Colombie: un chef de l'ex-guérilla des FARC arrêté au Mexique

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L'ancien dirigeant des Farc Rodrigo Granda, le 20 septembre 2019 à Bogota
L'ancien dirigeant des Farc Rodrigo Granda, le 20 septembre 2019 à Bogota
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© AFP, DANIEL MUNOZ

publié le mercredi 20 octobre 2021 à 07h41

Un dirigeant de l'ex-guérilla des Forces révolutionnaires de Colombie (Farc), Rodrigo Granda, a été arrêté au Mexique à la demande du Paraguay qui le recherche pour enlèvement et homicide, a annoncé mardi le ministre colombien de la Défense, Diego Molano.

Rodrigo Granda, connu comme le diplomate en chef de l'ex-guérilla marxiste, a été arrêté à Mexico sur la base d'une "notice rouge" d'Interpol, ont indiqué les députés Carlos Lozada et Pablo Catatumbo, dirigeants du parti Comunes issu de l'accord de paix avec les ex-guérilleros en 2016.

Comunes a dénoncé au passage une violation de cet accord historique, et accusé le président colombien Ivan Duque d'être à l'origine de l'arrestation.

Le ministre de la Défense colombien Diego Molano a réfuté ces accusations. Il a expliqué sur son compte Twitter que l'arrestation de M. Granda, qui vit et circule librement en Colombie avec l'assentiment des autorités, a eu lieu "à la suite d'une notice rouge émise par le Paraguay pour enlèvement, association de malfaiteurs et homicide volontaire".

Des sources au sein des autorités fédérales mexicaines ont confirmé à l'AFP l'arrestation, refusant néanmoins de donner des détails.

En 2008, un juge paraguayen avait lancé un mandat d'arrêt à son encontre pour sa responsabilité présumée dans l'enlèvement, suivi du meurtre, de la fille de l'ancien président Raul Cubas, en 2005. Le gouvernement colombien n'a pas précisé si son interpellation au Mexique était liée à cette affaire.

Rodrigo Granda "voyageait accompagné de Rodrigo Londoño, président du parti, et d'autres camarades en délégation", a précisé le député du parti Comunes Carlos Lozada sur un média colombien.

Toujours selon M. Lozada, M. Granda se déplaçait avec l'autorisation du tribunal spécial pour la paix (JEP), institution colombienne issue de l'accord de paix et qui enquête sur les crimes commis pendant le conflit. Plusieurs des ex-leaders des FARC font l'objet d'enquêtes de la JEP, mais aucun d'entre eux n'a encore été condamné.

La délégation se rendait au Mexique à l'invitation du Parti du travail pour participer à une convention de formations de gauche, a précisé Rodrigo Londoño dans une vidéo.

"J'en appelle à la communauté internationale pour qu'elle garantisse la sécurité de Rodrigo Granda", a lancé le chef de l'ex-guérilla.

- Négociateur de la paix -

Rodrigo Granda, 72 ans, était l'un des négociateurs de la paix à La Havane, processus entamé en 2012 et qui avait abouti à l'accord de paix historique de 2016, suivi du désarmement des FARC. Il avait été déjà arrêté en 2005 lors d'une opération clandestine de l'armée colombienne au Venezuela, puis remis en liberté en 2007 dans le cadre du processus de paix.

En 2018, un autre leader des ex-FARC et négociateur de l'accord de 2016, recherché aux Etats-Unis pour trafic de drogue, "Jesus Santrich", avait été arrêté. Libéré en 2019 sur ordre de la Cour suprême, il avait ensuite repris les armes, invoquant le non-respect de l'accord de 2016 par le président Duque. Il est mort peu après au Venezuela lors d'une confrontation armée dont les acteurs restent non-identifiés à ce jour. Rodrigo Granda avait alors évoqué un possible retour à la lutte armée.

L'arrestation de Rodrigo Granda intervient un peu plus d'un mois avant le cinquième anniversaire de l'accord signé à l'époque entre la guérilla et le président Juan Manuel Santos, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2016.

La Colombie connaît ces derniers mois une préoccupante recrudescence de la violence dans plusieurs régions du pays, où sévissent de nombreux groupes armés, dont des dissidents des FARC qui rejettent l'accord de 2016 et ont repris les armes.

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