Donald Trump, le goût de la victoire, enfin

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 Donald Trump hilare entouré de son vice-président Mike Pence (G) et du chef des républicains à la Chambre des représentants, Paul Ryan (D)

Donald Trump hilare entouré de son vice-président Mike Pence (G) et du chef des républicains à la Chambre des représentants, Paul Ryan (D)

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© AFP, SAUL LOEB
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AFP, publié le mercredi 20 décembre 2017 à 22h32

Debout face au pupitre installé devant la Maison Blanche, Donald Trump savoure.

Ce président atypique, impulsif, imprévisible, qui a tant de fois exprimé sa frustration dans l'exercice du pouvoir, tient enfin sa revanche.

Dans le froid sec de décembre sous un ciel parsemé de nuages blancs, il célèbre le vote de la grande réforme fiscale promise sur les estrades de campagne.

La mise en scène a certes été soigneusement travaillée: élus et conseillers, prêts à applaudir à tout rompre, placés autour de lui ou sur les marches des deux majestueux escaliers qui l'encadrent. 

Mais le soulagement est palpable sur le visage et dans les mots de l'ancien homme d'affaires de New York au besoin de reconnaissance insatiable.

Oublié le goût amer de l'échec sur Obamacare, réforme emblématique de son prédécesseur démocrate qu'il n'a pas réussi à démanteler en dépit de coups de butoir répétés.

Oubliés les tweets vengeurs et coups de griffe donnant l'image d'une famille républicaine désunie, incapable de trouver un tempo commun. Mitch McConnell, Paul Ryan: tous les ténors républicains sont là, se donnent des tapes dans le dos.

Oubliées les gifles reçues lors d'une série de récents scrutins locaux, Alabama en tête, qui font craindre une perte du Congrès pour le "Grand Old Party" lors des élections de mi-mandat fin 2018.

L'heure est à la célébration pour Donald J. Trump, 71 ans, élu 45e président des Etats-Unis un soir de novembre 2016 à la surprise générale.

Sa fille Ivanka et son gendre Jared Kushner, qui sont aussi ses conseilleurs, sont là, en bonne place.

Gary Cohn, conseiller économique de Donald Trump et véritable architecte de cette loi aussi. Gabarit de rugbyman, crâne dégarni, l'ancien numéro deux de Goldman Sachs est tout sourire.

- 'Toujours génial quand on gagne' -

Pas de véritable discours mais des remarques sur le ton direct que le Donald Trump affectionne.

Il évoque "un enthousiasme extraordinaire dans le pays",  plaisante sur les fortunes et infortunes du pouvoir: "C'est toujours génial quand on gagne...".

"Vous allez voir, vous allez voir", répète-t-il, assurant que cette réforme fiscale va déclencher des bonnes nouvelles en cascade. "Jobs, jobs, jobs, jobs".

Il joue collectif, donne la parole à nombre d'élus, évoque ici "un ami", là "quelqu'un de très très spécial"

Les compliments tombent comme à Gravelotte.

L'un salue son "extraordinaire leadership présidentiel", l'autre sa capacité "à écouter les gens que personne n'écoutait".

Coutumier du fait, soucieux de ne jamais faire le moindre soupçon d'ombre au président, le vice-président Mike Pence ne tarit pas d'éloges sur celui qui l'a nommé.

Il loue "la foi inébranlable dans le peuple américain" d'un homme "qui tient parole" et qui "écrit l'histoire" depuis son premier jour au pouvoir.

Pour le magnat de l'immobilier arrivé au pouvoir sans la moindre expérience politique, la victoire est de taille. 

Lorsque il a promis d'inscrire avant Noël dans la loi cette baisse d'impôts massive, beaucoup à Washington avaient esquissé un sourire amusé, rappelant la maladresse du président et les profondes divisions au sein de son camp.

Plusieurs élus l'avaient dit sans détour: le parti républicain jouait son va-tout sur les impôts, un revers aurait été un cataclysme, rien de moins.

"Cela restera vraiment comme un grand jour", conclut-il, avant de rejoindre le Bureau ovale.

Il avait promis, sur Twitter, une conférence de presse. Il ne répondra finalement à aucune question.

Son équipe espère un tournant, l'amorce d'un rebond pour un président à la cote de popularité désastreuse qui le place en queue de peloton par rapport à ses prédécesseurs à la même époque.

Mais pour l'heure, Donald Trump s'apprête à rejoindre son golf de Mar-a-Lago, en Floride, sa "Maison Blanche d'hiver", où il a prévu de passer dix jours de vacances.

2018 est une autre histoire.

 
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