Crise des sous-marins : "On aurait pu, on aurait dû faire mieux au niveau de la communication", reconnaît le secrétaire d'État américain

Crise des sous-marins : "On aurait pu, on aurait dû faire mieux au niveau de la communication", reconnaît le secrétaire d'État américain
Le chef de la diplomatie américaine Anthony Blinken, le 5 octobre 2021, à Paris.

publié le mercredi 06 octobre 2021 à 07h55

Invité du 20H de France 2 en marge d'une visite à Paris, Anthony Blinken a assuré mardi soir avoir "bien compris" le sentiment de trahison de la part de la France dans la crise des sous-marins australiens. "On a tendance à prendre pour acquis une relation aussi importante et profonde que celle qui lie la France et les États-Unis", a-t-il admis.

Trois semaines après le début de la crise des sous-marins australiens, déclenchée par la rupture par Canberra d'un énorme contrat passé avec la France au profit des États-Unis, le chef de la diplomatie américaine Anthony Blinken est en opération reconquête à Paris.

Avant deux jours de réunions à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) jusqu'à mercredi,  Le secrétaire d'État américain  a commencé sa visite mardi 5 octobre par une rencontre avec son homologue français Jean-Yves Le Drian. Il a ensuite été reçu par Emmanuel Macron.  Un "long tête-à-tête", qui n'était initialement pas à l'agenda, doit "contribuer à restaurer la confiance entre la France et les États-Unis", a déclaré la présidence française.


"J'étais très content aujourd'hui de pouvoir passer une heure en tête à tête avec Le Drian, un ami, et puis, de pouvoir passer du temps avec le président de la République", a commenté dans la soirée sur le plateau du 20H de France 2 l'Américain, complètement francophone, assurant qu'il avait "bien compris" le sentiment de trahison de la part de la France. 

"On constate deux choses : on aurait pu, on aurait dû faire mieux au niveau de la communication", a-t-il concédé, avant d'ajouter : "On a tendance à prendre pour acquis une relation aussi importante et profonde que celle qui lie la France et les États-Unis."

À présent, "on fait mieux", a assuré Anthony Blinken. "Suite aux instructions des deux présidents, ce qu'on fait depuis quelques semaines c'est un approfondissement au niveau de la consultation et de la communication mais aussi sur la coordination et la coopération sur les dossiers les plus importants qui lient nos deux pays, que ce soit l'Indo-pacifique, au Sahel ou dans l'espace euro-atlantique", a-t-il affirmé. 

Le coup de froid a éclaté le 15 septembre, quand le président des États-Unis a annoncé une nouvelle alliance avec l'Australie et le Royaume-Uni dans la région Indo-Pacifique, dans le cadre de sa grande priorité internationale : contrer la Chine. 

Ce partenariat baptisé AUKUS a suscité une rare colère de la France. Il aura fallu un coup de fil Joe Biden et Emmanuel Macron, après une semaine glaciale, pour amorcer un certain réchauffement. Le locataire de la Maison-Blanche a fait publiquement amende honorable sur la méthode. Et les deux chefs d'État ont lancé un "processus de consultations approfondies".

Selon un haut responsable américain, l'ambiance mardi était "sérieuse", et les conversations n'ont plus porté sur les récriminations françaises au sujet d'AUKUS comme au plus fort de la crise.
 

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