Crise sociale au Chili: 327 signalements pour des violations des droits de mineurs

Crise sociale au Chili: 327 signalements pour des violations des droits de mineurs
Heurts entre manifestants et forces de police, le 19 novembre 2019 à Santiago du Chili

, publié le jeudi 21 novembre 2019 à 09h39

Le bureau du Défenseur des droits des enfants au Chili a annoncé mercredi avoir reçu 327 signalements pour des violations des droits de mineurs perpétrées par les forces de l'ordre pendant la crise sociale qui secoue le pays depuis plus d'un mois.

Le mouvement social sans précédent qui a éclaté au Chili le 18 octobre a fait 22 morts, dont cinq après l'intervention des forces de sécurité, et plus de 2.000 blessés, dont plus de 200 grièvement touchés aux yeux. 

"Jusqu'au 15 novembre, le bureau du Défenseur des droits de l'enfant a reçu 327 signalements pour des violations de droits d'enfants et d'adolescents en raison de la crise", a déclaré lors d'une conférence de presse Patricia Munoz, à la tête de l'institution publique.

Mme Munoz a dénoncé le comportement de la police et souligné que "de nombreux enfants avaient été blessés dans leur vie quotidienne, comme par exemple en étant sorti acheter du pain avec leur mère". 

"Nous parlons d'enfants qui n'ont pas participé aux manifestations, ce qui rend le comportement des policiers encore plus grave", a-t-elle insisté. 

Patricia Munoz a indiqué que son institution déposerait plainte devant la justice pour les cas où cela n'a pas encore été fait. 


L'Institut national des droits humains (INDH), autre organisme public, a déposé 384 plaintes pour des violations des droits humains commises par les forces de l'ordre contre les manifestants. 

Mardi, la police chilienne a suspendu l'utilisation de chevrotines en caoutchouc pour disperser les manifestations, accusées d'être à l'origine du nombre important blessures oculaires graves chez les protestataires.

Tandis que la crise sociale a mis sur le devant de la scène les fortes inégalités de la société chilienne, le bureau du Défenseur des droits des enfants a également regretté que ces derniers ne "soient pas pris en compte dans l'élaboration et la mise en oeuvre des politiques publiques, alors qu'ils sont les premiers à souffrir des inégalités et de la faible présence de l'Etat" dans les domaines comme l'éducation et la santé, largement privatisés.

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