Chine : mobilisation pour la liberté de la veuve du prix Nobel de la Paix

Chine : mobilisation pour la liberté de la veuve du prix Nobel de la Paix
Liu Xia le 15 juillet 2017, quelques jours après la mort de son mari Liu Xiaobo, lors de préparatifs de la cérémonie d'inhumation.

leparisien.fr, publié le jeudi 17 mai 2018 à 14h45

Alors qu'elle n'a jamais été condamnée, contrairement à son mari Liu Xiaobo, Prix Nobel de la Paix en 2010 décédé l'an dernier, Liu Xia reste en résidence surveillée.

Face à l'urgence, les plumes se mobilisent. Plusieurs dizaines d'artistes et d'écrivains, en France et aux Etats-Unis, appellent publiquement les autorités chinoises à libérer la poétesse Liu Xia, veuve du dissident Liu Xiaobo, Prix Nobel de la paix en 2010.

Mme Liu, 57 ans, est en résidence surveillée depuis plus de huit ans depuis que son époux a obtenu la prestigieuse distinction. Liu Xiaobo avait été condamné en 2009 à 11 ans de prison pour « subversion » pour avoir cosigné un appel en faveur de la démocratie en Chine. Il est mort d'un cancer du foie l'été dernier. Mais sa femme Liu Xia, peintre, poète et photographe elle-même, est restée sous ce régime de détention en dépit d'une santé fragile, et alors qu'elle n'a jamais été jugée ni condamnée.

Prête à « se laisser mourir »

A l'initiative du Pen Club américain, une société d'écrivains, et d'Amnesty International, 28 intellectuels ont diffusé mercredi des vidéos sur Internet dans lesquelles ils lisent des poèmes de Liu Xia. Parmi les signataires, le prix Nobel de littérature 2003, l'Australo-Sud-Africain John Maxwell Coetzee, et l'écrivain chinois contestataire Ma Jian, installé à Londres. Leur initiative s'explique aujourd'hui car selon l'un de ses proches, l'écrivain dissident Liao Yiwu, vivant en Allemagne, la poétesse lui a confié il y a deux semaines par téléphone qu'elle était prête à « se laisser mourir » si ce régime carcéral se prolongeait.

Mort de Liu Xiaobo, dissident chinois qui venait d'être libéré par Pékin

« Liu Xia n'est pas une femme politique, [...] ce n'est pas à ce titre que nous vous demandons sa libération. Liu Xia est une artiste que le chagrin et la solitude absolue ont enfermée dans une profonde dépression et conduite au bord du suicide. Nous vous demandons, au nom de notre commune humanité, de lui permettre de jouir enfin de toutes les libertés qui sont formellement garanties par la Constitution chinoise à tous les citoyens de votre pays, celle d'aller et de venir, celle de voyager à l'étranger », écrivaient lundi, dans une lettre ouverte publiée dans Le Monde un collectif de quarante femmes parmi lesquelles la philosophe Élisabeth Badinter et l'ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti.

Inquiets pour l'état psychologique de Mme Liu, cinq diplomates, dont un Allemand, un Britannique, un Canadien, un Français et un représentant de l'Union européenne ont été refoulés vendredi de la résidence de Liu Xia alors qu'ils tentaient de lui rendre visite. En réponse à cette rare tentative, Pékin a appelé lundi les diplomates étrangers à « respecter la souveraineté » de la justice chinoise.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.