Cuba s'engage à légiférer sur le bien-être animal d'ici à fin février

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Un chien dans un refuge à La Havane, le 28 septembre 2020
Un chien dans un refuge à La Havane, le 28 septembre 2020
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© AFP, YAMIL LAGE

, publié le vendredi 19 février 2021 à 20h29

Les autorités cubaines se sont engagées vendredi à prendre d'ici à fin février, pour la première fois, un décret-loi consacré au bien-être animal, après avoir reçu un groupe de militants allés manifester face au ministère de l'Agriculture.

Vêtus de noir et portant des pancartes disant "Où est la loi de bien-être animal ?", une vingtaine de défenseurs des animaux se sont rassemblés vendredi matin face au ministère à La Havane.

L'annonce de ce décret-loi, d'abord prévu pour novembre dernier, avait été saluée comme une victoire de la société civile cubaine, qui voyait pour la première fois ses demandes traduites dans la législation.

Mais son report a suscité l'inquiétude des militants. La manifestation vendredi matin a duré peu de temps, le directeur juridique du ministère de l'Agriculture, Orlando Diaz, ayant proposé aux manifestants une réunion, qui a duré deux heures.

"La conclusion immédiate à laquelle nous sommes parvenus est qu'avant le 28 février nous aurons une loi sur le bien-être animal", a déclaré à l'AFP, à l'issue de la rencontre, Beatriz Batista, une militante des droits des animaux.

Face à l'inquiétude des militants sur le maintien des combats de coqs et de chiens, ainsi que des sacrifices d'animaux par la santeria, une religion syncrétique originaire du Nigeria, le ministère a promis, selon elle, que seraient interdits "tous les jeux illicites et combats d'animaux".

La question des sacrifices religieux est toutefois "un sujet assez sensible" et les autorités ont dit "ne pas pouvoir les interdire".

Sur la page Facebook du ministère, Orlando Diaz a confirmé que le décret-loi serait pris en février et salué ce dialogue marqué par "le respect" et "un bon échange".

Il a souligné la nécessité de "pénaliser toute attitude de maltraitance animale" et assuré que les deux parties étaient d'accord sur la majorité des points.

En octobre dernier, le ministère avait dit à l'AFP que le décret-loi prévoirait des amendes, voire des peines de prison, mais que les sacrifices d'animaux par la santeria resteraient autorisés, de même que les combats de coqs, une tradition très ancrée à Cuba, "dans des cas très ponctuels (...) pour une compétition ou un événement".

Le 7 avril 2019, quelque 500 personnes avaient défilé à La Havane pour réclamer une loi protégeant les animaux, la première manifestation indépendante et non politique jamais autorisée par l'Etat cubain.

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