Corée du Nord : le site d'essais nucléaires aurait été démantelé

Corée du Nord : le site d'essais nucléaires aurait été démantelé
Des images satellites du site nord-coréen capturées mercredi 23 mai, la veille de sa destruction.

leparisien.fr, publié le jeudi 24 mai 2018 à 16h29

Les tunnels creusés dans le mont Mantap ont été détruits sous les yeux de journalistes étrangers.

Le site d'essais nucléaires de Punggye-ri en Corée du Nord est parti en fumée. C'est du moins ce dont ont témoigné des journalistes étrangers conviés à assister ce jeudi au démantèlement de ce terrain de développement et d'essai par le régime nord-coréen. Ce geste de «bonne volonté » du régime n'a en tout cas pas suffi à convaincre Donald Trump qui a annoncé dans l'après-midi qu'il renonçait à rencontrer Kim Jong-Un le 12 juin prochain, dénonçant l' « hostilité » de Pyongyang.

Des reporters de Chine, de Russie et des États-Unis avaient ainsi embarqué à Pékin à bord d'un vol pour Wonsan, en Corée du Nord, d'où ils devaient ensuite voyager en train et en bus pendant une vingtaine d'heures le long de la côte est, jusqu'à Punggye-ri. L'Agence France-Presse, comme d'autres grands médias internationaux, n'avait pas reçu d'invitation. Après un peu de cafouillage, les journalistes sud-coréens ont été autorisés à suivre l'événement.

Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, citant des journalistes de Corée du Sud conviés sur place, de multiples explosions ont été entendues tout au long de la journée, entre 11 heures et 16h17 (entre 2 heures du matin et 5h17, heure française). Les explosifs ont détruit trois tunnels creusés dans le mont Mantap pour réaliser les essais, ainsi que plusieurs postes d'observation et au moins deux baraquements militaires.

« Il y a eu une explosion énorme, on a pu la ressentir. La poussière nous arrivait dessus, la chaleur nous arrivait dessus. Le bruit était très fort », a déclaré Tom Cheshire, un journaliste de Sky News, arrivé sur place mercredi comme 30 confrères de différents pays.

Punggye-ri a été le théâtre des six essais nucléaires menés par Pyongyang, dont le dernier en date a eu lieu en septembre. Ce test, le plus puissant à ce jour, aurait permis à la Corée du Nord d'expérimenter une bombe à hydrogène.

Mais les avis divergent sur la bonne foi du régime : si Kim Jong-un a décidé de détruire le site sans condition préalable ni contrepartie, c'est soit que le site était hors d'usage, soit qu'il est très facile de le reconstituer. Soit, enfin, que le pays le plus impénétrable au monde veut témoigner d'une profonde volonté de changement. Clairement, la Maison Blanche n'est pas convaincue pour l'heure de cette dernière hypothèse.

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