Décès de l'ancien président sud-coréen Roh Tae-woo

Décès de l'ancien président sud-coréen Roh Tae-woo
L'ancien président sud-coréen Roh Tae-woo escorté au tribunal de Séoul, le 18 décembre 1995

publié le mardi 26 octobre 2021 à 10h02

L'ancien président sud-coréen Roh Tae-woo, qui avait joué un rôle capital dans le coup d'Etat de 1979 avant d'exercer le pouvoir démocratiquement de 1988 à 1993, est mort mardi à l'âge de 88 ans, a rapporté l'agence Yonhap.

Le général Roh Tae-woo avait succédé en 1988 à son ami le dictateur Chun Doo-hwan, qu'il avait aidé à prendre le pouvoir par la force neuf ans plus tôt mais qui en avait été chassé par de gigantesques manifestations pro-démocratie.

Les divisions au sein de l'opposition avaient permis la victoire de Roh aux élections de 1987 avec seulement 36,6% des voix.

Pendant son mandat, il avait supervisé les Jeux olympiques de Séoul en 1988 et opéré un rapprochement avec la Chine et la Russie.

Né à Daegu, dans le Sud-Est du pays, en 1932 alors que la Corée était une colonie japonaise, Roh Tae-woo avait rencontré Chun Doo-hwan à l'école militaire pendant la guerre de Corée.

Roh avait joué un rôle déterminant dans le coup d'Etat qui avait suivi l'assassinat du dictateur militaire Park Chung-hee en 1979. Alors commandant des forces spéciales, il avait aidé Chun Doo-hwan à s'emparer des points stratégiques de Séoul.

Devenu le bras droit de Chun, Roh avait ensuite orchestré, en 1980, l'écrasement dans le sang du soulèvement pro-démocratique de Gwangju, dans le Sud-Ouest. La répression avait fait quelque 200 morts et disparus selon les chiffres officiels, trois fois plus selon l'opposition de l'époque.

Roh n'avait jamais exprimé le moindre remords pour son rôle dans cet épisode emblématique du combat pour la démocratie en Corée du Sud. "Des dizaines de millions de Chinois ont souffert et versé leur sang pendant la Révolution culturelle. En comparaison, l'incident de Gwangju n'est rien", avait-il même dit en 1995.

Son successeur à la présidence en 1993, l'ancien militant pro-démocratie Kim Young-sam, l'avait fait traduire en justice en même temps que Chun Doo-hwan.

Les deux hommes avaient été reconnus coupables de "trahison" en 1996 au terme d'un procès cathartique, au cours duquel ils avaient comparu main dans la main dans leurs uniformes de prisonniers. Chun avait été condamné à mort et Roh à 22 ans et demi de prison, mais tous deux avaient été libérés l'année suivante à la faveur d'une grâce présidentielle.

Roh Tae-woo, atteint d'un cancer de la prostate, s'était totalement retiré de la vie publique il y a plus de vingt ans.

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