Dans les camps rohingyas au Bangladesh, la fièvre du Mondial continue

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Un réfugié rohingya regarde un étalage de maillots de football des équipes d'Argentine, du Brésil et du Portugal dans une boutique du camp de réfugiés de Kutupalong au Bangladesh, le 19 juillet 2018
Un réfugié rohingya regarde un étalage de maillots de football des équipes d'Argentine, du Brésil et du Portugal dans une boutique du camp de réfugiés de Kutupalong au Bangladesh, le 19 juillet 2018
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© AFP, Munir UZ ZAMAN

AFP, publié le vendredi 20 juillet 2018 à 11h40

La Coupe du monde de football est terminée en Russie mais dans le plus grand camp de réfugiés de la planète, au Bangladesh, drapeaux brésiliens et argentins flottent encore et la fièvre perdure.

Les camps de réfugiés du sud du Bangladesh accueillent un million de Rohingyas, minorité musulmane qui a fui en masse la Birmanie voisine l'année dernière pour échapper à ce que l'ONU qualifie d'"épuration ethnique".

Pour beaucoup d'enfants réfugiés, ce Mondial 2018 était le premier qu'ils suivaient. Plusieurs jours se sont écoulés depuis la finale de dimanche, et l'excitation n'est toujours pas retombée.

Dans les allées de terre, un groupe de garçons parade avec une petite coupe, s'imaginant tenir entre leurs mains le trophée tant convoité par le monde du ballon rond.

"Mon favori c'était l'Argentine. J'ai regardé la finale. C'était entre la France et la Croatie et la France a gagné", déclare Mohammad Reza, 6 ans, revêtu du maillot à rayures bleu ciel et blanc de l'Argentine au nom de Lionel Messi - l'un des joueurs les plus idolâtrés dans cette partie du monde.

À ses côtés, son copain Nurul Afsar, 5 ans, porte, lui, une contrefaçon de maillot de l'équipe brésilienne. "Mon joueur préféré c'est Neymar", confie-t-il timidement, s'accrochant à son ballon en caoutchouc.

Sous les nuages menaçants de la mousson, des dizaines de gamins jouent pieds nus au foot sur un terrain vague au milieu de cette zone densément peuplée, aux collines couvertes de cahutes miséreuses.

Pour le match au sommet France-Croatie, nombre de fans de football se sont rassemblés autour d'une des rares télévisions du camp sous une tente de bâche voisine du terrain, raconte Nurul Abser, 18 ans.

À l'exception d'un rare drapeau espagnol et de quelques maillots de prestigieux clubs européens, les fidélités footballistiques dans le camp de Kutupalong sont divisées entre pro-Argentine et pro-Brésil, reflétant par là une curieuse obsession du Bangladesh.

Cette rivalité sud-américaine transposée à ce pays pauvre d'Asie du Sud remonterait au Mondial 1986, lorsque les Argentins emmenés par un Maradona flamboyant ont soulevé la coupe, se taillant ainsi une place dans les cœurs bangladais où le Brésil et sa légende Pelé régnaient jusqu'ici en rois.

Parmi les joueurs de tous âges, l'un d'entre eux détonne: avec sa chevelure décolorée pour imiter celle de Neymar, Jahangir Alam cultive la ressemblance physique avec l'attaquant brésilien superstar.

"J'aime beaucoup Neymar. C'est pour ça que je me suis fait une coiffure comme lui. J'ai apprécié le tournoi", dit le jeune homme de 17 ans, jonglant avec une balle.

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