Chine: l'ex-patron d'Interpol coupable de "violations graves", selon le Parti communiste

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Meng Hongwei, alors président d'Interpol, le 4 juillet 2017 à Singapour
Meng Hongwei, alors président d'Interpol, le 4 juillet 2017 à Singapour
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© AFP, ROSLAN RAHMAN

AFP, publié le mercredi 27 mars 2019 à 10h34

L'ex-patron chinois d'Interpol, qui avait démissionné en octobre, s'est rendu coupable de "graves violations" de la discipline du Parti communiste chinois (PCC), ont annoncé mercredi les services d'inspection du parti au pouvoir.

Meng Hongwei, dont la disparition du siège de l'organisation policière internationale fin septembre avait défrayé la chronique, a été exclu du PCC et de toute fonction publique, a fait savoir la Commission centrale d'inspection disciplinaire du parti au terme d'une enquête.

Il n'avait jamais été formellement démis de son poste de vice-ministre de la Sécurité publique, en dépit de son placement sous enquête interne.

"Meng Hongwei n'a pas respecté les principes du Parti (...), il n'a pas divulgué des informations personnelles comme il aurait dû le faire et s'est refusé à mettre en oeuvre les décisions du comité central du Parti", a déclaré la Commission d'inspection dans un communiqué.

L'expression de "violation des règles disciplinaires" fait habituellement référence à des faits de corruption.

M. Meng "a accepté des pots-de-vin et est soupçonné d'avoir violé la loi", avait annoncé en octobre le ministère de la Sécurité publique, sans fournir de précisions sur ces accusations.

Cette mise au point faisait suite à la rocambolesque "disparition" une dizaine de jours plus tôt de M. Meng, signalée à la police française par son épouse fin septembre, alors que le patron d'Interpol avait quitté la France, où est basée l'organisation, pour regagner son pays.

M. Meng avait été nommé fin 2016 à la tête d'Interpol, une désignation célébrée à l'époque par Pékin, désireux d'asseoir sa présence dans les organisations internationales.

Il est loin d'être le premier haut responsable chinois à succomber à la campagne contre la corruption lancée par le président Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir fin 2012. Populaire dans l'opinion publique, cette campagne, qui a sanctionné plus de 1,5 million de cadres, est également soupçonnée de servir à éliminer des opposants internes à la ligne de M. Xi.

La commission d'inspection du Parti transmet habituellement ses enquêtes à la justice.

L'annonce des sanctions internes contre M. Meng survient alors que son épouse, Grace Meng, a écrit la semaine dernière au président français Emmanuel Macron pour lui demander d'évoquer le sujet avec son homologue chinois Xi Jinping lors de la visite en France de ce dernier cette semaine.

Dans ce courrier, Mme Meng, qui vit toujours en France et a déposé plainte en février pour une mystérieuse tentative d'enlèvement, "demande à savoir où (son mari) se trouve et comment il se porte". "Je demande que M. Meng puisse recevoir la visite de ses avocats et que ceux-ci puissent l'assister", écrivait-elle.

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