Devant l'ONU, Abbas appelle à l'aide internationale pour la paix au Proche-Orient

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 Le président palestinien Mahmoud Abbas s'adresse devant le conseil de sécurité de l'ONU, le 20 février 2018 à New  York

Le président palestinien Mahmoud Abbas s'adresse devant le conseil de sécurité de l'ONU, le 20 février 2018 à New York

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© AFP, TIMOTHY A. CLARY

AFP, publié le mardi 20 février 2018 à 18h54

Le président palestinien Mahmoud Abbas, brouillé avec les Etats-Unis, a réclamé mardi au Conseil de sécurité de l'ONU la "création d'un mécanisme multilatéral" pour régler la question palestinienne via "une conférence internationale" à la mi-2018.

Ce faisant, le dirigeant a rejeté une médiation unique des Etats-Unis dans le processus de paix au Proche-Orient, dans l'impasse depuis des années.

"Il est essentiel de créer un mécanisme multilatéral grâce à une conférence internationale" pour avoir la paix au Proche-Orient, a-t-il dit, sans préciser où elle pourrait se tenir.

"Aidez-nous!", a imploré le président palestinien aux 15 membres du Conseil de sécurité. Mahmoud Abbas a ensuite quitté la salle sous les applaudissements, n'assistant ni à l'allocution de l'ambassadrice américaine Nikki Haley, ni à celle de son homologue israélien, Danny Danon.

Son départ a été déploré par les deux diplomates. "Nous n'allons pas vous courir après !", a répondu Nikki Haley lors de son intervention, en évoquant de manière vague une réflexion américaine en cours pour une paix au Proche-Orient.

Lors de sa longue et rare intervention empreinte de solennité et de fermeté devant la plus haute instance de l'ONU, le président palestinien a demandé aux pays n'ayant pas reconnu l'Etat de Palestine de le faire. Sur les 193 nations membres des Nations Unies, 138 Etats l'ont fait, a-t-il rappelé.

"Nous reviendrons au Conseil de sécurité et demanderons à avoir cette protection" d'une reconnaissance pleine et entière d'un Etat. "Reconnaître l'Etat de Palestine ne va pas contre des négociations" mais les favorise, a-t-il insisté.

- Veto américain -

La Palestine est depuis 2012 "Etat observateur non membre" de l'ONU, ce qui lui a permis d'intégrer des agences onusiennes et de rejoindre la Cour pénale internationale (CPI). Un statut de membre passe par une recommandation du Conseil de sécurité à l'Assemblée générale de l'ONU, sans veto des Etats-Unis, premier soutien d'Israël.

En restant mesuré dans l'expression à l'égard de Washington, le président palestinien a aussi dénoncé les décisions unilatérales comme la reconnaissance fin 2017 des Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël, sous le regard fixe de Nikki Haley, les bras croisés.

"Nous voulons que Jérusalem soit ouverte aux trois religions monothéistes", a souligné Mahmoud Abbas, en réclamant que Jérusalem soit aussi la capitale du futur Etat palestinien.

M. Abbas rejette une médiation unique de l'administration américaine depuis cette décision américaine sur Jérusalem, dont il a demandé mardi "la suspension".

"Cette décision ne changera pas", lui a répondu sèchement l'ambassadrice américaine . Elle a reproché à l'ONU de passer "trop de temps" à parler du Proche-Orient et de mettre en cause systématiquement la responsabilité d'Israël, "le pays le plus démocratique du Moyen-Orient", dans l'absence de progrès.

En décembre, les Palestiniens avaient bénéficié de l'unanimité du Conseil de sécurité moins une voix - un veto de Washington - pour condamner la décision américaine de reconnaissance de Jérusalem. Cette condamnation avait ensuite été approuvée majoritairement par l'Assemblée générale de l'ONU.

L'ambassadeur israélien a rejeté en bloc le discours du président palestinien. "Vous ne faites pas partie de la solution mais du problème". "Lorsque nous tendons la main, Mahmoud Abbas tend le poing", a-t-il résumé.

- Mirage et désert -

L'administration Trump affirme travailler sur un plan de paix pour le Proche-Orient mais ce dernier semble toujours dans les limbes. "Ils sont en pleine discussion interne", explique un diplomate, qui doute que Washington sache déjà où en venir.

Jared Kushner, gendre du président Donald Trump et au rôle d'intermédiaire au Moyen-Orient, avait fait le déplacement à New York pour assister à la réunion du Conseil de sécurité.

Le "compromis" envisagé par l'administration américaine contient "beaucoup de potentiel" pour améliorer la vie des Palestiniens, a assuré Nikki Haley, sans élaborer.

"Nous n'avons jamais refusé le dialogue", a affirmé le président palestinien, en estimant que "Israël s'est détourné de la solution à deux Etats". "Le gouvernement de Donald Trump n'a pas éclairci sa position. Est-il favorable à un Etat ou deux Etats?", a-t-il demandé. "L'occupation israélienne qui était autrefois temporaire est devenue permanente", a-t-il déploré.

"Quatre-vingt-six résolutions de l'ONU sont restées lettre morte", a-t-il également asséné.  

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a renouvelé ses mises en garde contre la création d'une "réalité irréversible à un Etat" au lieu de la solution préconisée jusqu'à présent de deux Etats vivant côte à côte. "Il n'y a pas de plan B", a-t-il martelé, une position reprise par la Russie.

"Si on n'y prend pas garde, cette solution (de deux Etats) disparaitra comme un mirage dans le désert", a abondé l'ambassadeur français, François Delattre.

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18 commentaires - Devant l'ONU, Abbas appelle à l'aide internationale pour la paix au Proche-Orient
  • 138 pays sur les 195 qui compose l'ONU ont reconnu l'Etat de Palestine, c'est bien et cela va dans le sens de la paix mais culturellement on est encore assez loin du précepte moral universel qui consiste à respecter et aimer son prochain comme soi-même et permettrait de progresser. Il n'y a souvent que les gens aveuglés par leurs croyances qui refusent de voir clair mais la vérité est patiente

  • En privilégiant Trump, Macron, cautionne une forme d'apartheid imposé au peuple palestinien ...

  • Ce que réclame Abbas c’est le royaume de Ubu avec la charia

    Vous pouvez argumenter. Où avez-vous lu qu'Habas voulait instaurer la charia?

    Pour vous répondre ,je vais simplement citer Waleed Al Husseini , un Palestinien de Cisjordanie :
    Page 22 de son livre « une trahison française » , il écrit , alors qu’il participe à la manif après l’attentat contre Charlie Hebdo : « la présence de Mahmoud Abbas m'a profondément gêné et bouleversé .J’avais en effet le cœur lourd de devoir marcher avec mon geôlier main dans la main pour dénoncer le terrorisme ; alors que de retour à Ramallah , Abbas allait poursuivre sa politique répressive contre mes semblables qui osent contester ses intolérables méthodes ou revendiquer un minimum de liberté . Les autorités palestiniennes m’avaient poursuivi pour les mêmes « crimes » que les terroristes attribuaient aux journalistes de Charlie …dès mon retour en Cisjordanie , Abbas a fait arrêter un caricaturiste palestinien …j’étais habitué à ce double langage … »

    Beaucoup de blabla, mais quel rapport avec la charia?

    Non , ce sont des faits …faits énoncés par un journaliste Arabe palestinien , pas par moi .…et il n’y a rien de plus têtu que les faits : vous pourrez y opposer toutes les théories les plus fumeuses que vous voudrez , les faits sont là , décrits par quelqu’un qui les a vécus et qu’on ne peut pas soupçonner d’etre anti palestinien puisqu’il est arabe palestinien.
    Il nous explique très clairement que Abbas n’est pas du tout un démocrate malgré le masque public qu’il revêt quand il vient en Occident . D’apres Waleed Al Husseini , il prône les meme valeurs et utilise les mêmes méthodes que celles des terroristes à Paris. …et ils ne se revendiquent pas de la charia ces « braves gens « là peut être ??

    Si je me fie à sa biographie, il a été poursuivit pour blasphème.
    Ce genre de poursuite est ou à été valable jusqu'à peu dans beaucoup de pays non musulmans, et même dans une région française.
    Et tous ces pays ne se revendiquent pas de la charia.
    Idem pour toutes les dictatures.
    Conclusion, même s'il applique en interne les mêmes méthodes que les terroristes, cela ne suffit pas à prouver sa volonté d'appliquer la charia avec tout ce que cela implique.

    Poursuivre quelqu’un pour blasphème , le menacer de mort, en 2018, il n’y a que les adeptes de la charia pour le faire , non ?

    Ah le blaspheme..... un mot qui mene a tuer encore aujourd'hui (juste pour le rappel NdJ95)
    Waleed Al Husseini fut condamne pour blaspheme car il a donné son opinion sur la religion Comment devons nous considerer alors vos differentes demonstrations concernant certains ecrits Bibliques dans lesquels par ailleurs vous contestez la présence des Juifs..... Est ce que les Juifs doivent vous considerez comme un blasphemateur ?
    Quant a l eventualité d un regime "palestinien" comment envisagez vous dans le cas d une reunion du Peuple palestinien a savoir les Gazaouis sous domination du Hamas pronant un islamisme radicale et donc la Charia, et les Palestiniens des territoires dont la religion islamique serait a n en pas douter (d'ailleurs evoqué dans ce qui fut la Charte de l OLP) religion d etat.
    je vous rappelle qu'en democratie, on respecte les droits de l Homme, et dans un etat religieux et dans la religion musulmane on respecte les principes religieux Pensez vous honnetement que les droits de l Homme soient respectés aussi bien a Gaza que dans les territoires ?

  • On va pas reconnaître des terroristes

    Parlez nous de l'attaque de l'USS Liberty s'il vous plait ;en parlant de terrorisme.

    Tout à fait d'accord !

  • La palestine n'existe pas c'est une construction des colonisateurs seul israel est propriétaire de SON pays

    vous admirez le terrorisme d'état ...

    et vous essayez de changer l'histoire ...

    pour qu'il y ait la paix il faudrait qu’Israël stoppe la spoliation des territoires palestiniens avant la création de cet état d’Israël la Palestine faisait parti de l'empire Ottoman depuis que Saladin pris Jérusalem aux croisés Européens , les Palestiniens ont des titres de propriétés datant de cette époque de l'empire Ottoman c'est à dire depuis des siècles et à cette époque là avant l'exode des juifs d’Europe puis du monde il ne resté que 10 % de juif en Palestine alors dire qu’Israël est propriétaire de cette terre c'est beaucoup dire sinon que c'est tout simplement faux !

    l'histoire mohamed est que la Palestine n'a jamais était arabe que par cette religion de terrorisme ; du vent et dehors , bravo aux israéliens qui ne se laissent pas manipuler comme nos ordures européennes à la solde des petros dollars!!!

    Très amusante votre petite pièce de théâtre Rodrigo : parlez nous un peu des terres rachetées par les Juifs aux pachas pendant le XlX eme siècle . De toutes manières , les Turcs , comme les Britanniques après eux , les Croisés , les Romains , les Grecs , les Assyriens , les Babyloniens avant eux , étaient des envahisseurs , des colonisateurs par la conquête militaire.

    c'est qui, ça israël.
    Les terres appartiennent à des personnes qui se regroupent en pays. Et en l'état, les terres appartenaient aux palestiniens jusqu'à ce que l'on en décide autrement pour y installer un état appelé Israël.

    Agen, je ne me rabaisserai pas à donner un cours d'Histoire à un raciste ignorant. Je vous laisse donc chercher les nombreuses preuves contredisant vos propos et votre idéologie.

    Comme les hébreux encore avant Todlav. De tout temps, les terres ont été conquises par des hommes sur d'autres hommes. Jusqu'à quand doit-on remonter pour justifier d'un droit sur un territoire?