Climat: Extinction Rebellion cible le secteur financier londonien

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Des militants du mouvement Extinction Rebellion ont bloqué l'entrée de la Bourse de Londres, lors de leur onzième et dernière journée d'action dans la capitale britannique pour réclamer un "état d'urgence écologique"
Des militants du mouvement Extinction Rebellion ont bloqué l'entrée de la Bourse de Londres, lors de leur onzième et dernière journée d'action dans la capitale britannique pour réclamer un "état d'urgence écologique"
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© AFP, Daniel LEAL-OLIVAS

AFP, publié le jeudi 25 avril 2019 à 20h31

Des militants du mouvement Extinction Rebellion ont bloqué jeudi l'entrée de la Bourse de Londres, lors de leur onzième et dernière journée d'action dans la capitale britannique pour réclamer un "état d'urgence écologique".

Attachés les uns aux autres, sept membres de l'organisation, qui prône la désobéissance civile non violente contre l'inaction climatique, ont formé une chaîne tôt dans la matinée devant les portes du London Stock Exchange, au coeur de la City, avant d'être délogés par la police.

Trois d'entre d'eux étaient ceints de panneaux d'affichage électroniques rappelant ceux des salles de marché, et diffusant des messages comme "Dites la vérité" ou "Urgence climatique".

"De nombreuses entreprises les plus destructrices de l'environnement dans le monde sont cotées à la Bourse de Londres", a déclaré dans un communiqué Extinction Rebellion (XR).

Non loin de la Bourse de Londres, un groupe d'une vingtaine de personnes a défilé à proximité de la Banque d'Angleterre derrière une banderole "L'argent, ça ne se mange pas", et improvisé un concert au beau milieu de la route.

Cinq militants de "XR", dont un homme de 83 ans qui avait grimpé sur un train à la station Canary Wharf, ont été arrêtés pour avoir perturbé la circulation des trains. 

D'autres ont manifesté devant le ministère des Finances, et devant les bureaux de la banque Goldman Sachs, dans le centre de Londres. 

En fin d'après-midi, des militants retiraient des pancartes et nettoyaient la zone de Marble Arch, à l'extrémité de Hyde Park, où ils ont campé plusieurs jours et des centaines de personnes participaient à une "cérémonie de clôture" du mouvement dans le parc.

Né en 2018 au Royaume-Uni, "XR", devenu international, a trois revendications dans ce pays: la proclamation d'un "état d'urgence climatique et écologique", l'élaboration d'un plan d'actions pour "réduire à zéro" les émissions nettes de gaz à effet de serre d'ici 2025 et la création d'une "assemblée citoyenne" qui, aidée d'avis scientifiques, se prononcerait sur des questions climatiques.

Pendant une dizaine de jours d'actions, des centaines de manifestants ont bloqué des sites emblématiques et très fréquentés de la capitale, comme Oxford Circus ou Piccadilly Circus.

La police a arrêté au total quelque 1.130 personnes dont 69 devraient comparaître prochainement notamment pour obstruction de la voie publique et résistance à l'action de la police.

Godfrey Whitehouse, ingénieur à la retraite, a dit à l'AFP avoir passé trois nuits dans une cellule de commissariat. "Je suis juste une personne ordinaire qui est absolument terrifiée du climat", a-t-il déclaré, s'excusant pour les perturbations que le mouvement a causé.

Ces perturbations "ont permis de faire en sorte que le climat et l'environnement ne soient plus une question de niche", s'est félicité un autre militant de "XR", Nick Onley, interrogé par l'AFP.

"Mais cela n'a pas été un succès complet", a-t-il nuancé. "Nous n'en sommes pas encore arrivés au point où le gouvernement dit: +Oui, s'il vous plaît, parlez-nous+".

Un conseiller du ministre de l'Environnement Michael Gove a indiqué qu'une rencontre avec des militants pourrait être organisée la semaine prochaine.

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