Corruption en Corée du Sud: 25 ans requis contre la confidente de l'ex-présidente

Corruption en Corée du Sud: 25 ans requis contre la confidente de l'ex-présidente

Choi Soon-Sil (c), confidente de l'ex-présidente sud-coréenne Park Geung-Hye, à la Cour constitutionnelle de Séoul, le 16 janvier 2017

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AFP, publié le jeudi 14 décembre 2017 à 09h21

Le parquet a requis jeudi une peine de 25 ans d'emprisonnement contre l'ex-confidente de l'ancienne présidente sud-coréenne, au centre du retentissant scandale de corruption qui a précipité la chute de Park Geun-Hye.

Fille d'un mystérieux chef religieux, Choi Soon-Sil a été pendant des décennies une amie très proche de Mme Park au point d'être surnommée par les médias "Raspoutine" pour l'influence qu'on lui prêtait sur la présidente.

Une fois que le scandale a éclaté, elle a été conspuée l'an dernier dans des manifestations monstres pour réclamer la destitution de la présidente.

Mme Choi est "l'alpha et l'omega du scandale", a estimé un représentant du parquet au tribunal du district central de Séoul. "La personne même qui a créé une crise nationale qui s'est soldée par la première destitution d'un président dans notre pays."

"Mme Choi a profité de l'autorité présidentielle pour son profit personnel, elle a sapé les valeurs constitutionnelles et fait trembler le système gouvernemental", a ajouté ce procureur. "S'il vous plaît, condamnez Mme Choi à 25 années de prison."

Le ministère public a réclamé des amendes et la saisie de biens de Mme Choi pour un montant total de 126,2 milliards de wons (98 millions d'euros).

Mme Choi, 61 ans, est accusée de collusion avec Mme Park pour avoir extorqué des millions de dollars à conglomérats sud-coréens, parmi lesquels les mastodontes Samsung et Hyundai. 

Inculpée pour abus de pouvoir, coercition ou encore corruption, elle est accusée en outre d'avoir profité de sa proximité avec la présidente pour se mêler des affaires de l'Etat alors même qu'elle n'occupait aucune position officielle.

Elle nie en bloc toutes les accusations.

- 'Mourir en prison' -

Le parquet a aussi requis une peine de quatre ans de prison contre le président du groupe Lotte, le cinquième conglomérat du pays, Shin Dong-Bin, et six ans contre un ancien conseiller présidentiel.

Le tribunal devrait rendre sa décision en janvier.

Mme Park est jugée dans un procès distinct, mais les réquisitions de jeudi laissent penser que le parquet demandera une peine d'au moins 25 ans contre l'ex-présidente.

Dans un contexte de frustrations économiques et sociales croissantes, Mme Park avait été destituée en décembre 2016 par l'Assemblée nationale.

Cette décision avait été validée le 10 mars par la Cour constitutionnelle, permettant du même coup la levée de son immunité présidentielle, son audition, son placement en détention provisoire et son inculpation.

Jeudi, Mme Choi est arrivée au tribunal vêtue de la veste noire portant son numéro de détenue, s'inclinant légèrement devant les juges avant de s'asseoir à côté de ses avocats.

"J'ai toujours su que je devais prendre mes distances vis-à-vis de la présidente, mais je ne l'ai pas fait", a-t-elle dit dans une déclaration lue au tribunal. "Je n'ai même pas réalisé que d'autres personnes autour de moi profitaient de moi et je suis désormais blessée et seule."

Elle n'a montré aucune émotion à la lecture des réquisitions.

"Vingt-cinq ans? Cela revient à dire à l'accusée qu'elle va mourir en prison", a déclaré au tribunal son avocat Lee Kyung-Jae.

Ce scandale à tiroirs, l'un des plus graves de l'histoire récente de la Corée du Sud, a mis en lumière les accointances malsaines entre les élites politiques et économiques du pays.

Vice-président de Samsung Electronics et fils du président du groupe Samsung, Lee Jae-Yong a été condamné en août à cinq ans de prison, notamment pour corruption, abus de bien sociaux ou encore parjure dans un volet de l'affaire.

La justice avait estimé que Samsung avait versé un total de 8,9 milliards de wons (6,6 millions d'euros) pour acheter le soutien du gouvernement à la passation du pouvoir entre générations au sommet du groupe à la suite de la crise cardiaque du père de Lee Jae-Yong en 2014.

Il a fait appel du verdict, comme du reste le parquet qui réclame une plus grande sévérité.

 
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