Colombie: des milliers d'indigènes à Bogota pour exiger de voir le président

Chargement en cours
Des indigènes colombiens affluent à Bogota pour réclamer un entretien avec le président Ivan Duque, le 18 octobre 2020
Des indigènes colombiens affluent à Bogota pour réclamer un entretien avec le président Ivan Duque, le 18 octobre 2020
1/2
© AFP, Raul ARBOLEDA

, publié le lundi 19 octobre 2020 à 05h22

Des milliers de membres des communautés indigènes de Colombie ont afflué à Bogota dimanche pour réclamer une rencontre avec le président Ivan Duque et dénoncer la vague de violences qui secoue leurs territoires.

"Nous demandons des garanties pour la vie (...) et qu'ils respectent les accords de paix" convenus en 2016 avec l'ancienne guérilla des Farc, a dit à l'AFP Hermes Pete, responsable du Conseil régional indigène de l'Etat du Cauca.  

Le mouvement de protestation a commencé le 10 octobre dans le sud-ouest de la Colombie et a progressivement évolué vers la capitale.

Quelque 7.500 membres de communautés indigènes sont arrivés à Bogota. 

Le conseiller présidentiel Miguel Ceballos a néanmoins affirmé qu'il n'était pas possible de rencontrer le chef de l'Etat et proposé des entretiens à un niveau inférieur.

"Le sujet n'est pas à discuter avec des ministres mais avec le président de la république", a insisté de son côté, Hermes Pete.

Si Ivan Duque "ne se montre pas à Bogota, nous repartirons (...) et nous agirons", avait averti mardi M. Pete, faisant allusion à d'éventuels blocages de la route Panaméricaine reliant la Colombie et l'Equateur.

La maire de Bogota Claudia Lopez a pour sa part salué le mouvement de protestation et demandé au président d'écouter les revendications des communautés indigènes.

Lundi, un ancien leader communautaire et son épouse avaient été assassinés par balles à Suárez, dans l'Etat de Cauca, selon les représentants des indigènes.

L'Organisation nationale indigène de Colombie (Onic) a dénoncé le fait qu'au moins 167 indigènes aient été assassinés depuis l'arrivée au pouvoir d'Ivan Duque en 2018.

Le désarmement des Farc a permis de faire diminuer l'intensité du conflit, mais le pays reste confronté à la violence de l'Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla active, ainsi que des narco-trafiquants.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.