D'un appel à la menace d'une destitution: les semaines qui ont plongé Trump dans le scandale

D'un appel à la menace d'une destitution: les semaines qui ont plongé Trump dans le scandale
Donald Trump, le 4 octobre 2019 dans les jardins de la Maison Blanche

AFP, publié le vendredi 04 octobre 2019 à 18h31

Depuis un appel téléphonique passé pratiquement inaperçu jusqu'à la menace de plus en plus précise d'une procédure explosive de destitution contre Donald Trump: retour sur les dates qui ont vu une conversation entre le président américain et son homologue ukrainien se convertir en énorme scandale politique.

- 25 juillet: appel Trump/Zelensky -

Quelques jours après avoir suspendu plusieurs centaines de millions de dollars d'aide militaire destinées à l'Ukraine, Donald Trump s'entretient par téléphone avec son président, Volodymyr Zelensky.

Les deux dirigeants évoquent "les moyens de renforcer les relations entre les Etats-Unis et l'Ukraine", explique alors la Maison Blanche.

- 12 août: inquiétude d'un lanceur d'alerte - 

Membre des services de renseignement, un lanceur d'alerte envoie un signalement centré principalement sur l'Ukraine et cet appel. Il dit rapporter un "problème urgent".

Le document est examiné par l'inspecteur général des services de renseignement, Michael Atkinson, qui le juge "crédible" et le fait suivre au directeur du renseignement américain, Joseph Maguire, pour qu'il l'envoie au Congrès.

Après avoir consulté la Maison Blanche et le ministère de la Justice, ce dernier conclut qu'il n'est pas obligé de le faire suivre. M. Atkinson décide alors de prendre sur lui pour informer directement le Congrès de l'existence de ce signalement, sans en révéler le contenu.

- 18 septembre: une "promesse" -

Dans la soirée, l'affaire prend une toute nouvelle dimension: le Washington Post affirme que le signalement concerne "les contacts du président Trump avec un dirigeant étranger". 

Cet échange "inclut une +promesse+" qui a profondément "inquiété" son mystérieux auteur. Le lendemain, le Washington Post et le New York Times publient des articles révélant que la conversation implique Donald Trump et l'Ukraine.

- 24 septembre: procédure de destitution -

Séisme à Washington: la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi annonce l'ouverture d'une enquête en vue d'une procédure --extrêmement rare-- de destitution du président, une éventualité à laquelle elle s'était jusqu'ici refusée.

"Une chasse aux sorcières", s'indigne le milliardaire républicain.

- 25 septembre: publication du compte-rendu -

Finalement publiée par la Maison Blanche, une transcription de l'appel démontre que M. Trump a bien demandé à M. Zelensky d'enquêter sur Joe Biden.

Digne d'un "chef mafieux": les démocrates dénoncent la pression évidente, selon eux, exercée sur le dirigeant ukrainien.

"Une destitution pour ça? C'est une blague!", réagit le président. 

- 26 septembre: le signalement révélé -

La lettre du lanceur d'alerte est publiée. Il y accuse le président américain d'avoir "sollicité l'ingérence" de l'Ukraine dans la campagne pour sa réélection en 2020.

S'appuyant sur le signalement, l'opposition accuse la Maison Blanche d'avoir cherché à "étouffer le scandale".

- 27 septembre: Pompeo visé par les démocrates -

Les parlementaires démocrates envoient une injonction formelle au secrétaire d'Etat Mike Pompeo, qui a écouté l'appel Trump/Zelensky en juillet, pour lui demander de leur livrer des documents nécessaires à leur enquête.

Kurt Volker, l'envoyé spécial des Etats-Unis pour l'Ukraine, démissionne.

- 1er octobre: Trump et Pompeo répliquent -

Mike Pompeo réagit et accuse les démocrates du Congrès de "tentative d'intimidation et de harcèlement", dénonçant de "profondes faiblesses procédurales et légales" dans les injonctions. 

La veille, le président Trump a estimé qu'Adam Schiff, l'élu qui supervise l'enquête pour destitution, devrait être arrêté pour "trahison". Le lendemain, il dénonce des "conneries".

- 3 octobre: SMS compromettants -

Par provocation, Donald Trump suggère ouvertement à la Chine d'enquêter sur Joe Biden pendant que Kurt Volker est entendu à huis clos au Congrès.

Les démocrates rendent publics des SMS datant de juillet et montrant que la diplomatie américaine a demandé au président ukrainien d'enquêter sur Joe Biden et son fils en échange d'une rencontre avec Donald Trump à la Maison Blanche. 

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