Camion charnier: Londres renforce ses frontières, le Vietnam dans l'attente

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Des écoliers vietnamiens assistent à une messe à Phu Xuan pour les 39 personnes trouvées mortes dans un camion en Grande-Bretagne, le 27 octobre 2019 au Vietnam
Des écoliers vietnamiens assistent à une messe à Phu Xuan pour les 39 personnes trouvées mortes dans un camion en Grande-Bretagne, le 27 octobre 2019 au Vietnam
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© AFP, NHAC NGUYEN

, publié le lundi 28 octobre 2019 à 17h43

Londres a annoncé lundi le renforcement de ses frontières après la découverte de 39 corps dans un camion frigorifique près de Londres, des familles vietnamiennes attendant dans l'angoisse de savoir si leurs proches figuraient parmi les victimes.

Le conteneur transportant les migrants était arrivé par ferry, dans la nuit de mardi à mercredi, au port de Purfleet, sur la Tamise, en provenance de Zeebruges, en Belgique, une heure avant que la police ne soit appelée sur place.

Les effectifs aux frontières "sont en train d'augmenter à Purfleet", a affirmé lundi la ministre de l'Intérieur Priti Patel à la Chambre des Communes, sans préciser les effectifs concernés. "A compter d'aujourd'hui, les autorités belges ont accepté de déployer des agents d'immigration britanniques supplémentaires à Zeebruges", a-t-elle ajouté.

"Nous devons faire tout notre possible pour éradiquer" les trafics d'êtres humains, a-t-elle lancé.

La police a lancé une vaste opération pour éclaircir les circonstances de cette effroyable découverte qui a mis en lumière le business très risqué mis en place par les passeurs pour transporter au Royaume-Uni des migrants venant notamment des régions pauvres du Vietnam à la recherche de travail.


Le chauffeur du camion, Maurice Robinson, 25 ans, a été arrêté mercredi, peu après la découverte du camion dans la zone industrielle de Grays, près de Purfleet et à une trentaine de kilomètres de la capitale britannique.

Il a comparu lundi par visioconférence devant le tribunal de Chelmsford. Le juge a décidé de le maintenir en détention jusqu'au 25 novembre, date à laquelle il devra plaider coupable ou non devant la cour criminelle londonienne de l'Old Bailey.

Cet homme originaire d'Irlande du Nord est poursuivi pour homicides involontaires, trafic d'êtres humains, aide à l'immigration illégale et blanchiment d'argent.

Un autre Irlandais du Nord a été arrêté à Dublin samedi et trois autres détenus en Grande-Bretagne dans cette affaire ont été libérés sous caution.

- Tests ADN -

La police britannique avait d'abord pensé que les 31 hommes et huit femmes trouvés dans la camion, dont la remorque arrivait de Zeebruges, étaient chinois. Mais plusieurs familles de la province de Nghe An, dans le centre du Vietnam, se sont manifestées, expliquant que des proches partis clandestinement pour le Royaume-Uni ne donnaient plus de nouvelles.

D'après des médias vietnamiens, 24 des 39 victimes pourraient être vietnamiennes, un chiffre non confirmé par les autorités.

Les autorités vietnamiennes ont procédé dimanche à des prélèvements d'échantillons sanguins et de cheveux pour réaliser des tests ADN.

Au moins deux familles vietnamiennes ont dit craindre que leurs enfants, munis de faux passeports chinois, aient péri dans le camion frigorifique.

Nguyen Dinh Gia, le père d'un jeune Vietnamien de 20 ans, a révélé samedi à l'AFP avoir reçu un appel glaçant il y a quelques jours lui annonçant que son fils était mort en tentant de rejoindre le Royaume-Uni.

Un interlocuteur inconnu s'exprimant en Vietnamien lui a dit: "J'implore votre pardon, quelque chose d'inattendu s'est produit".

"Je me suis écroulé en entendant ça", a ajouté M. Nguyen, expliquant que son fils lui avait fait part il y a deux semaines de son projet de rejoindre le Royaume-Uni depuis la France, où il vivait illégalement depuis 2018.

- "En train de mourir" -

L'AFP a rencontré samedi une autre famille, vivant dans une simple cabane recouverte d'une tôle ondulée à Nghe An. Elle aussi redoute que leur fille soit parmi les victimes. Pham Thi Tra, 26 ans, avait envoyé un message sur le téléphone de sa mère expliquant qu'elle ne pouvait "plus respirer", qu'elle était "en train de mourir", a raconté son frère.

Les deux familles sont originaires de la même région de Ha Tinh, une partie très pauvre du Vietnam d'où partent nombre de migrants.

Ils cherchent souvent à rejoindre la Grande-Bretagne pour travailler dans des bars à ongles ou des fermes illégales de culture de cannabis, dans l'espoir de gagner de l'argent rapidement.

Beaucoup passent par la Russie ou par la Chine, avec de faux papiers, et ce périple peut leur coûter jusqu'à l'équivalent de 36.000 euros, une fortune au Vietnam où le revenu moyen ne dépasse pas 2.000 euros par an, selon la Banque mondiale.

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