Descente aux enfers pour Steve Bannon, qui quitte Breitbart

Descente aux enfers pour Steve Bannon, qui quitte Breitbart

L'ancien stratège de Donald Trump quitte le journal Breitbart News, dont il a fait une publication de référence de la droite ultra-conservatrice américaine

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AFP, publié le mercredi 10 janvier 2018 à 01h09

Quelques jours après avoir été répudié par Donald Trump, Steve Bannon a quitté mardi la présidence du site ultra-conservateur Breitbart, nouvelle rétrogradation pour celui qui fut l'un des artisans de la victoire électorale de l'homme d'affaires.

Arrivé en 2012 à la tête du site après le décès du fondateur Andrew Breitbart, Steve Bannon, 64 ans, avait largement contribué à en faire la plateforme d'information et d'opinion la plus suivie au sein de la droite dure américaine. 

"Steve reste une part importante de notre histoire, et nous lui serons toujours reconnaissants pour sa contribution et ce qu'il nous a aidés à accomplir", a déclaré le PDG de Breitbart, Larry Solov, dans un communiqué publié sur le site.

C'est un nouveau coup dur pour cet idéologue, qui avait déjà dû quitter la Maison Blanche en août. Il avait indiqué alors vouloir oeuvrer, de l'extérieur, à la consolidation d'un mouvement autour de Donald Trump, notamment grâce à Breitbart, qui lui offrait un puissant porte-voix.

Mais sa situation était devenue intenable après la publication, la semaine dernière, du très polémique livre de Michael Wolff "Fire and Fury", qui relate la campagne de Donald Trump et sa première année au pouvoir.

Considéré comme une source majeure de l'auteur, Steve Bannon y affirme notamment que le fils du président américain, Donald Trump Jr., a commis une "trahison" en rencontrant une avocate russe qui offrait des informations compromettantes sur Hillary Clinton.

Donald Trump a violemment réagi à la publication de cet ouvrage, accusant notamment Bannon d'avoir "perdu la raison". 

Le président a également minimisé le rôle joué dans son succès électoral par celui qu'il qualifiait encore de "type bien" au moment de son départ de la Maison Blanche.

Nommé directeur général d'une campagne Trump en pleine crise, en août 2016, Steve Bannon a bien joué, de l'avis général, un rôle décisif durant les trois derniers mois qui ont précédé le scrutin.

Mi-août 2017, accusé de défendre une ligne très dure, défavorable aux minorités, Bannon avait dû quitter l'administration Trump mi-août après qu'une manifestation d'extrême droite eut dégénéré à Charlottesville (Virginie), causant la mort d'une jeune femme.

- Poussé vers la sortie -

Tour à tour militaire, banquier d'affaires, producteur de cinéma et de télévision, Steve Bannon est un personnage atypique à l'allure improbable, beaucoup plus intéressé par les arcanes de la politique que ne l'est Donald Trump lui-même.

La semaine dernière, la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Huckabee Sanders, interrogée sur les propos les plus caustiques de Bannon dans le livre de Wolff, avait estimé que Breitbart "devrait envisager" de se séparer de lui.

Avant le scandale du livre "Fire and Fury", cet ancien officier de marine avait déjà été affaibli, mi-décembre, par la défaite électorale, dans l'Alabama, de Roy Moore, candidat ultra-conservateur au Sénat qu'il avait activement soutenu.

La déchéance de Steve Bannon ravit de nombreux républicains de Washington, à qui l'idéologue s'en est régulièrement pris, souhaitant les remplacer par une nouvelle vague d'élus plus en ligne avec la ligne populiste de Donald Trump.

Selon le New York Times, c'est l'héritière Rebekah Mercer, soutien de longue date de Steve Bannon, qui a poussé Breitbart, dont elle est actionnaire minoritaire, à se séparer de son président exécutif.

La milliardaire avait déjà pris ses distances avec lui la semaine dernière, tout en renouvelant son soutien à Breitbart.

La situation financière du site, contrôlé par des capitaux privés, est inconnue.

Breitbart a largement bénéficié de la campagne présidentielle et de l'émergence de Donald Trump, qui ont porté son trafic mensuel de 30 millions d'utilisateurs en mars 2016 à 81 millions en décembre 2017, selon les données des sites spécialisés Alexa et SimilarWeb.

Il dépasse aujourd'hui largement des sites comme Politico ou The Atlantic, références du journalisme politique en ligne, porté par un mélange d'informations choisies pour alimenter les vues d'un lectorat ultra-conservateur et des billets d'opinion très marqués à droite.

 
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