Catalogne: l'investiture du président régional suspendue, le candidat en prison

Catalogne: l'investiture du président régional suspendue, le candidat en prison

Le président du parlement catalan Roger Torrent annonce la suspension de l'investiture du président régional, le 24 mars 2018 à Barcelone

AFP, publié le samedi 24 mars 2018 à 13h43

Le président du parlement catalan a suspendu samedi le débat pour investir un président régional, au lendemain de l'incarcération du candidat à ce poste Jordi Turull et de quatres autres indépendantistes, tous inculpés pour rébellion.

"Le candidat à la présidence de la Generalitat (exécutif catalan) est en prison avec d'autres députés de cette chambre", a constaté Roger Torrent à l'ouverture des débats. "Il est évident que dans ces conditions la session ne peut pas avoir lieu".

Le premier vote d'investiture a eu lieu jeudi mais bien que les indépendantistes disposent de la majorité absolue au parlement, M. Turull n'a pas pu être élu, faute de l'appui du parti séparatiste le plus radical. Il devait se soumettre ce samedi à un deuxième vote.

Vendredi, le juge de la Cour suprême chargé de l'enquête a inculpé formellement treize dirigeants indépendantistes pour "rébellion". Il a écroué cinq d'entre eux, dont Jordi Turull.

"Le pouvoir empêche que la volonté citoyenne exprimée dans les urnes puisse se manifester librement", a estimé M. Torrent, dénonçant "une situation d'injustice, de régression et de répression".

Les décisions de la Cour suprême sont un coup très dur pour les dirigeants indépendantistes: au total, 25 d'entre eux seront jugés pour rébellion, malversation et désobéissance. Neuf sont désormais en détention préventive et six autres font l'objet de mandats d'arrêt internationaux après être partis à l'étranger, dont l'ancien président régional Carles Puigdemont.

Les poursuites pour rébellion visent 13 personnes, dont d'anciens ministres régionaux, des parlementaires et des dirigeants d'associations séparatistes. Passibles de peines allant jusqu'à 30 ans de prison, elles sont très controversées car elles impliquent l'existence d'un "soulèvement violent" qui, selon de nombreux juristes, ne s'est jamais produit.

Jordi Turull est le troisième indépendantiste à échouer à se faire élire comme président de Catalogne en raison de décisions de justice, après Carles Puigdemont, exilé en Belgique, et l'activiste Jordi Sanchez, incarcéré.

Les indépendantistes doivent désormais trouver un nouveau candidat à la présidence de la Catalogne, sous tutelle de Madrid depuis la déclaration d'indépendance mort-née du 27 octobre. S'ils n'y arrivent pas avant le 22 mai, de nouvelles élections seront automatiquement convoquées.

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9 commentaires - Catalogne: l'investiture du président régional suspendue, le candidat en prison
  • Anastasie fonctionne à plein regime des qu on associe les mots "dictature" et "gouvernement espagnol".

  • normal ce sont tous des racistes d'extrême droite menteurs et manipulateurs.

  • rajoy emprisonne à tout va, il fait tout pour renforcer le sentiment "anti franquiste" des catalans. il ne l'emportera pas au paradis.
    savez vous qu'un indépendantiste a été emprisonné pour avoir mis un nez rouge devant les autorités !

    et il avait sorti une arme ? ou il a pris un pain dans le nez ? sacré rigolo

  • et aucune réactions de nos dirigeants européens, belle leçon de démocratie européenne...
    Le peuple jugera (enfin, s'il on lui en laisse la possibilité...)

  • l'Espagne est un pays totalitaire qui ne respecte pas le verdict des urnes,