d'Amsterdam.

Au moins cinq patients ont été contaminés deux fois

Fin août, des chercheurs de Hong Kong ont annoncé avoir découvert le premier cas avéré au monde de réinfection par le Covid-19, quelques mois après une guérison. Depuis, cinq cas au total ont été recensés. "Cela ne veut pas dire qu'il n'y en a pas davantage, particulièrement car de nombreux cas de Covid-19 sont asymptomatiques" et donc difficile à repérer, avertit le Pr Pandori, expert de l'Université du Nevada, aux Etats-Unis. 

"De nombreuses inconnues" 

Selon une étude publiée cette semaine dans la revue médicale The Lancet Infectious Diseases, un Américain a attrapé deux fois le Covid-19, à un mois et demi d'intervalle, et la deuxième infection était plus sévère que la première. C'est le dernier cas connu de réinfection. 

"Il y a toujours de nombreuses inconnues sur les infections au SARS-CoV-2 et la réponse du système immunitaire, mais nos travaux montrent qu'une infection antérieure pourrait ne pas nécessairement protéger contre une infection future", explique le Pr Mark Pandori, auteur principal de l'étude publiée par The Lancet

Un tweet corrigé 

Dans un bref communiqué publié le week-end dernier, le médecin de Donald Trump, le Dr Sean Conley, a affirmé que le président américain n'était "plus considéré comme risquant de transmettre" le virus à d'autres personnes. 

"Feu vert complet et total des médecins de la Maison Blanche", a ensuite tweeté Donald Trump. "Cela veut dire que je ne peux attraper (le virus) et que je ne peux le transmettre. Bon à savoir !!!". Peu après, Twitter a ajouté un avertissement à ce message, indiquant qu'il contenait des informations "trompeuses" sur le Covid-19. 

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