Covid-19 : l'Allemagne suspend l'utilisation du vaccin AstraZeneca

Covid-19 : l'Allemagne suspend l'utilisation du vaccin AstraZeneca©JOEL SAGET / AFP

, publié le lundi 15 mars 2021 à 16h30

Cette suspension "à titre préventif" fait suite au signalement d'effets secondaires, d'après le ministère de la Santé ce lundi 15 mars.

L'inquiétude grandit toujours autour du vaccin AstraZeneca. Tout comme la France, l'Allemagne suspend l'utilisation des doses contre le Covid-19 du laboratoire anglo-suédois "à titre préventif".

La décision a été prise après le signalement d'effets secondaires, selon le ministère de la Santé ce lundi 15 mars.


L'institut médical Paul-Ehrlich, qui conseille le gouvernement, "estime que d'autres examens (sont) nécessaires", après des cas de formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinées en Europe, comme l'a précisé un porte-parole du ministère. Plusieurs pays ont déjà pris une telle mesure.

Cette décision de suspension intervient "après de nouvelles informations concernant des thromboses de veines cérébrales en lien avec la vaccination en Allemagne et en Europe", selon la même source.

L'Agence européenne des médicaments (EMA) "décidera si et comment les nouvelles connaissances (sur ces effets secondaires) se répercutent sur l'autorisation du vaccin", a ajouté ce porte-parole.

AstraZeneca suspendu en France

L'utilisation du vaccin AstraZeneca est aussi suspendu en France, pour une durée de 24h, comme l'a annoncé Emmanuel Macron ce lundi.

"Sur la recommandation du ministre de la Santé, en lien avec les autorités sanitaires françaises, la décision qui a été prise - en conformité aussi avec notre politique européenne -, c'est de suspendre par précaution la vaccination avec AstraZeneca en espérant la reprendre vite, si l'avis de l'EMA le permet", a déclaré le président de la République.

Depuis une semaine, plusieurs pays ont suspendu l'utilisation de ce vaccin après de graves problèmes sanguins chez des vaccinés.

En France, dans les Bouches-du-Rhône, les sapeurs-pompiers avaient également suspendu la vaccination de leur personnel avec le vaccin du groupe pharmaceutique anglo-suédois après la survenue d'effets indésirables chez un pompier.

"Par mesure de précaution, nous avons suspendu la deuxième injection du vaccin AstraZeneca", a indiqué ce lundi une porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) à l'AFP.

Cela dit, rien n'indique un lien de cause à effet et l'emballement des autorités de santé divise les professionnels.

Une décision déjà prise dans plusieurs pays

L'Autriche avait lancé le mouvement le 8 mars en suspendant un lot de vaccins après la mort d'une infirmière qui venait de recevoir une dose d'AstraZeneca. La femme de 49 ans est décédée à cause d'une mauvaise coagulation sanguine.

Ensuite, d'autres pays, dont l'Italie, ont suspendu des lots isolés. Plusieurs pays scandinaves - Danemark, Norvège, Islande - sont allés plus loin en suspendant tous les vaccins AstraZeneca, suivis dimanche par les Pays-Bas.

Le vaccin AstraZeneca est l'un des trois vaccins utilisés en Allemagne tandis qu'un quatrième, celui de Johnson and Johnson, a déjà reçu le feu vert des autorités européennes et sera distribué entre la mi et la fin avril, selon le ministère de la Santé.

AstraZeneca se veut rassurant

Le vaccin AstraZeneca est développé par le groupe pharmaceutique suédo-britannique avec l'université d'Oxford. Le professeur Andrew Pollard, directeur du Oxford Vaccine Group, a assuré ce lundi à la BBC que le vaccin est "sûr".

Dans un communiqué publié dimanche, AstraZeneca a indiqué qu'un "examen attentif de toutes les données de sécurité disponibles sur plus de 17 millions de personnes vaccinées dans l'Union européenne et au Royaume-Uni" avec son vaccin "n'a apporté aucune preuve d'un risque accru d'embolie pulmonaire, thrombose veineuse profonde (TVP) ou de thrombocytopénie dans aucun groupe d'âge, de genre, de lot ou de pays particulier".

"Environ 17 millions de personnes dans l'Union européenne et au Royaume-Uni ont maintenant reçu notre vaccin, et le nombre de cas de caillots sanguins signalés dans ce groupe est inférieur aux centaines de cas auxquels on pourrait s'attendre dans la population générale", a comparé le Dr Ann Taylor, médecin chef, dans ce communiqué.

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