Covid-19 : l'espérance de vie a connu sa plus forte baisse depuis la Seconde Guerre mondiale en 2020

Covid-19 : l'espérance de vie a connu sa plus forte baisse depuis la Seconde Guerre mondiale en 2020
(Photo d'illustration)
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publié le mardi 28 septembre 2021 à 15h02

Une étude publiée par l'Université d'Oxford révèle que l'espérance de vie de plus de six mois par rapport à 2019 dans 22 des 29 pays analysés dans l'étude, qui couvre l'Europe, les États-Unis et le Chili. 

Alors que le monde subit la pandémie de Covid-19 depuis plus d'un an et demi, une étude publiée dans la revue International Journal of Epidemiology, lundi 27 septembre, confirme que le virus a eu des conséquences démographiques.  En effet, l'espérance de vie a diminué de plus de six mois par rapport à 2019 dans 22 des 29 pays analysés par les chercheurs de l'université d'Oxford, qui couvre l'Europe, les États-Unis et le Chili.

La Finlande, l'Islande, la Grèce, l'Allemagne et l'Estonie, ont vu leur espérance de vie diminuer de moins de six mois durant cette période, soit une faible influence du Covid-19. La Norvège et le Danemark sont les deux seuls à enregistrer une augmentation de l'espérance de vie durant cette période, tandis que la Finlande, l'Islande, la Grèce, l'Allemagne et l'Estonie ont connu une baisse de moins de six mois.

Autrement dit, le Covid-19 semble avoir eu peu d'influence sur leur taux de mortalité.



Les États-Unis sont les plus impactés avec une baisse de 2,2 ans d'espérance de vie à la naissance chez les hommes, et de 1,6 an chez les femmes, suivis par la Lituanie, la Bulgarie, la Pologne et l'Espagne, tous enregistrant une baisse de la mortalité de plus d'un an et demi. Avec une baisse évalué à 8 mois pour les hommes et 7,2 mois pour les femmes, la France ne s'en sort pas trop mal. Dans tous les pays, ce sont les hommes qui subissent la baisse la plus importante.

Aux États-Unis, l'augmentation du taux de mortalité a surtout touché les personnes en âge de travailler et les moins de 60 ans, "du fait de la quantité de comorbidités accumulées dans la population", précisent les chercheurs, évoquant également le "racisme structurel" et "les inégalités d'accès aux services de santé" pour expliquer cette surmortalité. À l'inverse, en Europe, ce sont les personnes âgées de plus de 60 ans qui ont été le plus touchées. 

La tendance était pourtant à la hausse dans les 29 pays étudiés, rapporte cette étude, soulignant que cette baisse surpasse même celle de 2015, année où l'espérance de vie avait fortement reculé en raison d'une saison grippale particulièrement mauvaise. 

Dans de nombreux pays d'Europe occidentale tels que l'Espagne, l'Angleterre et le Pays de Galles, l'Italie, la Belgique, la France, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse et le Portugal, un tel recul de l'espérance de vie n'avait pas été observé depuis la Seconde Guerre mondiale.  

Le Covid-19 a tué près de 5 millions de personnes


Pour le Dr Ridhi Kashyap, co-auteur principal de l'étude de l'université d'Oxford, le lien entre l'arrivée du Covid-19 et cette baisse de l'espérance de vie ne fait aucun doute : "Le fait que nos résultats mettent en évidence un impact aussi important directement attribuable au Covid-19 montre à quel point il a été un choc dévastateur pour de nombreux pays".

Selon le bilan établi par l'AFP lundi 27 septembre, la pandémie a fait au moins 4.744.890 morts dans le monde depuis fin décembre 2019. Les États-Unis sont le pays le plus touché avec 690.388 décès, suivis par le Brésil (594.653), l'Inde (447.194), le Mexique (275.450) et la Russie (204.679). Mais l'OMS estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé.
 

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