Corée du Sud : l'ex-présidente Park Geun-hye condamnée à 24 ans de prison

Corée du Sud  : l'ex-présidente Park Geun-hye condamnée à 24 ans de prison

L'ex-présidente sud-coréenne, ici en août 2017, a été emportée par un retentissant scandale de corruption.

leparisien.fr, publié le vendredi 06 avril 2018 à 11h31

La « princesse » déchue de 66 ans, également condamnée à une amende de 13 millions d'euros, pourrait finir sa vie derrière les barreaux.

Epilogue d'une extraordinaire descente aux enfers. La justice sud-coréenne a condamné ce vendredi l'ex-présidente Park Geun-hye à 24 ans de prison. Première femme élue à la tête de cette république, elle avait été destituée et arrêtée l'année dernière pour son implication dans un retentissant scandale de corruption.

Elle a été jugée coupable de corruption, abus de pouvoir ou encore coercition par le tribunal du district central de Séoul qui lui a aussi infligé une amende de 18 milliards de won (13 millions d'euros). Park Geun-hye était poursuivie pour avoir contraint des entreprises sud-coréennes à verser des dizaines de milliards de wons à deux fondations contrôlées par sa confidente de l'ombre et « amie de 40 ans », Choi Soon-sil (photo ci-dessous). Jugée dans un procès distinct, cette dernière avait écopé en février de 20 ans d'emprisonnement.

Choi Soon-sil, amie de 40 ans de l'ex-présidente, a également causé sa perte.../AFP/ Chung Sung-Jun

Le parquet avait demandé 30 ans de prison ainsi que 118,5 milliards de wons (89 millions d'euros) d'amende contre l'ancienne présidente, dont la chute a de nouveau illustré les liens malsains entre le pouvoir politique et les grands conglomérats. Et traumatisé l'opinion, la fille aînée du dictateur militaire Park Chung-Hee, ayant accédé en 2013 à la fonction suprême en se drapant dans l'habit de l'incorruptible « Fille de la Nation »...

Du sommet de l'Etat au cachot, 18 mois de chute libreCette affaire à tiroirs avait éclaté il y a plus de 18 mois d'une manière assez fortuite, au vu du gigantesque scandale qui s'apprétait à être révélé. A la rentrée universitaire 2016, une fronde étudiante se met en place dans une prestigieuse université pour femmes après la découverte qu'une certaine Chung Yoo-ra a vu ses résultats d'admission truqués en sa faveur. Ce genre de piston ne passe pas dans une société aussi concurrentielle que la Corée du Sud où la jeunesse joue sa vie sur un test d'entrée à l'université. Encore moins quand l'étudiante en question est la fille de Choi Soon-sil, meilleure amie de la présidente.

Au mois d'octobre, deuxième épisode : une chaîne de télévision met la main sur une tablette oubliée par Choi Soon-sil dans un bureau. Et se rend compte que celle que les médias surnomment déjà « Raspoutine » a accès à des documents confidentiels liés à la conduite de l'Etat. La présidente est sommée de s'excuser et se voit contrainte de nommer un procureur spécial. C'est le début de la fin.

Quatre mois plus tard, l'enquête s'achève, nourrie de révélations en cascade sur l'influence de cette confidente et des millions d'euros de pots-de-vin soutirés aux plus grands conglomérats du pays. Inculpée avec 16 autres personnes en février, la présidente est destituée par la Cour constitutionelle un mois plus tard, ce qui la prive de son immunité. Le 31 mars, elle est interrogée, arrêtée et incarcérée.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.