De la Corée du Nord à l'Iran, un an de politique étrangère de Trump

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 Donald Trump à Camp David dans le Maryland, le 6 janvier 2018

Donald Trump à Camp David dans le Maryland, le 6 janvier 2018

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© AFP, SAUL LOEB

AFP, publié le vendredi 19 janvier 2018 à 09h11

Il est arrivé à la Maison Blanche avec la promesse de "l'Amérique d'abord". Un an et plusieurs décisions spectaculaires plus tard, Donald Trump a confirmé sa volonté de tourner le dos au multilatéralisme sur la scène internationale.

Au terme de la première année du mandat du président américain, son image dans le monde est plus mauvaise que ne l'a jamais été celle de ses deux prédécesseurs, Barack Obama et George W. Bush, selon un sondage Gallup publié jeudi. Seuls 30% des personnes interrogées dans 134 pays approuvent l'action du milliardaire républicain.

Et les plus sévères se trouvent chez les alliés traditionnels des Etats-Unis, en Europe de l'Ouest, au Canada ou au Mexique. "De nombreuses alliances considérées comme une +grande force+ par l'administration Trump sont en fait menacées", commente l'institut.

Pour James Lindsay, du Council on Foreign Relations, certains des plus proches alliés de l'Amérique "craignent la fin de l'époque où les Etats-Unis excerçaient un leadership mondial". "Si c'est la cas, les conséquences risquent d'être terribles", écrit-il.

"On a un problème avec les Européens, mais le reste du monde n'est pas bouleversé", relativise Jim Jeffrey, chercheur au Washington Institute et ex-diplomate sous des administrations républicaines. "Trump n'a pas fait beaucoup de dégâts à l'ordre international jusqu'ici", assure-t-il, saluant sa stratégie sur la Corée du Nord, l'Iran et la Syrie.

Tour du monde de la diplomatie à l'ère Trump:

- Accords internationaux: la 'doctrine du retrait' -

Les Etats-Unis ont annoncé en juin leur retrait de l'accord de Paris sur le climat, contraire selon Donald Trump aux intérêts économiques américains -- même si concrètement cela ne sera possible qu'en fin de son mandat. Le président français Emmanuel Macron veut le convaincre de faire marche arrière, fort de leurs bonnes relations.

Mais Washington a aussi claqué la porte d'autres accords ou organisations multilatéraux: traité de libré-échange Asie-Pacifique, Unesco, Pacte mondial sur la migration... Et les critiques pleuvent contre le coût de l'ONU. C'est la "doctrine du retrait", déplore-t-on jusque dans les milieux républicains.

- Iran: seul contre tous -

Le président Trump menace aussi de se retirer de l'accord de 2015 censé empêcher Téhéran d'avoir l'arme nucléaire, pourtant défendu par les autres signataires (Iran, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne). Il vient de donner jusqu'au printemps aux Européens pour l'aider à combattre les "activités déstabilisatrices" de sa bête noire, faute de quoi il passera de la parole aux actes.

- Jérusalem: coup de tonnerre -

Autre décision unilatérale, autre tollé mondial: Donald Trump a reconnu début décembre Jérusalem comme capitale d'Israël. Si Israël applaudit, les Palestiniens ne décolèrent pas et dénient désormais à Washington tout rôle de médiateur dans le processus de paix, que le président américain voulait relancer mais qui s'avère plus moribond que jamais.

- Corée du Nord: stratégie multilatérale, style très personnel -

Face aux ambitions nucléaires nord-coréennes, principal défi international aux yeux de Washington, la stratégie est tout autre: convaincre le monde de pousser Pyongyang au dialogue par des sanctions draconiennes. Avec un certain succès, la Chine et la Russie ayant voté les dernières résolutions à l'ONU.

Menacé de guerre commerciale par le candidat Trump, Pékin est désormais applaudi pour ses efforts par le président.

Mais ses tweets et déclarations va-t-en-guerre, promettant à la Corée du Nord "le feu et la colère" ou sa destruction "totale", laissent craindre que la guerre des mots ne dégénère en conflit nucléaire.

"Son principal problème", c'est qu'il est "imprévisible", reconnaît Jim Jeffrey.

- Russie: l'impossible réconciliation -

Donald Trump et Vladimir Poutine rêvaient de réconcilier les Etats-Unis et la Russie. Mais l'enquête sur des soupçons de collusion entre l'équipe de campagne du républicain et le Kremlin rendent tout rapprochement impossible. Résultat: les relations sont au plus bas, de l'aveu même des deux hommes.

- Syrie: victoire contre l'EI -

En Syrie et en Irak, l'administration Trump a poursuivi --et amplifié, assure-t-elle-- la lutte contre le groupe Etat islamique, jusqu'à la victoire. Et maintenant ? Accusé de n'avoir aucune vision pour la suite, maintenant que le régime de Damas, soutenu par l'Iran et la Russie, a pris l'ascendant sur ses opposants, Washington esquisse une stratégie: présence militaire durable en Syrie pour éviter tout retour des jihadistes, mais aussi pour contrer Téhéran et aboutir, in fine, au départ du président Bachar al-Assad.

- Londres: coups de canif à la 'relation spéciale' -

La "relation spéciale" avec le Royaume-Uni a-t-elle vécu ? Non, assure Washington. Mais elle souffre. Critiqué par la Première ministre britannique pour avoir retweeté des vidéos anti-islam postées par un groupuscule britannique d'extrême droite, le président américain a vivement apostrophé Theresa May fin novembre sur Twitter. Avant d'annuler sa visite à Londres pour inaugurer la nouvelle ambassade des Etats-Unis.

- Mexique: dos au mur -

Donald Trump a promis un "mur" antimigrants et anticriminalité à la frontière avec le Mexique, et il n'en démord pas. Mais Mexico refuse et n'entend pas payer pour sa construction, qui s'avère complexe, au point que le plus proche conseiller du président américain a estimé, selon le New York Times, que ce dernier n'était "pas suffisamment informé" quand il a fait sa promesse.

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4 commentaires - De la Corée du Nord à l'Iran, un an de politique étrangère de Trump
  • Certains ont le droit d'avoir l'arme Nucléaire mais pas les autres rien que pour cela je dis non à cette dictature qui veut imposer aux autres ce qu'elle ne veut pas qu'ont lui impose. Je suis de tout Coeur avec La Corée du Nord et de tout Coeur avec L'IRAN.
    Ou je ne suis pas d'accord c'est quand les USA imposent aux autres et ne reconnaissent pas les cimes commis dans le Monde.

  • C'est la politique étrangère étrange de quelqu'un qui est étranger à la politique.
    En tous cas, ça donne une vague idée de ce qui aurait pu arriver chez nous si le FN était passé.

  • Je ne sais pas si Trump est fou, mais son prédécesseur qu'on nous a présenté comme "brillantissime", n'a rien réglé, bien au contraire les dossiers dits sensibles : Afghanistan, Iran, Corée du Nord, Irak, Syrie, Yémen, le fameux printemps arabe (que les USA, donc l'administration Obama a secrètement promu), etc. etc.
    Le constat pour nous : le terrorisme, l'immigration, la Corée du Nord qui possède l'arme atomique, daesh et d'autres. Sur le plan climatique, en dehors des accords de Paris , rien Et si on regarde le contenu de ces accords, rien ne résout le problème posé. quid de ce continent de déchets , pas de réponse; ou si, il s'accroit.

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    humaminor  (privé) -

    Trump un politicien d'extrême droite qui continue de semer la zizanie partout dans le monde. D'une ignorance totale du terrorisme il confond l'EI sunnite avec les chiites. Sa lutte contre le terrorisme était sa priorité, sa lutte commence quand? Allons nous savoir un jour, qui finance l'EI. Afghanistan un fiasco. en Irak L'EI continue ses attentats, la Syrie une catastrophe pour le peuple Syrien, au Yémen le peuple est sacrifié par les bombardements et le blocus alimentaire. en Palestine il est pour la colonisation et l'occupation. Ce type se prend pour un génie il me fait penser de plus en plus à Benito Mussolini dans sa gestuelle pendant ses discours.

    Si les terroristes chiites et les terroristes sunnites sont opposés et violemment hostiles entre eux sur le terrain , c’est uniquement parce qu’ils sont concurrents. En fait , les moyens qu’ils utilisent , leurs strategies , et meme leurs objectifs sont très semblables . Les confondre n’est donc pas une grosse erreur du point de vue de leur definition.

    Pas d'accord Todlav!

    La grosse différence pour nous, c'est que les "terroristes chiites" sont organisés en une seule entité, le Hezbollah qui lutte contre les djihadistes sunnites et Israël, mais qui ne vient pas commettre d'attentats en Europe, en tout cas pas encore. C'est quand même un détail qui compte!

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    humaminor  (privé) -

    Selon Trump et ses alliés du Moyen Orient, l'Iran finance le terrorisme. Pour les groupes chiites d'accord, qui peut croire que le terrorisme de l'EI, ennemie des chiites est financé par l'Iran? Cette grossière manipulation n'a aucun sens, de plus ces dernières années ce sont les terroristes de l'EI et eux seuls les responsables de tous les attentats. Le financement de l'EI reste un secret bien gardé, ne comptons ni sur Trump ni sur ses alliés ni sur todlav pour être informé.

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