Covid-19 : l'orteil bleu est-il un signe d'immunité contre le virus ?

Covid-19 : l'orteil bleu est-il un signe d'immunité contre le virus ?©Panoramic

publié le vendredi 09 avril 2021 à 12h39

Un nombre inhabituel d'engelures aux pieds a été constaté dans plusieurs pays depuis le début de la pandémie de Covid-19. Des chercheurs suisses ont publié une étude montrant qu'il pourrait s'agir d'un signe d'immunité au virus, relatent TopSanté et l'Express.

Depuis plus d'un an, les chercheurs du monde entier étudient le Covid-19.

Dans une dizaine de pays, un nombre inhabituel d'engelures au niveau des orteils a été constaté. Pourraient-elles être le signe d'une immunité au virus ? 



Aux Etats-Unis, des chercheurs du Massachusetts General Hospital se sont penchés sur ce phénomène, comme le révèle TopSanté, jeudi 8 avril. En travaillant avec des dermatologues, les scientifiques ont montré que 1 000 manifestations dermatologiques du Sars-Cov-2 avaient été enregistrées dans 39 pays du monde entre les mois d'avril et août 2020. Parmi les 1 000 patients, la moitié d'entre eux présentaient des orteils bleutés ou violets et 16% d'entre eux ont dû être hospitalisés pour cette raison. 

"Un dommage collatéral d'une immunité"

De nouveaux travaux réalisés par les scientifiques du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) en Suisse, expliquent l'apparition de ces orteils bleus comme la manifestation clinique d'une forte immunité au virus, et non comme un symptôme. Comme le rapporte le quotidien l'Express, les deux chercheurs qui ont publié leurs travaux dans la Revue médicale suisse, estiment que ces engelures "sont prédisposées à induire une immunité innée robuste contre le SARS-CoV-2, ce qui les rend résistantes à l'infection". 

Les chercheurs ont croisé des séries de données, leur permettant de constater qu'au sein d'un même foyer épidémique, les seules personnes qui n'ont pas été malades présentaient des engelures aux pieds. "Dans plus de 40% des cas, les personnes souffrant de pseudo-engelures ont eu un contact rapproché avec un patient Covid-19 mais elles sont en général négatives au dépistage", expliquent les dermatologues. Ces engelures pourraient être la conséquence d'une sécrétion importante d'interférons de type I, des protéines chargées de réguler la réponse immunitaire et pouvant empêcher le virus de se répandre dans les voies aériennes. "Les pseudo-engelures représentent donc un dommage collatéral d'une immunité innée antivirale hors norme", conclut l'étude.  

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