Covid-19 : l'UE veut convaincre Malte de rouvrir ses frontières

Covid-19 : l'UE veut convaincre Malte de rouvrir ses frontières
Didier Reynders, commissaire européen à la justice.

publié le lundi 12 juillet 2021 à 10h42

La Commission européenne veut convaincre Malte de revenir sur sa décision de fermer ses frontières aux non-vaccinés, a indiqué lundi le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders invité de France Inter.  

Une décision qui ne passe ni en France, ni auprès des instances européennes. Malte a affirmé vendredi être le premier pays de l'Union européenne à fermer ses frontières aux voyageurs non vaccinés, espérant ainsi juguler une recrudescence des nouveaux cas de Covid-19. Mais sur France Inter lundi 12 juillet , Didier Reynders a rappelé que l'adoption du pass sanitaire par l'UE s'imposait aux pays membres. "Il y a eu deux décisions : le certificat qu'on a mis en place et qui s'impose à tous les Etats européens, comme une preuve de votre situation par rapport à la maladie.

Et puis il y a une recommandation adoptée par les 27 Etats, qui part de l'idée que le passeport se suffit à lui-même, sauf si la situation sanitaire venait à se détériorer", a expliqué le commissaire.




"Nous allons donc discuter avec Malte pour qu'elle accepte les test PCR", a-t-il ajouté. "En fonction du taux de contamination par le variant Delta (...), il est normal que l'on reprenne des mesures, de test et de quarantaine, mais pas d'interdiction de voyage", a-t-il poursuivi. 

"Un test PCR ne suffira plus"

La petite île méditerranéenne de 500.000 habitants s'enorgueillit d'être le pays le plus vacciné de l'UE, avec 79 % de la population adulte ayant reçu deux doses de vaccin. Le 27 juin, elle n'avait enregistré aucun nouveau cas mais vendredi, les autorités sanitaires en ont recensé 96, dont 90 % chez des personnes non vaccinées. "À partir du mercredi 14 juillet, toute personne arrivant à Malte doit présenter un certificat de vaccination reconnu : un certificat maltais, un certificat britannique ou un certificat de l'Union européenne", a annoncé vendredi le ministre de la Santé, Chris Fearne, au cours d'une conférence de presse.  "Un test PCR ne suffira plus", a souligné le ministre, sauf pour les mineurs de moins de 12 ans accompagnés de leurs parents.



Une décision contraire aux règles de l'UE
Sa décision de ne plus accepter les tests PCR avait été jugée dimanche "contraire aux règles" de l'UE par le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Clément Beaune. "Je ne le condamne pas, mais la décision qui a été prise par Malte est contraire aux règles européennes et je crois qu'il faut qu'on s'en tienne à notre cadre et l'appliquer pleinement. Ce cadre, c'est celui du passe sanitaire européen", a-t-il déclaré au Grand rendez-vous de Europe 1/CNews/Les Echos.

"Je préfèrerais qu'ils reviennent sur leur décision. (...)  On n'a pas toujours bien réussi à se coordonner en Europe pendant cette crise mais pour une fois, on a un pass sanitaire (...) qui est le même partout en Europe" avait-il insisté. "Ce qu'a fait Malte, (...) doit nous alerter sur le fait que si la situation se dégrade, les tentations de fermeture, quelques fois même contraires aux règles, se multiplient", avait-il souligné, tout en relevant qu'il ne s'agissait "pas de sanctionner Malte". 

A Malte, un grand nombre de cas ont été détectés dans le cadre de séjours linguistiques et les écoles d'anglais, qui attirent chaque année des étudiants du monde entier, vont fermer à compter du 14 juillet également.

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