Catalogne: manifestations contre l'incarcération de deux indépendantistes

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 Le président catalan Carles Puigdemont lors d'une réunion à la Generalitat, le 17 octobre 2017 à Barcelone

Le président catalan Carles Puigdemont lors d'une réunion à la Generalitat, le 17 octobre 2017 à Barcelone

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© AFP, PAU BARRENA
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AFP, publié le mercredi 18 octobre 2017 à 07h27

Des milliers de Catalans sont descendus dans la rue mardi contre la mise en détention de deux importants responsables indépendantistes inculpés de sédition, alors que la crise entre Madrid et les séparatistes est de plus en plus aigüe.

En début de soirée, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées sur l'une des plus grandes intersections de la ville, armées de bougies et criant "Llibertat, Llibertat, Llibertat". Elles étaient 200.000 selon la police municipale.

"Les corrompus sont toujours libres et des personnes qui organisent des manifestations civilisées, pacifiques, ont les met en prison", s'indignait Maria Miracle, une manifestante de 77 ans.

"Ils veulent nous effrayer pour que l'on arrête de penser à l'indépendance, mais ils obtiennent tout le contraire", disait aussi Elias Houariz, un pâtissier de 22 ans.

Les manifestants ont reçu le soutien à distance d'un autre célèbre Catalan, Pep Guardiola, ancien joueur et entraîneur du FC Barcelone et désormais manager du club anglais de Manchester City, qui a dédié aux deux militants emprisonnés la victoire de son équipe en Ligue des champions mardi soir.

"Cette victoire leur est dédiée. Nous avons montré en Catalogne que la citoyenneté est bien plus grande que n'importe quelle idée. Nous espérons qu'ils seront libérés bientôt", a déclaré Guardiola, indépendantiste proclamé, après le succès 2-1 de son équipe contre Naples.

A midi, mardi, des milliers d'employés avaient déjà quitté sous un ciel bleu leur poste de travail pour observer quelques minutes de silence et réclamer "la libération des prisonniers politiques".

Le président séparatiste catalan Carles Puigdemont et la maire de Barcelone Ada Colau ont fait de même.

Ces manifestations interviennent alors que le délai accordé par Madrid à Carles Puigdemont pour qu'il renonce officiellement à ses desseins séparatistes s'épuise : il a jusqu'à jeudi à 10h00 (8h00 GMT).

S'il ne recule pas, le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy pourrait suspendre totalement ou partiellement l'autonomie de la Catalogne, au risque d'agiter encore la rue.

Les deux responsables indépendantistes incarcérés lundi soir sont Jordi Cuixart et Jordi Sanchez. Ils dirigent les deux principales associations indépendantistes de Catalogne, Omnium Cultural et l'Assemblée nationale catalane (ANC), à l'énorme capacité de mobilisation.

Il s'agissait du dernier soubresaut de la crise opposant les séparatistes au pouvoir en Catalogne, une région où vivent 16% des Espagnols, aux institutions espagnoles, les premiers menaçant de déclarer l'indépendance de manière unilatérale.

Bien que la société catalane soit divisée presque à parts égales sur l'indépendance, ils estiment que leur cause est légitimée par le référendum interdit du 1er octobre, qu'ils disent avoir emporté avec 90% des voix et 43% de participation.

Et le fossé entre Madrid et Barcelone ne cesse de se creuser.

"Nous entrons dans une nouvelle phase de mobilisations, comme toujours elles seront pacifiques. (...) Il s'agira d'actions directes, impliquant la force de la citoyenneté", a prévenu un porte-parole d'Omnium, Marcel Mauri.

- 'Détruire des preuves' -

Jordi Cuixart et Jordi Sanchez appartiennent au noyau dur des responsables indépendantistes qui, aux côtés de Carles Puigdemont, ont planifié le référendum.

La juge a estimé qu'ils risquaient de "détruire des preuves" et "récidiver", expliquant qu'ils appartenaient à un "groupe organisé" dont le but est de rechercher "en dehors de la légalité" l'indépendance de la Catalogne. 

Ils sont soupçonnés d'avoir poussé des centaines de personnes le 20 septembre à Barcelone à bloquer la sortie d'un bâtiment où des gardes civils menaient des perquisitions, en lien avec l'organisation du référendum.

Mais leur incarcération est ressentie comme un acte de "répression" par beaucoup en Catalogne.

"Il n'y a pas de prisonniers politiques, mais des politiques en prison", a rétorqué mardi le ministre de la Justice Rafael Catala. 

Ce qui s'est produit le 20 septembre n'était "ni pacifique ni civique", a renchéri le préfet de Catalogne Enric Millo.

Toujours sur le front judiciaire, la Cour constitutionnelle espagnole a définitivement annulé, a posteriori, la loi catalane organisant le référendum. Dans son arrêt, elle souligne qu'il n'existe pas un +droit à l'autodétermination+ pour les +peuples d'Espagne+".

Carles Puigdemont laisse toujours planer la possibilité d'une déclaration unilatérale d'indépendance, alors que M. Rajoy refuse tout dialogue tant que les séparatistes ne lèvent pas cette menace.

Carles Puigdemont est, lui, tiraillé : il est pressé par ses alliés les plus radicaux d'aller de l'avant, tandis que les milieux d'affaires s'inquiètent des conséquences économiques de la crise. Près de 700 entreprises basées en Catalogne ont transféré leur siège social ailleurs depuis début octobre.

Les événements secouent même la planète foot. Mardi, un important appel d'offres sur les droits TV du championnat d'Espagne à l'international a été différé d'environ deux semaines, en raison de l'inquiétude suscitée par une possible exclusion du FC Barcelone en cas de déclaration d'indépendance.

 
61 commentaires - Catalogne: manifestations contre l'incarcération de deux indépendantistes
  • Ce n'est pas le simple désir d'être indépendant qui anime les catalans. Ils en ont assez de payer pour une Espagne soumise au bon vouloir et aux dictats de Berlin et Bruxelles.

    C'est faux!Car si ce n'était que cela ils auraient depuis longtemps engagé des discussions avec Madrid
    Sur ce sujet tout peut se négocier. Sur l'indépendance il n'y a rien à négocier

  • A lire certains commentaires,on serait encore en France sous le système de la royauté. ..laissons le peuple catalan décider de son avenir avec ou sans là tutelle du royaume d'Espagne.Il y a en Catalogne une volonté d'indépendance forte que l'on peut également constater en Flandre ou en Wallonie par ex.

    et en Corse et en Alsace ...

  • Puigdemont ! devient de plus en plus provocateur à l'encontre de l'Espagne !!! si , cela continue , des incidents aussi graves , comme au Pays Basque , peuvent arriver avec des extrémistes catalans !! En attendant ! il a réussi à couper sa province en deux clans ! cela va être une confrontation des "pour" et des "contres " ! et ceux à tout les niveaux ! : famille - travail - sport - terrasse de café ou de restaurant !!!!Bravo ! Mr Puigdemont , vous serez responsables des incidents et peut-être des blessés , voir des tués on ne fait pas mieux pour bafouer la Démocratie ! et diviser son peuple !!! Des méthodes dignes d'un extrémiste !!!

  • J'ai honte pour le peuple espagnol qui se divise peu à peu.
    Vouloir diviser ce beau pays, après avoir connu le Franquisme, ces catalans se regardent le nombril, sans réfléchir aux
    conséquences de cette division, voulue par deux ou trois abrutis.
    La corruption dans l'immobilier a défiguré les côtes espagnoles, et la Catalogne en fait partie, bien sûr.
    Ruan Carlos n'a peut-être pas été à la hauteur, mais l'unité de l'Espagne est essentielle.
    Que cette corrida s'arrête, comme les autres d'ailleurs. La Catalogne offrira une porte ouverte au Magreb, et la France ne
    regardera plus cette Catalogne comme une jolie province.....d'Espagne.

  • Ces Indépendantistes sont des irresponsables et eux seuls sont à l'origine de ce qui se passe chez eux !!! oui la justice a raison de mettre en prison tous ces meneurs et irresponsables !!!

    Quelle brillante analyse pour quelqu'un qui n'a jamais ouvert un livre d''Histoire!

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