Comores: l'armée entre dans la médina de Mutsamudu où sont retranchés des rebelles

Comores: l'armée entre dans la médina de Mutsamudu où sont retranchés des rebelles
Des soldats comoriens sont stationnés aux abords de la médina de Mutsamudu à Anjouan, le 19 octobre 2018.

AFP, publié le samedi 20 octobre 2018 à 16h07

Les forces comoriennes sont entrées samedi dans la médina de Mutsamudu, capitale de l'île d'Anjouan, où sont retranchés depuis cinq jours des rebelles opposés au  président Azali Assoumani, a annoncé à l'AFP le ministre de l'Education nationale, Mahamoud Salim Hafi.

"L'armée a commencé à prendre position à l'intérieur de la médina depuis midi. Aucun coup de feu n'a été tiré, aucune maison fouillée. Les forces se contentent de sécuriser la médina pour que la population puisse y circuler librement", a précisé le ministre, originaire  d'Anjouan.

Selon lui, "les rebelles sont toujours retranchés dans des maisons".

Le ministre a rejeté toute idée d'assaut, redouté par la population civile. "On n'a pas besoin de lancer d'assaut",a-t-il affirmé

"Je garantis qu'à partir de lundi la vie reprendra normalement son cours à Mutsamudu, l'administration fonctionnera normalement", a-t-il conclu.

Selon le ministre, qui mène depuis vendredi les négociations avec les rebelles, les opposants, au nombre d'une quarantaine, n'avaient toujours pas déposé leurs armes samedi matin malgré l'offre d'impunité en échange du désarmement faite vendredi par le gouvernement.

Les affrontements de cette semaine entre les rebelles et l'armée comorienne à Mutsamudu ont fait trois morts, selon les autorités, et au moins six personnes ont été grièvement blessées, d'après une source hospitalière à Mutsamudu.  

Les autorités accusent le parti Juwa, de l'opposant et ancien président de l'archipel Abdallah Sambi, originaire d'Anjouan, d'être à l'origine des violences qui ont éclaté lundi quand les manifestants ont érigé des barricades et que les forces de l'ordre les ont démantelées.

Les opposants, qui accusent le président Assoumani de se comporter en dictateur "de république bananière" et de vouloir se maintenir au pouvoir, renvoient la responsabilité de la situation au gouvernement.

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