Cette fois, le capitaine Kirk de Star Trek s'est vraiment rendu dans l'espace

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(d-g) Photo diffusée par Blue Origin le 12 octobre 2021 de Glen de Vries (d), Audrey Powers (2e d), William Shatner (2e g) et Chris Boshuizen (g), les passagers du vol deuxième vol habité de Blue Origin
(d-g) Photo diffusée par Blue Origin le 12 octobre 2021 de Glen de Vries (d), Audrey Powers (2e d), William Shatner (2e g) et Chris Boshuizen (g), les passagers du vol deuxième vol habité de Blue Origin
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© AFP, -, BLUE ORIGIN

publié le mercredi 13 octobre 2021 à 17h39

Une fusée de Blue Origin a emmené avec succès mercredi quatre passagers quelques minutes dans l'espace, dont une célébrité culte pour des générations de passionnés: William Shatner, le fameux capitaine Kirk de la série Star Trek, devenu à 90 ans la personne la plus âgée à atteindre l'ultime frontière.

C'était "l'expérience la plus intense" imaginable, a déclaré l'acteur canadien après l'atterrissage, en racontant son voyage au patron de Blue Origin, le milliardaire Jeff Bezos, venu les accueillir pour leur retour sur Terre. "Je suis tellement ému (...) C'est extraordinaire." 

"Il faut que tout le monde fasse ça", a ajouté William Shatner. 

Il s'agissait du deuxième vol habité de la fusée de l'entreprise de Jeff Bezos, qui entend s'imposer comme un acteur incontournable dans le secteur convoité du tourisme spatial.

A bord se trouvaient également deux entrepreneurs ayant payé pour le voyage, et une responsable de Blue Origin. 

Le fondateur d'Amazon avait lui-même fermé l'écoutille de la capsule avant le décollage, et l'a rouverte une fois l'atterrissage réussi. Il avait lui aussi fait le voyage vers l'espace à bord de ce véhicule en juillet. 

La fusée a décollé mercredi à la verticale, puis la capsule s'est détachée en vol, et ainsi propulsée, a dépassé la ligne de Karman qui marque, à 100 km d'altitude, la frontière de l'espace selon la convention internationale. Elle a ensuite entamé une chute libre pour retomber sur Terre, freinée notamment par trois immenses parachutes. 

Le vol a, au total, duré seulement une dizaine de minutes. 

Le décollage avait été repoussé de quelques dizaines de minutes afin de procéder à d'ultimes vérifications. 

Outre l'acteur canadien, trois autres passagers étaient à bord. Chris Boshuizen est un ancien ingénieur de la Nasa et le cofondateur de Planet Labs, une société américaine qui photographie chaque jour la Terre en haute résolution grâce à des satellites.


Glen de Vries est lui le cofondateur de Medidata Solutions, une entreprise spécialisée dans les logiciels de suivi d'essais cliniques pour l'industrie pharmaceutique.

Tous deux ont payé pour le voyage (le montant n'a pas été révélé).

Enfin, Audrey Powers, une responsable de Blue Origin chargée notamment des opérations de vol et de la maintenance de la fusée, complétait l'équipage.

- Série culte -

Moins de trois mois après le vol de Jeff Bezos dans l'espace, ce nouveau décollage montre bien la détermination de sa société à s'imposer face aux entreprises concurrentes. 

La compétition fait rage avec Virgin Galactic, qui propose une expérience similaire de quelques minutes. En juillet, le milliardaire britannique Richard Branson a lui aussi volé vers l'espace à bord d'un vaisseau de la compagnie qu'il a fondée.

Et en septembre, SpaceX a de son côté envoyé quatre touristes spatiaux pour trois jours en orbite autour de la Terre, une mission autrement plus ambitieuse (et coûteuse).

"Nous en sommes seulement au début, mais quel début miraculeux, et comme il est extraordinaire d'en faire partie", avait déclaré William Shatner dans une vidéo publiée par Blue Origin la veille du décollage.

Star Trek, diffusée à partir de 1966 pour seulement trois saisons, relatait les aventures de l'USS Enterprise, lancé dans une mission d'exploration interstellaire.

La série est devenue culte pour les amateurs de science-fiction, dont Jeff Bezos. Le fondateur d'Amazon a même fait une apparition dans l'un des nombreux films dérivés de la série - méconnaissable sous un maquillage d'extraterrestre.

"Le capitaine Kirk, incarné par Shatner, représente peut-être davantage l'ultime frontière que n'importe qui pour des générations", a souligné auprès de l'AFP le scénariste américain Marc Cushman.

L'acteur et son personnage de fiction "étaient des symboles de l'intérêt croissant de la nation - et du monde - pour l'exploration spatiale", a-t-il poursuivi.

Longtemps menée par les agences étatiques, cette conquête spatiale est aujourd'hui de plus en plus prise en charge par des entreprises privées. Et William Shatner en assure, là encore, la promotion.

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