Catalogne: les grandes manoeuvres au parlement commencent

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 Le nouveau chef du parlement catalan, l'indépendantiste Roger Torrent, le 18 janvier 2018 à Barcelone

Le nouveau chef du parlement catalan, l'indépendantiste Roger Torrent, le 18 janvier 2018 à Barcelone

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© AFP, Josep LAGO

AFP, publié le jeudi 18 janvier 2018 à 16h43

Le nouveau chef du parlement catalan, l'indépendantiste Roger Torrent, a pris a bras le corps jeudi sa première mission: consulter les partis sur le choix du nouveau président régional avec un seul candidat à ce stade, Carles Puigdemont, en exil en Belgique.

L'élu de 38 ans a reçu les chefs de file de Catalunya en Comun -allié de Podemos (gauche radicale) en Catalogne- et du Parti socialiste. Il devait voir dans l'après-midi le chef du Parti populaire (droite) de Mariano Rajoy dans la région, Xavier Albiol, et le représentant de la Candidature d'unité populaire (CUP, extrême gauche indépendantiste).

Roger Torrent, député depuis 2012 et maire d'une petite ville proche du fief de Carles Puigdemont, Gérone, est un indépendantiste convaincu, issu de la Gauche républicaine de Catalogne, l'un des deux grands partis séparatistes qui dominent la chambre avec en théorie, 70 députés sur 135.

En théorie car huit sont en prison ou en exil volontaire à Bruxelles pour échapper aux poursuites judiciaires.

Il a milité ouvertement pour la "république", et contre l'incarcération de ses compagnons, accusant la justice espagnole d'être "politisée".

Désormais, il semble vouloir prendre de la hauteur et a annoncé mercredi qu'il privilégierait le "dialogue", certains y voyant le signe d'une ouverture, d'autres, à commencer par le parti anti-indépendantiste Ciudadanos, une tactique. 

Il s'est en tout cas abstenu de lancer un "Vive la république catalane", en prenant ses fonctions comme l'avait fait Carme Forcadell, qui dirigeait le parlement avant lui, remplaçant ce slogan par un simple "Vive la démocratie et vive la Catalogne". 

"Je n'ai pas l'intention de renoncer à mes convictions politiques mais les principes démocratiques et le vivre-ensemble doivent passer avant", a encore expliqué ce licencié en sciences politiques jeudi. 

- Tradition et réalité -

La tradition veut que le chef du parlement consulte tous les groupes avant de désigner un candidat.

Ces entretiens devraient confirmer qu'il n'y a à ce stade qu'un seul aspirant - Carles Puigdemont - les forces non indépendantistes n'ayant pas présenté d'alternative.

La décision de présenter ce candidat doit être prise avant le 31 janvier, afin de permettre que le débat d'investiture démarre ce jour-là, date limite fixée par la loi.

Les deux principaux groupes indépendantistes soutiennent la candidature de Carles Puigdemont, destitué par Madrid le 27 octobre avec l'ensemble de son exécutif après la suspension de facto de l'autonomie régionale. 

Son retour serait une manière de rendre leur "dignité" aux Catalans, selon eux. 

Mais Roger Torrent marche sur des oeufs.

Carles Puigdemont, qui s'est établi à Bruxelles peu avant son inculpation pour rébellion et sédition, entend être investi à distance, ce que les services juridiques du parlement catalan jugent illégal. 

Le chef de file séparatiste peut difficilement présenter sa candidature en direct car s'il rentre en Espagne il serait placé en détention provisoire.

Et l'opposition et le gouvernement espagnol annoncent qu'ils contesteront devant la Cour constitutionnelle toute manoeuvre pour une investiture à distance. Madrid va plus loin: dans ce cas, l'autonomie de la Catalogne resterait suspendue.

Carles Puigdemont "est parti à Bruxelles pour remporter les élections, mais en partant il ne peut plus devenir président", a déclaré à l'AFP un haut responsable gouvernemental.

Si le parlement l'élisait quand même, "la Cour constitutionnelle serait saisie de la résolution du parlement catalan qui propose au roi d'investir Puigdemont. Elle en suspendrait les effets et le roi ne pourrait l'investir", explique le professeur en droit constitutionnel Xavier Arbos.

Un cul-de-sac qui mènerait alors à la recherche d'un autre candidat ou de nouvelles élections ?

Quoi qu'il arrive, "nous adopterons toutes les mesures et décisions nécessaires pour que cette investiture ne se produise pas", a prévenu jeudi la vice-présidente Soraya Saenz de Santamaria à la radio Cope, avant d'ajouter que c'était comme si elle décidait de participer aux débats "depuis les Caraïbes".

Et si Puigdemont tentait de retourner par surprise en Catalogne pour être présent à l'investiture ? La vice-présidente s'est bornée à préciser "que le gouvernement est prêt pour faire en sorte qu'il réponde de ses actes devant la justice". 

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4 commentaires - Catalogne: les grandes manoeuvres au parlement commencent
  • Il me semble qu'entre les années 40 et 45 il y avait à Londres un certains nombre de gouvernements en exil, ceux de Pologne, de Tchécoslovaquie ... et qu'ils éraient reconnus par grand nombre de pays.

    ça n'a absolument rien à voir ! vous faites une sérieuse manipulation politique : ceux dont vous parlez luttaient contre le nazisme qui avait aidé Franco pendant la guerre civile, qui avait, envahi et occupé , plusieurs pays, où ils ont torturé, massacré, affamé, et qui surtout ont commis un génocide, celui des juifs !
    il y a das amalgames qui sont inadmissibles

  • Rajoy est intraitable avec Puigdemon, mais pour ses petits copains du parti populaire accusés de corruption à tous les niveaux ( et ils sont nombreux) il réclame l'amnistie. C'est la conception de la justice à la mode Rajoy.

    discuter avec rajoy ,c'est impossible on ne discute pas avec une brouette , on la pouce !

    On peut critiquer la politique du gouvernement Rajoy, mais on ne peut pas mettre sur le même pied le coup d'état monté par Puigdemont et compagnie, qui, de plus, sont des lâches. Comment des Catalans ont-ils pu donner leur voix à des fuyards qui ont laissé emprisonner ceux qui ont eu le courage de rester ! Franchement, ça me dépasse !

  • c'est Rigolo cette histoire
    sauf pour ceux incarcérés
    des femmes aussi !? ...
    bref
    JUNCKER le président de la com EURO
    qui est ROYALISTE
    et qui a des casseroles Financières
    de par son pays le Luxe en Bourges
    ... ne dit RIEN ne FAIT RIEN
    puis ce qu'l est nait le TOUT PROFIT !!!!???? ROYAL
    aussi
    la CATALOGNE de FAIT n'est plus en EUROPE !!???
    quelle amplitude ce petit Monsieur de cette non EUROPE !!! irresponsable !!! et Bruno leMaire qui le salut plus qu'amicalement ... !? ...
    écoeurant cette EUROPE de postes et profits déguisés
    deGauLLe au secours !!!

  • Bruxelles n'est pas situé dans
    les Caraibes !!???
    à ce que je sache ...
    et vous votre niveau d'étude !!???
    il est Trumporisé !!???

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