Corée du Nord : qui sont les trois prisonniers américains libérés ?

Corée du Nord : qui sont les trois prisonniers américains libérés ?
Donald Trump sur le tarmac de la base militaire d'Andrews près de Washington après avoir accueilli les trois prisonniers américains retenus en Corée du Nord.
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leparisien.fr, publié le jeudi 10 mai 2018 à 13h56

A quelques semaines d'une rencontre Trump-Kim, le régime nord-coréen a relâché trois prisonniers américains.

Alors qu'une rencontre historique entre Kim Jong-un et Donald Trump prévue dans les prochaines semaines, la Corée du Nord a décidé d'envoyer des signes d'apaisement. Mercredi, elle a libéré trois prisonniers américains, détenus depuis plusieurs mois. Une décision accueillie avec soulagement, après le cas tragique d'Otto Warmbier, jeune étudiant Américain décédé après 17 mois d'enfermement dans les geôles de Pyeongchang.

Tony Kim, également connu sous le nom de Kim Sang-duk, Kim Dong Chul, et Kim Hak-song, qui ont foulé ce jeudi le sol américain, étaient les trois derniers prisonniers américains connus en Corée du Nord.

En 2014, trois ressortissants avaient déjà été relâchés. Kenneth Bae, condamné car il était suspecté de fomenter un complot chrétien, Matthew Todd Miller, accusé d'actes hostiles, et Jeffrey Fowle emprisonné après avoir été surpris avec une bible.

Kim Dong-Chul./AFP

Kim Dong Chul

Ce businessman de 64 ans a connu la plus longue détention en Corée du Nord. Avant d'être arrêté, selon CNN, ce coréen d'origine a été naturalisé américain et vivait en Virginie. En octobre 2015, Kim Dong Chul est interpellé pour « espionnage » lors d'un déplacement en Corée.

Il ne réapparaît qu'en 2016, lors d'une interview à CNN, organisée par le gouvernement. Il déclare alors avoir espionné pour le compte des « éléments sud-coréens conservateurs » et photographié des secrets militaires en Corée du Nord. Lors de son procès, en avril 2016, Kim Dong Chul est condamné à dix ans de travaux forcés. Il a effectué 952 jours de détention.

Tony Kim/REUTERS

Kim Sang Duk, alias Tony Kim

C'est au cours de l'un de ses nombreux allers-retours en Corée du Nord que ce professeur a été arrêté. En 2017, alors qu'il s'apprête à prendre l'avion à l'aéroport de Sunan à Pyonchang, Tony Kim est retenu par les autorités coréennes pour avoir « commis des actes criminels hostiles visant à renverser la République populaire démocratique de Corée ».

Diplômé de l'université de Riverside, en Californie, cet homme enseignait régulièrement des cours de comptabilité à l'Université des sciences et technologies de Pyongyang (PUST). Fondée par des chrétiens évangéliques étrangers, cette école a ouvert ses portes en 2010. Si l'université affirme ne pas être en lien avec l'arrestation de cet enseignant, les activités religieuses de Tony Kim, présenté comme évangéliste par certains médias, pourraient avoir éveillé l'attention. Pour rappel, si la Constitution nord-coréenne garantit sur le papier la liberté religieuse, « nul ne doit s'en servir pour introduire des forces étrangères ou perturber l'ordre étatique et social », précise-t-elle.

Récemment, son fils avait lancé une campagne de communication autour de l'emprisonnement de son père et de ses deux compatriotes, intitulée « Free USA 3 ». A l'occasion du premier anniversaire de la détention de Tony Kim, Sol Kim avait appelé à la libération de son père. Au total, le professeur aura passé 384 en prison.

Kim Hak-song

Professeur dans la même université que Tony Kim, Kim Hak-song est un spécialiste des questions d'agriculture, assure CNN. Au moment de son arrestation en mai 2017, il donnait notamment des cours sur la culture du riz. Selon ABC 13, il développait un projet de ferme expérimentale avec l'université. Les autorités coréennes le suspectaient de vouloir commettre des « actes hostiles contre le régime ».

D'origine coréenne, cet homme est né en Chine avant d'émigrer vers les Etats-Unis dans les années 90. Après sa naturalisation américaine, Kim Hak-song est reparti en Chine, puis à Pyongyang. « C'était un homme gentil et déterminé à aider la Corée du Nord », avait déclaré l'un de ses proches à USA Today. Il a passé 368 jours en prison.

Le président Donald Trump (à gauche) et Kim Hak-song (à droite) SAUL LOEB/AFP

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