Comment Madrid veut prendre le contrôle de la Catalogne

Comment Madrid veut prendre le contrôle de la Catalogne

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy lors d'une conférence de presse après avoir a annoncé des mesures draconiennes pour empêcher la sécession de la Catalogne, le 21 octobre 2017 à Madrid

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AFP, publié le samedi 21 octobre 2017 à 19h51

Le gouvernement espagnol a annoncé samedi des mesures draconiennes pour empêcher la sécession de la Catalogne, destituant le gouvernement, prenant le contrôle des finances, de la police et des médias publics, et plaçant le parlement sous tutelle.

Ces mesures doivent être approuvées en principe d'ici le 27 octobre par le Sénat, où le parti du chef du gouvernement Mariano Rajoy dispose de la majorité absolue. Il s'est assuré à l'avance du soutien de poids du Parti socialiste et des centristes de Ciudadanos.

Le gouvernement catalan

M. Rajoy demande la destitution de l'ensemble du gouvernement catalan, la Generalitat, présidé par Carles Puigdemont, un indépendantiste de la première heure.

Ses fonctions seront exercées par des "organes créés à cette fin par le gouvernement national", mais "en principe par les ministères (nationaux) aussi longtemps que durera cette situation exceptionnelle", a expliqué le chef du gouvernement.

Il demande au Sénat de lui confier l'autorité de dissoudre le parlement et convoquer de nouvelles élections "dans un délai de six mois après le vote du Sénat". Cette compétence relève d'ordinaire du chef du gouvernement catalan.

Le gouvernement conservateur demande également à la chambre haute de lui donner le pouvoir de nommer, démettre et remplacer dans tous les organismes et entités qui dépendent de la Generalitat.

La police autonome

La police catalane, les 16.000 Mossos d'Esquadra, seront placés sous l'autorité directe du gouvernement. Ils répondent jusqu'à présent aux ordres de la Generalitat. 

M. Rajoy demande même "au cas où ce serait nécessaire", que les membres de la police autonome puissent être "remplacés par des effectifs des forces de sécurité de l'Etat", c'est-à-dire la police nationale et la Garde civile.

Les finances

Le gouvernement a déjà placé les finances de la Generalitat sous séquestre en septembre, pour tenter en vain d'empêcher le référendum d'autodétermination du 1er octobre, interdit par la justice. La sanction est restée en place.

Il demande à présent l'autorité d'exercer toutes les compétences financières, budgétaires et fiscales pour s'assurer que pas un euro des impôts locaux ou des sommes transférées par Madrid à la région ne soit consacré à financer les efforts de sécession.

Télécommunications et médias

M. Rajoy veut assumer "les fonctions de la Generalitat de Catalogne en matière  de télécommunications et les services numériques".

Cela implique le contrôle du Centre de télécommunications et de technologies de l'information (CCTI), qui coordonne tous les systèmes informatiques du gouvernement régional.

La télévision et la radio publiques (TV3 et Catalunya Radio) passeront aussi sous le contrôle du gouvernement central pour garantir "la transmission d'une information fiable, objective et équilibrée".

Les syndicats de journalistes de TV3 ont dénoncé les directives qui selon eux biaisent la couverture en faveur de l'indépendance. Leurs collègues de la télévision nationale dénoncent eux aussi régulièrement la mainmise du gouvernement sur l'information en particulier dans la crise catalane.

Le parlement

Le gouvernement demande aussi la mise sous tutelle de l'activité du parlement catalan, où les partis indépendantistes disposent depuis 2015 d'une courte majorité de 72 sièges sur 135.

Ces députés ont approuvé le 6 septembre une loi qui organisait le référendum d'indépendance du 1er octobre, loi annulée depuis par la Cour constitutionnelle dont ils ne reconnaissent plus la compétence. C'est eux aussi qui pourraient proclamer formellement l'indépendance en vertu d'une seconde loi votée dans la foulée et elle aussi annulée.

M. Rajoy demande à pouvoir désigner "une autorité" qui aura 30 jours pour vérifier qu'aucun texte de loi ou aucune initiative parlementaire ne va à l'encontre des mesures prises pour contrôler la Catalogne.

Une fois M. Puigdemont destitué, le parlement ne pourra pas non plus procéder au choix ni à la nomination d'un successeur, si le Sénat approuve les demandes du gouvernement.

 
6 commentaires - Comment Madrid veut prendre le contrôle de la Catalogne
  • Rajoy se rend coupable d'un déni de démocratie extrêmement grave.
    Les catalans résisteront et se libéreront.
    L'Europe doit les y aider sans quoi elle renierait toutes ses valeurs.

    Personne ne veut se meler de cette histoire , si la Catalogne veut quitter L'EUROPE alors adieu l'euro , et vive la misere!

  • Et les "démocraties"européennes qui appuient ce coup de force de la part d'un gouvernement ultra-minoritaire ! On se croirait revenu en 1936 où elles n'ont rien fait pour défendre la République espagnole ! Quoi qu'on pense de la volonté d'indépendance de la Catalogne, on ne peut que s'indigner de ce retour aux années 30!

  • actuellement Puigdemont n'a plus sa place, il doit être jugé par un tribunal

  • Raroy un tyran de plus. A quoi sert la monarchie si ce n'est qu'à vivre sur le dos des travailleurs. Toute cette équipe de faignants vit sur le compte des pauvres travailleurs et ne produit rien. Il faut évincer ce système qui n'est qu'un ruine budget.

    Ce n'est pas le Roi d'Espagne qui conduit la politique du pays. L'Espagne est une démocratie constitutionnelle comme beaucoup de pays européens. Le Roi n'est qu'un élément symbolique.

    N'oubliez pas que le précédent Roi a été un acteur de la sauvegarde de la démocratie espagnole, lors du putsch d'une partie de l'armée et de gardes civiles.

    mais oui, mais oui!

    relisez l'article nerga34, c'est l'espagne qui subventionne la catalogne, quant aux travailleurs que vous citez dites moi un peu ou se trouve leur intérèt quand on sait que déjà environ 500 sociétés menacent de quitter la catalogne si elle devenait indépendante dites moi un peu comment pourraient vivre les milliers de salariés employés dans ces sociétés ? ah oui peut ètre aller travailler en espagne ou en france, on se demande ou se situe votre logique.

    Heu... je ne suis pas espagnole mais je doute que l'exécutif Catalans soit bénévole...
    De plus, quand on voit des zones de la Catalogne comme La Jonquéra (le plus grand B..... d'Europe avec plus d'un millier de prostituées, un trafic de drogue incroyable et tout ce qui va avec...) je pense que l'esprit indépendantiste aurait vite fait de tourner au cauchemar avec le risque de se retrouver, au sein de l'Europe, avec un micro-état plus ou moins vérolé par des mafieux...
    Maintenant, il y a peut être aussi des réformes à lancer en Espagne pour que l'ensemble des espagnols y trouvent leur compte...

    le roi n'est qu'un élément symbolique : c'est bien vrai - c'est un élément qui coûte cher aux espagnols avec toute l'équipe de bras cassés qui l'entoure; La Catalogne : riche mais comme en certains points d'Italie, la mafia y retrouve son compte et souhaite l'indépendance pour ramasser encore plus d'argent.

  • Madrid va leur couper les finances. ça risque de les enrager.

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