Crise italienne : Macron salue la nomination d'un partisan de l'austérité

Crise italienne : Macron salue la nomination d'un partisan de l'austérité
Le président Sergio Mattarella a nommé lundi Carlo Cottarelli, président du Conseil.

leparisien.fr, publié le lundi 28 mai 2018 à 18h07

Alors que la France insoumise et le Front national dénoncent une décision antidémocratique, le président français approuve le choix de son homologue italien.

Il est surnommé « Monsieur Ciseaux » par ses détracteurs en Italie. Le refus du président italien de confirmer le gouvernement de Giuseppe Conte et de nommer à sa place Carlo Cottarelli, incarnation de l'austérité budgétaire, a été diversement apprécié en France. Emmanuel Macron a loué le « courage » et le « grand esprit de responsabilité » de son homologue italien de sensibilité démocrate-chrétienne Sergio Mattarella.

« Je redis mon amitié et mon soutien au président Mattarella qui a une tâche essentielle à mener, celle de la stabilité institutionnelle et démocratique de son pays, ce qu'il fait avec beaucoup de courage et un grand esprit de responsabilité », a salué le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse à l'occasion de la venue à Paris du président de l'Angola Joao Lourenço.

Un veto à l'euroscepticisme

« L'Italie, a ajouté Emmanuel Macron, est un partenaire important pour la France sur tous les sujets, un partenaire historique, un partenaire présent et un partenaire d'avenir, que nous respectons, et dont nous avons besoin pour les projets européens comme pour la relation bilatérale qui est structurante. »

En opposant son veto au choix de l'eurosceptique Paolo Savona, au poste de ministre des Finances, Sergio Mattarella a choisi dimanche de barrer la route au premier gouvernement populiste dans un pays fondateur de l'Union européenne, au nom de la défense des intérêts italiens en Europe.

Préparer de nouvelles élections

Le président italien a chargé lundi Carlo Cottarelli, 64 ans, de former son équipe qui n'a quasiment aucune chance d'obtenir la confiance du Parlement où Le Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite) sont majoritaires. L'unique mission du prochain gouvernement devrait donc être de mener le pays à de nouvelles élections, qui auront lieu vraisemblablement à l'automne ou au plus tard début 2019, dans un climat qui s'annonce électrique.

Du PS au FN, les réactions

« Il a eu raison d'assumer pleinement sa fonction et ses prérogatives constitutionnelles », estime Boris Vallaud, porte-parole du PS.

Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Pierre Laurent, a fait part de sa « grande inquiétude », voyant dans la situation, « le symbole du piège dans lequel on essaie d'enfermer le débat européen », un étau entre « les défenseurs de la fuite en avant libérale » et « des forces nationalistes, xénophobes, qui en vérité tournent le dos aux exigences sociales ». Il plaide pour une alternative.

Le député de la France insoumise Alexis Corbière a, de son côté, fustigé une « folie antidémocratique » du président italien, accusé de « brider l'expression des peuples ».

Pour Marine Le Pen, présidente du FN, « l'Union européenne et les marchés financiers confisquent à nouveau la démocratie ».

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