Détenue en Syrie, la jihadiste française Émilie König veut être jugée en France

Détenue en Syrie, la jihadiste française Émilie König veut être jugée en France

Des drapeaux kurdes, dans la ville syrienne de Hassaké, non loin de la frontière turque, près de laquelle serait retenue Émilie König. (30 novembre 2017)

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Orange avec AFP, publié le mercredi 03 janvier 2018 à 21h11

JUSTICE. Arrêtée début décembre, la jeune femme de 33 ans, propagandiste et recruteuse notoire, se trouve détenue dans un camp kurde en Syrie avec ses trois enfants.

Elle a joué un rôle important de propagandiste et de recruteuse sur les réseaux sociaux pour le groupe État islamique (EI). Arrêtée début décembre et détenue par les forces kurdes en Syrie avec son garçon de 4 ans et ses jumelles de un an, Émilie Köning, 33 ans, demande aujourd'hui à être jugée en France. 

La jeune femme "est la mère de trois enfants français" et "tout doit être mis en œuvre pour faciliter leur rapatriement, conformément aux engagements internationaux de la France", a réclamé mercredi 3 janvier son avocat Bruno Vinay dans un communiqué. Elle "se tient à la disposition de la justice (...) dans un esprit de coopération", a-t-il ajouté, appelant les autorités françaises et kurdes "à faciliter l'exécution de son mandat d'arrêt". 

Émilie Köning s'était rendue en pionnière dès 2012 en Syrie. En septembre 2014, l'ONU l'avait placée sur sa liste noire des combattants les plus dangereux. Un an plus tard, les États-Unis l'enregistraient à leur tour parmi les "combattants terroristes étrangers" visés par des sanctions internationales. Elle est également réclamée par la justice française depuis 2015 dans le cadre d'une enquête liée à la filière dite "de Nîmes" (Gard).

Pas d'autorités sur place pour la juger

Elle avait demandé le mois dernier son rapatriement au ministère français des Affaires étrangères. Mais, selon l'avocat, la "protection consulaire" lui a été refusée au motif que la France "ne disposait pas de représentation en Syrie depuis 2012". Les autorités françaises lui ont alors suggéré de se tourner vers la Croix-Rouge, selon Me Vinay. Pour l'avocat, "l'institution judiciaire française est bien légitime à la juger dès lors que, de l'aveu même du Ministre des affaires étrangères, il n'existe pas sur son lieu de détention 'd'autorités identifiées' pour le faire".

Interrogée par Ouest-France, la mère de 70 ans, vivant à Lorient (Morbihan), assure avoir eu sa fille au téléphone en fin de semaine dernière. "Détenue dans un camp kurde, elle a été interrogée et torturée", a-t-elle affirmé, appelant les autorités françaises à la "rapatrier" avec ses enfants.

Un cas loin d'être à part

Une autre jihadiste française, qui serait détenue dans le même camp qu'Émilie Köning, a de son côté demandé à Emmanuel Macron son transfert en France avec ses deux enfants pour "répondre de ses actes", révèle également mercredi l'AFP. 

Elle "souhaite être rapatriée avec ses enfants", âgés de 10 mois et de deux ans, "aux fins de répondre de ses actes devant les autorités judiciaires françaises", d'après le courrier écrit le 2 janvier par son avocate Marie Dosé au président de la République et dont l'AFP a eu connaissance. Partie en Syrie à l'été 2014 avec son frère, la jeune femme fait l'objet d'un mandat de recherche émis par la France en 2016 et est visée par une information judiciaire instruite à Paris.

D'après les services de renseignement, "quelques dizaines" d'adultes français, combattants jihadistes ou leurs épouses, se trouvent actuellement dans des camps ou des prisons en Irak ou en Syrie. Le cas des femmes accompagnées de leurs enfants est le plus complexe et Emmanuel Macron a assuré en novembre que leur sort serait examiné au "cas par cas". 

Des voix s'élèvent à droite contre tout rapatriement

Pour Me Dosé, "il faut au contraire édicter des principes clairs : le risque de faire du cas par cas est de laisser un moyen de pression diplomatique aux forces kurdes, ce qui serait dangereux pour tout le monde". "Il faut que ces femmes soient jugées pour les actes qu'elles ont commis. Or, il n'y a aucun système judiciaire en Syrie", souligne l'avocate qui ajoute qu'"elles peuvent être des sources de renseignements très précieuses pour la France". Me Vinay lui redoute "une politique arbitraire" qui sélectionnerait "les jihadistes rapatriables en fonction de critères subjectifs, comme leur importance ou leur niveau de repentir".

Des voix se sont élevées à droite pour s'opposer à tout rapatriement. Pour Lydia Guirous, porte-parole des Républicains (LR), les femmes jihadistes françaises doivent être "jugées là où elles se trouvent" car "aucun risque ne doit être pris avec la sécurité des Français". Frédéric Lefebvre, ancien secrétaire d'État de Nicolas Sarkozy, souhaite également qu'Émilie König "soit jugée sur place pour toutes ses exactions".

 
260 commentaires - Détenue en Syrie, la jihadiste française Émilie König veut être jugée en France
  • En toute logique (la plus saine) ça devrait être catégoriquement refusé !!!

  • Elle a voulue combattre l'occident avec les islamistes qu'elle reste aux mains de ceux qui l'on capturé. Qu'ils la juge comme et surtout qu'ils la condamne selon leur loi. EI a tue sans discernement avec l'aide de cette femme.
    Aucun retour en France même pour purger sa peine.
    Elle était bien la bas qu'elle y reste à vie

  • Elle veut...mais depuis quand un délinquant choisit'il son llieu de jugement.?...Quand à sa repentance, elle tombe juste au bon moment et se trouve aussi fiable qu'un ane qui recule......

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    jp_12  (privé) -

    Quant à, c'est mieux si l’âne qui recule, c'est suivant si toi tu avances ou pas ?

    Jp fais un effort tu es incompréhensible !

  • Il est certain que jugée en France, un pays à qui elle a tourné le dos, la sentence sera moins lourde pour elle, que condamnée par les kurdes. Il fait si bon dans nos vieilles provinces quand il n'y a plus d'issue possible ailleurs.

    Elle aura surtout le droit de se taire pendant son interrogatoire.....!!!!. Et dans sa cellule (si elle est condamnée....), elle pourra bénéficier tu téléphone pour appeler ses copains d'avant.....!!!!!.

  • Ne pas oublier que c'est une terroriste qui haïe la France et la République,
    donc, elle doit assumer ses actes et être jugée dans le pays où elle les a commis.
    Là bas, il doit y avoir une loi coranique adéquate pour son cas.
    Quand aux enfants endoctrinés dès leur plus jeune âge, contre notre pays et les Chrétiens, je crains que plus tard, il ne deviennent des bombes à retardement pour notre sécurité, d'autant que dans notre pays la "déradicalisation" est Nulle !

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