Catalogne: les indépendantistes restent, un défi majeur pour Rajoy

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 Le président destitué de Catalogne Carles Puigdemont réagit à la victoire électorale des indépendantistes depuis Bruxelles, le 21 décembre 2017

Le président destitué de Catalogne Carles Puigdemont réagit à la victoire électorale des indépendantistes depuis Bruxelles, le 21 décembre 2017

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© AFP, Aris Oikonomou
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AFP, publié le vendredi 22 décembre 2017 à 08h13

En égalant quasiment leur dernier score aux élections régionales, les indépendantistes catalans posent un défi majeur à l'unité de l'Espagne et au gouvernement de Mariano Rajoy qui tablait sur ce scrutin pour les affaiblir.

Les Catalans, qui ont battu avec près de 82% de votants le record historique de participation dans la région, ont accordé jeudi 47,6% des voix aux indépendantistes et près de 52% des suffrages aux partis défendant l'unité de l'Espagne.

La loi électorale catalane prévoit un système de pondération des voix qui avantage les provinces rurales, où les indépendantistes sont très implantés, d'où leur victoire en sièges au parlement régional.

Les trois partis indépendantistes obtiennent 70 élus sur 135, deux de moins qu'en 2015, semblant avoir atteint un plafond. Ils pourront donc gouverner s'ils arrivent à former une coalition.

Au sein des sécessionnistes, les Catalans ont placé en tête, avec 34 sièges, la liste "Ensemble pour la Catalogne" de l'adversaire numéro un de Rajoy: Carles Puigdemont, président du gouvernement destitué par Madrid après la déclaration d'indépendance du 27 octobre et exilé en Belgique.

Après le référendum d'autodétermination interdit du 1er octobre, émaillé de violences policières, puis la proclamation de cette "république catalane" restée sans effets, la région avait été mise sous tutelle et le parlement dissous en vue de nouvelle élections.

"L'Etat espagnol a été vaincu. Rajoy et ses alliés ont perdu!", a clamé depuis Bruxelles M. Puigdemont.

- Président exilé, vice-président en prison -

Mais, si les indépendantistes arrivent à s'entendre pour gouverner, quels seront les membres du cabinet régional ?

M. Puigdemont est inculpé pour "rébellion" et "sédition" et s'il rentre en Espagne, il sera arrêté. 

Le chef du deuxième parti indépendantiste, Oriol Junqueras, son vice-président, lui aussi poursuivi, et déjà en prison.

M. Puigdemont avait déclaré le 12 décembre qu'il reviendrait en Espagne s'il pouvait être investi président. Rien ne s'oppose en principe à ce qu'un dirigeant politique poursuivi soit investi, puisqu'il n'est pas condamné. Mais encore faut-il qu'il reste libre.

Et dans son entourage, on laissait entendre, avant le scrutin, qu'il faudrait "qu'on lui permette de rentrer", autrement dit qu'il n'y ait pas d'arrestation à la clef. Il "pourra alors commencer une négociation".

Vendredi matin, M. Puigdemont devrait en dire plus lors d'une conférence de presse prévue vers 10H30 (09H30 GMT) à Bruxelles.

M. Rajoy, silencieux jeudi soir, pourrait s'exprimer dans l'après-midi après une réunion avec son Parti populaire, laminé en Catalogne où il est passé de 11 à 3 sièges. 

Juste après l'annonce des résultats, un électeur indépendantiste de gauche évoquait "une sensation étrange": "Nous gagnons en députés mais pas en nombre de voix", disait Fran Robles, médecin de 26 ans. 

"Donc chaque camp pourra se proclamer vainqueur. Cela reflète bien la réalité, qui est que la Catalogne est politiquement divisée et que la seule façon de trancher la question est de la poser clairement dans un référendum".

"Avec ce résultat, le message à l'Espagne est: asseyez-vous pour parler", assurait un sympathisant indépendantiste à Barcelone, Francesc Portella, 50 ans, professionnel du marketing. 

Il va bien falloir qu'à Madrid "ils cèdent sur des choses qui leurs déplaisent. S'asseoir et dialoguer", a dit aussi à l'AFP le sociologue Narciso Michavila, dirigeant d'un institut de sondages à Madrid.

Mais les Catalans partisans de l'Espagne, aussi, veulent être pris en compte.

Poussés à s'impliquer face au risque réel de rupture unilatérale, ils avaient finalement manifesté en masse depuis octobre, inondant aussi les rues de leurs drapeaux rouge-jaune-rouge. 

Un parti libéral et anti-indépendantiste a obtenu le plus grand nombre de sièges au parlement, Ciudadanos, avec 37 élus.

"Les partis nationalistes ne pourront plus jamais parler au nom de toute la Catalogne, car la Catalogne c'est nous tous", a martelé sa dirigeante catalane, Inès Arrimadas.

Selon Narciso Michavila, la réalité économique s'imposera aussi aux indépendantistes, qui devront mettre de l'eau dans leur vin pour stopper la dégringolade du tourisme et des investissements depuis début octobre. 

L'élite catalane - dont certains membres sont proches du parti conservateur PDeCat de M. Puigdemont - "sait qu'elle doit récupérer le tourisme et l'économie", dit-il. 

 
323 commentaires - Catalogne: les indépendantistes restent, un défi majeur pour Rajoy
  • BRAVO, BRAVO, BRAVO

    il est impossible de féliciter les Indépendantistes Catalans sur ce site?

  • Réponse à apy31:
    Présidentielle France 2017: Macron 43,6% des inscrits : élu.
    Législatives France 2017: REM 49,12% des voix 350 élus soit près de 61% des députés.
    Régionales occitanie 2015: Delga 44,8% des voix élue présidente de la région.
    Alors apy31, qui a gagné ????????

  • Victoire ? Où ? Moins de voix, "quasiment", moins de sièges, bénéficiaire d'une péréquation légale, montée d'un parti unioniste, défaite de Rajoy à titre personnel. Où et le triomphe indépendantiste ?

    excusez moi mais des independantistes a 47% c est loin d etre un echec mais si vous preferez vous voiler la face...l histoire est en marche

    Quand celui qui prétend vous réduire à sa merci est largement battu, passant de 11 sièges à 3 vous gagnez!

  • J'espère que pas mal d'autres comme les Catalans vont demander l'Indépendance , car L'EUROPE est le malheur de tous ils ont voulu créer L'EUROPE mais ils ont créer le Diable , le nationalisme Catalan contre L'ESPAGNE et le Peuple Espagnols

    L'UE ne veut plus de pays nations (Espagne, France...) mais des régions qui traitent directement avec Bruxelles et en toute cohérence, elle ne veut plus des peuples liés à ces états mais une organisation des hommes sur des bases ethniques. C'est cette organisation que défendent les associations pro-migrants qui aujourd'hui s'en prennent à l'Etat régalien. Ce dernier n'a plus à connaître et à enregistrer ceux qui se trouvent sur son territoire pour la bonne raison qu' il n'y a plus besoin d'intégration lorsque le pays est désintégré!

  • Encore des propos médiatiques, les indépendantistes on gagnés. Quel est le premier parti en Catalogne ??? Ouvrez les yeux

    tant pis c est ^pas les voix qui comptent mais les sieges...qui est president aux etats unis malgré les voix ? donald trump et la c est pareil point final

    Pour astor
    elle est belle votre démocratie, je ne voudrais pas vivre dans votre pays......ou la majorité est diminuée par la règle politique.
    Les lois ne font plus les hommes. Mais quelques hommes font la loi.

    Présidentielle France 2017: Macron 43,6% des inscrits : élu.
    Législatives France 2017: REM 49,12% des voix 350 élus soit près de 61% des députés.
    Régionales occitanie 2015: Delga 44,8% des voix élue présidente de la région.
    Alors apy31, qui a gagné ????????

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