Coronavirus : faut-il craindre une pénurie de médicaments ?

Coronavirus : faut-il craindre une pénurie de médicaments ?
Le CHU de Tours, le 31 mars 2020.

, publié le mercredi 01 avril 2020 à 09h17

Dans une lettre adressée à leurs gouvernements respectifs, neuf grands hôpitaux européens avertissent qu'ils seront "bientôt à court de médicaments essentiels" pour les patients en services de réanimation.

"Il y a potentiellement une pénurie de médicaments de réanimation à venir", s'alarmait la semaine dernière le Pr Bruno Riou, directeur médical de crise de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), alors que la France se bat contre le coronavirus. Curares, hypnotiques, corticoïdes, antibiotiques... "Les produits qui sont en forte tension sont connus", affirmait de son côté François Crémieux, directeur général adjoint de l'institution.




Une crainte partagée au niveau européen. Dans une lettre adressée à leurs gouvernements respectifs, neuf grands hôpitaux européens, membres de l'Alliance européenne des hôpitaux universitaires, ont lancé mardi 31 mars un appel à l'aide face à la pénurie de médicaments pour les patients atteints du Covid-19, assurant que leurs établissements seront "bientôt à court de médicaments essentiels" pour les patients en services de réanimation.

"Au rythme actuel de consommation, les stocks seront épuisés dans quelques jours dans les hôpitaux les plus durement touchés, et dans deux semaines" pour les autres, poursuivent les signataires, dont l'AP-HP, le King's Health Partner de Londres et l'hôpital San Raffaele de Milan. Le courrier, révélé par Le Monde, évoque un manque de "relaxants musculaires", de "sédatifs" et de "médicaments analgésiques", "consommés rapidement et avec un réapprovisionnement insuffisant ou inexistant" en raison de l'afflux de malades du coronavirus.

"Nous sommes tous reconnaissants" face aux "mesures courageuses et ambitieuses que les autorités régionales et nationales ont prises pour ralentir la propagation du virus". Mais "la situation a évolué au point que la collaboration et la coopération internationales sont absolument nécessaires", insiste le courrier. "En l'absence de collaboration européenne pour garantir un approvisionnement régulier", les hôpitaux "pourraient ne plus être en mesure de fournir des soins intensifs adéquats", mettent en garde les signataires, pour qui une action coordonnée des autorités européennes est d'"une importance vitale".

Interrogé sur le sujet lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le ministre de la Santé Olivier Véran a reconnu mardi après-midi "des tensions sur les stocks d'un certain nombre de produits dans les hôpitaux".


"La demande de certains médicaments explose de 2.000% dans le monde, ce qui crée des mouvements de tension", a-t-il expliqué.

 

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