Catalogne: les indépendantistes face au défi de former un gouvernement

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 Le président catalan destitué Carles Puigdemont (c), l'ex-ministre catalan de la Santé Antoni Comin (g) et l'ex-ministre de l'Agriculture, Meritxell Serret (c), après les résultats des élections régionales en Catalogne, le 21 décembre 2017 à Bruxelles

Le président catalan destitué Carles Puigdemont (c), l'ex-ministre catalan de la Santé Antoni Comin (g) et l'ex-ministre de l'Agriculture, Meritxell Serret (c), après les résultats des élections régionales en Catalogne, le ...

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© AFP, JOHN THYS
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AFP, publié le vendredi 22 décembre 2017 à 11h02

Les indépendantistes cherchaient vendredi comment reprendre le pouvoir en Catalogne après avoir reconquis la majorité au parlement régional et infligé une défaite cinglante au gouvernement espagnol qui les avait destitués après leur tentative de sécession.

La victoire en voix du plus résolu des partis opposés à l'indépendance, Ciudadanos, limitera leur marge de manœuvre même s'ils parviennent à former un gouvernement, avec leurs dirigeants en exil ou en prison. Et pour y arriver il leur faudra d'abord surmonter leurs divisions.

"L'État espagnol a été vaincu", a proclamé l'ancien président du gouvernement régional catalan Carles Puigdemont en exil à Bruxelles, dès la publication des résultats de ces élections anticipées.

Il a réussi son pari de remporter l'adhésion de la majorité des indépendantistes en se réfugiant en Belgique avec quatre de ses ministres pendant que le reste de son gouvernement, inculpé comme lui de rébellion et sédition, était incarcéré. Son ancien vice-président Oriol Junqueras est toujours en détention provisoire.

Leurs rapports déjà tendus se sont encore dégradés au fur et à mesure que le parti Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, gauche républicaine) de M. Junqueras voyait la liste de M. Puigdemont, Ensemble pour la Catalogne (JxCat), monter dans les sondages.

En fin de course, elle les a coiffés au poteau, remportant 34 sièges devant 32 pour ERC. Avec les 4 élus du parti d'extrême gauche CUP, ils totalisent 70 députés, soit une majorité absolue dans le parlement de 135 sièges.

- 'Un processus long et chaotique' -

M. Puigdemont avait affirmé pendant la campagne qu'en cas de victoire il rétablirait le gouvernement destitué par Madrid le 27 octobre, quand le parlement régional a proclamé l'indépendance d'une République de Catalogne que personne n'a reconnue.

Mais s'il revient en Espagne il sera arrêté. Bien que député, il ne pourrait pas exercer ses fonctions depuis sa cellule, et si le nouveau parlement le choisissait comme président, il ne pourrait pas gouverner. Au total, parmi les nouveaux députés indépendantistes, trois sont en prison et cinq en exil.

M. Puigdemont pourrait annoncer ses intentions lors d'une conférence de presse à Bruxelles prévue pour 12H00 (11H00 GMT).

"L'investiture d'un nouveau chef de gouvernement risque d'être un processus long et chaotique (et) le risque de nouvelles élections reste élevé", estime Antonio Barroso, analyste chez Teneo Intelligence.

En effet, si aucun gouvernement n'est formé avant la fin mars, de nouvelles élections devront être convoqués dans les deux mois qui suivront.

Les séparatistes sont pourtant les seuls à pouvoir former un gouvernement. 

Inès Arrimadas, la tête de liste de Ciudadanos, a remporté un succès spectaculaire avec 1,1 million de voix. Son parti formé il y dix ans à peine pour lutter contre le nationalisme catalan sera le plus fort au parlement régional avec 37 sièges.

Mais elle ne dispose pas d'alliés pour former un coalition de gouvernement. Les socialistes, opposés comme elle à l'indépendance n'ont que 17 sièges et le Parti Populaire de M. Rajoy s'est effondré, tombant à 3 sièges contre 11 aux dernières élections en 2015.

"Les partis nationalistes ne pourront plus jamais parler au nom de toute la Catalogne, car la Catalogne c'est nous tous", s'est écriée la députée de 36 ans, promettant de "continuer à lutter, y compris pour modifier une loi électorale qui donne plus de sièges à ceux qui ont moins de voix".

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy ne s'est pas encore exprimé sur ce que le journal conservateur ABC a qualifié de "catastrophe électorale".

Il avait cependant prévenu avant le scrutin que le prochain gouvernement en Catalogne, quel qu'il soit, devrait respecter la loi. Une façon de dire qu'il n'hésiterait pas à recourir à nouveau à l'article 155 de la constitution, utilisé pour la première fois pour destituer le gouvernement catalan et dissoudre le parlement.
 
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