Crise migratoire Pologne-Bélarus : Poutine affirme que la Russie n'a "rien à voir" avec le conflit aux portes de l'Europe

Crise migratoire Pologne-Bélarus : Poutine affirme que la Russie n'a "rien à voir" avec le conflit aux portes de l'Europe
Vladimir Poutine, le 30 juin 2021, à Moscou

publié le samedi 13 novembre 2021 à 10h50

La Russie est accusée d'être impliquée dans l'afflux migratoire provoqué par le régime d'Alexandre Loukachenko aux portes orientales de l'Union européenne, entre Pologne et Biélorussie, où se massent plusieurs milliers de migrants.

Pointé du doigt par l'Union européenne dans le conflit entre Pologne et Bélarus, Vladimir Poutine a rejeté dans une interview diffusée samedi 13 novembre toute responsabilité dans la crise migratoire en cours à la frontière entre les deux pays, ou des milliers de migrants sont massés depuis des jours. "Je veux que tout le monde le sache.

Nous n'avons rien à voir là-dedans", a déclaré le président à la chaîne Vesti, accusé cette semaine par des voix occidentales d'avoir orchestré avec Minsk l'envoi de ces migrants à la frontière orientale de l'Union européenne.

Plusieurs milliers de personnes voulant rallier l'Europe, originaires principalement du Proche-Orient, sont bloquées depuis près d'une semaine dans des conditions difficiles à la frontière entre le Bélarus et la Pologne. L'UE accuse le Belarus d'avoir organisé cet afflux en réponse à des sanctions occidentales et s'efforce depuis plusieurs jours d'enrayer ces mouvements en stoppant des vols à destination de Minsk, saluant des "progrès" vendredi.

Poutine accusé d'être le "commanditaire" de la crise

Vladimir Poutine a, lui, affirmé que les dirigeants européens devaient s'adresser directement au président bélarusse Alexandre Loukachenko pour résoudre cette crise. "D'après ce que j'ai compris, Alexandre Loukachenko et (la chancelière allemande Angela) Merkel sont prêts à se parler", a indiqué Vladimir Poutine. "J'espère que cela arrivera dans un futur proche", a-t-il ajouté, rejetant la responsabilité de la crise sur l'Occident. Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki avait accusé plus tôt cette semaine Vladimir Poutine d'être le "commanditaire" de "l'attaque" attribuée à Alexandre Loukachenko.


Entre restrictions de vol et propositions de rapatriement, l'Union européenne s'est félicitée de "progrès" vendredi 12 novembre dans ses efforts visant à endiguer l'afflux de migrants à sa frontière avec le Belarus, mais les tensions sont montées d'un cran. Soumis à la pression croissante des pays occidentaux qui l'accusent d'orchestrer cette crise, Minsk a mené des exercices militaires conjoints avec la Russie et prévenu qu'il riposterait "sévèrement" à toute attaque.

La Turquie stoppe le flux de migrants vers le Bélarus "jusqu'à nouvel ordre"

Cette crise migratoire en Europe orientale suscite l'inquiétude grandissante des pays occidentaux. Le président américain Joe Biden a dit avoir fait part de sa "grande préoccupation à la Russie (...) et au Belarus", quelques heures après une déclaration similaire de sa vice-président Kamala Harris, en visite à Paris, qui a dénoncé l'activité "très préoccupante" du président Alexandre Loukachenko. L'UE accuse le Belarus d'avoir organisé l'afflux de milliers de migrants à sa frontière avec la Pologne, en réponse à des sanctions occidentales, et s'efforce depuis plusieurs jours d'enrayer ces mouvements en stoppant des vols à destination de Minsk.

Première victoire, la Turquie, carrefour aérien majeur entre Europe et Moyen-Orient, a annoncé vendredi que les Irakiens, Syriens et Yéménites ne seraient plus autorisés à embarquer pour le Belarus à partir de ses aéroports "jusqu'à nouvel ordre". Peu après, le gouvernement irakien a indiqué qu'il s'employait à enregistrer les migrants irakiens bloqués à la frontière entre le Belarus et la Pologne qui voulaient rentrer "volontairement".
 

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