Covid-19 : la justice néerlandaise autorise un enfant de 12 ans à se faire vacciner, malgré l'opposition de son père

Covid-19 : la justice néerlandaise autorise un enfant de 12 ans à se faire vacciner, malgré l'opposition de son père
Vaccination contre le Covid-19 à Houten aux Pays-Bas.

publié le vendredi 24 septembre 2021 à 15h15

Dans le pays, les mineurs doivent normalement avoir le consentement de leurs deux parents pour pouvoir être vaccinés.

Aux Pays-Bas, un garçon âgé de 12 ans voulait se faire vacciner contre le Covid-19 pour pouvoir passer du temps avec sa grand-mère, en fin de vie. Problème : dans le pays, les mineurs de 12 à 17 ans ne peuvent être vaccinés qu'avec le consentement de chacun de leurs parents.

Or, si la mère du jeune homme a donné son autorisation, ce n'est pas le cas du père du garçon, dont elle est divorcée. La justice néerlandaise, qui peut rendre des décisions dans l'intérêt supérieur de l'enfant si les parents sont en désaccord, a donc tranché. 



Mardi, le juge Bart Tromp du tribunal du district de Groningen, dans le nord du pays, a ainsi autorisé le jeune homme à être vacciné compte-tenu "des intérêts en jeu" dans cette vaccination "en particulier les intérêts de ce mineur". Dans son jugement qui n'a été rendu public que jeudi 23 septembre, il a ordonné que le garçon soit vacciné "rapidement" car ses intérêts étaient plus importants qu'un éventuel appel des avocats du père.

Selon les documents judiciaires, le père, sceptique à l'égard des vaccins et des tests, a refusé que son fils reçoive une dose. Or "le garçon voulait être vacciné car il ne voulait pas être contaminé et souhaitait limiter les risques de contaminer d'autres" personnes, notamment sa grand-mère, indique le dossier. 

Cette dernière "souffre d'un cancer du poumon avec des métastases et est en fin de vie", détaillent ces documents. "Le mineur souhaite passer le plus de temps possible avec elle, mais il n'est pas vacciné. Il craint de contaminer sa grand-mère et est convaincu qu'une contamination, si elle se produisait, constituerait un danger mortel", explique encore le dossier. 

La défense de la mère de l'enfant a d'ailleurs argué qu'une vaccination contre le Covid-19 réduirait le risque de transmettre le coronavirus à sa grand-mère. De son côté, le père estime que les vaccins "sont toujours dans une phase d'essai" et qu'ils pourraient présenter "de grands risques pour les organes reproductifs sur le long terme", des arguments rejetés par le juge qui a souligné que les bases scientifiques de telles affirmations n'étaient pas avérées.

Le dossier précise également que le jeune garçon estimait qu'il était "difficile de parler à son père et avait le sentiment que ses arguments ne seraient pas entendus". 

Le vaccino-scepticisme est un sujet de préoccupation croissant aux Pays-Bas, le dirigeant d'une formation d'extrême droite ayant même défendu des thèses anti-vaccin au Parlement. Des manifestations sont attendues ce week-end avec l'entrée en vigueur d'un pass sanitaire pour les clients des restaurants et des bars.
 

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