"Chaotique" mais "marrant": les employés de casinos de Las Vegas votent aux primaires

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Le résultat du caucus démocrate à l'hôtel Bellagio de Las Vegas (Nevada), le 22 février 2020
Le résultat du caucus démocrate à l'hôtel Bellagio de Las Vegas (Nevada), le 22 février 2020
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© AFP, FREDERIC J. BROWN

, publié le dimanche 23 février 2020 à 01h13

Les paris ne s'arrêtent jamais à Las Vegas.

Mais pour quelques heures samedi, les plus célèbres casinos du monde ont accordé une pause plus longue à leurs croupiers, cuisiniers et autres employés pour qu'ils puissent voter lors d'un scrutin clé pour les primaires démocrates.

Le Nevada était le troisième Etat américain à s'exprimer dans ce scrutin qui doit désigner l'adversaire démocrate de Donald Trump à l'élection présidentielle du 3 novembre. Le sénateur Bernie Sanders, très marqué à gauche, s'y présentait en large favori.

A l'hôtel Bellagio, plus de 120 employés s'étaient rassemblés dans une vaste salle de bal ornée de lustres dorés pour participer aux "caucus", des assemblées d'électeurs qui expriment leur choix en se rassemblant, physiquement, sous la bannière de leur candidat.

Bernie Sanders a largement remporté ici le vote, devant l'ancien vice-président Joe Biden, au programme plus au centre.

Les "caucus" se déroulent en plusieurs rounds. Les électeurs désignent lors d'un premier tour leur choix initial. Mais si ce candidat ne dépasse pas un certain seuil de soutien, il est éliminé et ses partisans peuvent se rallier à un autre candidat lors d'un second round. Ou s'abstenir. Une procédure complexe et atypique.

Au Bellagio, les choses sont allées rapidement. Seuls neuf électeurs n'ont pas soutenu dès le premier tour MM. Sanders ou Biden. Ces deux candidats à la Maison Blanche sont populaires parmi les électeurs hispaniques et issus d'autres minorités, qui sont nombreux parmi les employés de casinos de Las Vegas. 

L'ex-maire modéré Pete Buttigieg n'a reçu aucune voix tandis que la sénatrice progressiste Elizabeth Warren n'a pas eu assez de soutiens pour rester en lice au second round. Les partisans de MM. Biden et Sanders ont alors courtisé la demi-douzaine d'électeurs de cette dernière pour qu'ils viennent grossir leurs rangs.

"Bernie Sanders bien sûr!", a crié Laura Torres, une femme de ménage de 46 ans. 

Mais cela n'a pas suffi à convaincre Anne Olah, fleuriste au Bellagio, qui préférait Elizabeth Warren.

"Ce n'est pas que je déteste Bernie mais pour se présenter dans un +caucus+ démocrate, il faut être démocrate", a-t-elle expliqué en référence à son étiquette de sénateur indépendant. 

- Trump sème le doute - 

Le Nevada est passé en 2008 d'un système de scrutin traditionnel pour sa primaire, avec un vote à bulletin secret, à celui des "caucus". 

Un choix que tous n'apprécient pas parmi les employés des casinos du célèbre "Strip" de Las Vegas, cette grande avenue bordée de ces édifices emblématiques. 

"Cela me semble juste chaotique et ridicule. Cela serait tellement plus simple si on avait juste une primaire", a confié Mme Olah.

"C'est marrant!", s'est en revanche exclamée Laura Flores, une femme de chambre qui avait pu prendre une heure en plus pour sa pause déjeuner afin de voter.

Dans cette ville qui ne dort jamais, sept "caucus" ont été organisés sur le "Strip" afin de permettre à tous les employés travaillant dans un rayon de trois kilomètres de participer.

Pour la première fois, le parti démocrate avait également permis un vote anticipé, lors duquel quelque 75.000 électeurs avaient exprimé leur choix. 

Afin d'éviter le chaos de la publication des résultats des "caucus" de l'Iowa début février qui avaient pâti d'un bug informatique, le parti démocrate du Nevada avait opté pour une transmission des résultats par téléphone. 

En visite à Las Vegas à la veille du scrutin, le président américain Donald Trump a tenté de semer le doute sur la crédibilité des résultats. 

"J'ai entendu que leurs ordinateurs sont pourris comme dans l'Iowa", a lancé le républicain à ses partisans, sans aucune preuve.

"Comme d'habitude, il ne sait pas de quoi il parle", a rétorqué Jon Summers, un responsable du parti démocrate du Nevada, auprès de l'AFP. "C'est juste que Donald Trump, très inquiet pour ses chances d'être réélu, est en train de tenter de décourager la participation". 

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