Crise des sous-marins : la France a été traitée d'une manière "inacceptable" selon Ursula von der Leyen

Crise des sous-marins : la France a été traitée d'une manière "inacceptable" selon Ursula von der Leyen
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen le 15 septembre 2021 à Strasbourg.

publié le lundi 20 septembre 2021 à 20h15

Ursula von der Leyen est la première dirigeante d'une institution européenne à réagir après l'annonce de la rupture du contrat de ventes de sous-marins avec la France par l'Australie. 

La crise des sous-marins qui oppose la France aux Etats-Unis, à l'Australie et au Royaume-Uni s'invite à l'Assemblée générale de l'ONU qui se tient cette semaine à New York. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a jugé lundi 20 septembre "inacceptable" la manière dont la France a été traitée dans le cadre du pacte de sécurité conclu entre les Etats-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni.

Le pacte scellé entre les trois puissances occidentales, baptisé AUKUS, a entraîné la rupture d'un contrat d'armement entre la France et l'Australie d'un montant de 56 milliards d'euros.  




"L'un de nos États membres a été traité d'une manière qui n'est pas acceptable (...) Nous voulons savoir ce qui s'est passé et pourquoi", a-t-elle déclaré à la journaliste Christiane Amanpour de la chaîne d'information américaine CNN.

"C'est incompréhensible" 

La réaction du président du Conseil européen Charles Michel n'a pas tardé. Il a dénoncé "un manque de loyauté"  de la part des Etats-Unis. L'Union européenne demande à Washington une "clarification" pour "tenter de mieux comprendre quelles sont les intentions derrière" l'annonce d'un partenariat stratégique entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie, "car c'est incompréhensible", a-t-il dit à des journalistes à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.

"Il s'agit d'un coup d'éclat ou d'un coup de tonnerre dans l'actualité française d'abord, européenne certainement, géostratégique au niveau mondial aussi", a déclaré la ministre belge des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, lors d'une rencontre avec quelques journalistes en marge de l'Assemblée générale de l'ONU qui se tient cette semaine à New York. Elle appelle l'Europe à parler plus fortement et d'une même voix. 

L'UE ni consultée, ni informée 

Ursula von der Leyen est la première dirigeante d'une institution européenne à réagir à ce qu'on nomme désormais "la crise des sous-marins". D'un montant de 90 milliards de dollars australiens (56 milliards d'euros), le contrat prévoyait la fourniture de 12 sous-marins à propulsion diesel et était souvent qualifié de "contrat du siècle". L'UE n'a été ni consultée ni informée avant l'annonce du partenariat stratégique pour la région indo-pacifique conclu entre Washington, Londres et Canberra, avait dénoncé vendredi le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.


Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'UE examineront lundi soir les conséquences de ce pacte, au cours d'une réunion à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. "Josep Borrell présidera cette réunion qui sera la première occasion de discuter des implications et des conséquences de cet accord pour l'UE et ses Etats membres", a précisé son porte-parole. "La réunion va durer deux heures et M. Borrell devrait en rendre compte par une déclaration", a-t-il ajouté.

"Une rupture majeure de confiance" 

Pour marquer sa colère, la France a rappelé son ambassadeur aux Etats-Unis, un acte sans précédent vis-à-vis de cet allié historique, et son représentant en Australie, à l'origine de la crise. Paris a également annulé une réunion qui devait avoir lieu ce lundi entre la ministre française des Armées Florence Parly et son homologue britannique Ben Wallace.

Jean-Yves le Drian, le chef de la diplomatie française qui s'exprimera à la tribune des Nations Unies, reproche aux dirigeants des trois signataires du pacte AUKUS d'avoir dissimulé pendant des mois leurs négociations et dénonce une "rupture majeure de confiance" entre alliés de l'Otan.

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