Covid-19 : le variant anglais plus contagieux mais aussi plus mortel

Covid-19 : le variant anglais plus contagieux mais aussi plus mortel
Dans un service de réanimation en région parisienne.

publié le mercredi 10 mars 2021 à 22h50

Selon des chercheurs britanniques, le variant anglais du coronavirus est 64% plus mortel que sa forme classique. 

Plus contagieux mais également plus mortel. Selon une étude britannique publiée mercredi 10 mars, le variant anglais du Covid-19, désormais majoritaire en France, est 64% plus mortel que le coronavirus classique. Pour 1.000 cas détectés, le variant anglais provoque 4,1 morts, contre 2,5 pour le coronavirus classique, indiquent les auteurs de ces travaux publiés dans la revue médicale BMJ. "Il y a une haute probabilité que le risque de mortalité soit augmenté par une infection" au variant anglais, écrivent ces chercheurs des universités d'Exeter et de Bristol.



Cette étude confirme de premières observations faites fin janvier.

Le NERVTAG, le groupe qui conseille le gouvernement britannique sur les virus respiratoires, avait ainsi indiqué qu'il y avait une "possibilité réaliste" que l'infection par ce variant soit associée à un risque plus élevé de mortalité. Ce groupe estimait que la létalité du variant (risque de décès parmi les personnes infectées) pouvait être 30 à 40% supérieure.

Pour parvenir au chiffre de 64%, les auteurs de l'étude publiée mercredi se sont basés sur les données de 110.000 personnes testées positives hors hôpital entre octobre et janvier, qu'ils ont suivies durant 28 jours. La moitié avait été infectée par le coronavirus classique, l'autre par le variant anglais (appelé VOC 202012/01 ou B.1.1.7, du nom de sa "lignée", c'est-à-dire sa famille génétique). Les chercheurs ont ensuite comparé la mortalité dans l'un et l'autre des deux groupes (141 décès contre 227), en prenant en compte certains facteurs comme l'âge, le sexe ou l'origine ethnique et ont estimé que le variant anglais était 64% plus mortel.



Le fait que les participants aient été testés hors hôpital peut être un biais puisque cela tend à sélectionner des cas à plus faible risque. Mais si ces conclusions peuvent être généralisées à l'ensemble de la population, le variant anglais "a le potentiel pour provoquer une mortalité supplémentaire conséquente" par rapport au virus classique, jugent les chercheurs.

En France, le variant anglais représente désormais "plus de 60%" des contaminations, a indiqué le 4 mars le Premier ministre Jean Castex.

"Cela rend encore plus important le fait que les gens se fassent vacciner", a estimé un scientifique qui n'a pas participé à l'étude, Simon Clarke (Université de Reading), cité par l'organisme britannique Science Media Centre. Plusieurs études ont montré que les vaccins restaient efficaces contre le variant anglais. En revanche, d'autres variants, comme ceux d'abord détectés en Afrique du Sud ou au Brésil, pourraient poser davantage de problèmes. En outre, la perspective de l'émergence de nouveaux variants résistants aux vaccins inquiète les scientifiques.
 

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