Cambodge: le dernier haut dirigeant khmer rouge nie toute responsabilité dans le génocide

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Khieu Samphan, dernier haut dirigeant khmer rouge encore en vie, fait une déclaration devant les Chambres extraordinaires des tribunaux cambodgiens (CETC), le 19 août 2021 à Phnom Penh
Khieu Samphan, dernier haut dirigeant khmer rouge encore en vie, fait une déclaration devant les Chambres extraordinaires des tribunaux cambodgiens (CETC), le 19 août 2021 à Phnom Penh
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© AFP, Mark PETERS, Extraordinary Chambers in the Courts of Cambodia (ECCC)

publié le jeudi 19 août 2021 à 17h28

Khieu Samphan, le dernier haut dirigeant khmer rouge encore en vie, a nié sa responsabilité dans le génocide commis il y a plus de quarante ans au Cambodge, jeudi devant un tribunal international chargé d'examiner son appel contre sa condamnation à la prison à vie.

Le régime communiste, dirigé par le "Frère numéro 1" Pol Pot, au pouvoir de 1975 à 1979, a fait deux millions de morts parmi les Cambodgiens, dans des camps de travail et des exécutions de masse, sans oublier la famine.

Ancien chef de l'État khmer rouge, Khieu Samphan, âgé aujourd'hui de 90 ans, conteste sa condamnation prononcée en 2018 pour génocide contre des minorités ethniques vietnamiennes.

Ses avocats ont fait valoir lundi que le tribunal soutenu par les Nations unies qui l'a condamné avait opté pour une "approche sélective" des témoignages et n'avait pas accordé l'importance voulue aux éléments en sa faveur. 

"Je refuse catégoriquement l'accusation selon laquelle j'avais l'intention de commettre les crimes", a déclaré jeudi le nonagénaire au dernier jour des audiences. 

"Je ne les ai jamais commis". 

À l'issue de son procès de 2018, il s'était déjà adressé à la cour avec colère, niant les accusations portées contre lui et rejetant l'étiquette de "meurtrier" dans une prise de parole qui avait marqué les esprits.

Khieu Samphan, un des rares visages publics des Khmers rouges, a affirmé ne pas avoir fait partie, dans ses fonctions de chef de l'Etat, de la machine à tuer qui a exterminé près d'un quart de la population cambodgienne. 

Mais le tribunal l'a condamné à la prison à vie - aux côtés du "Frère numéro 2" Nuon Chea, décédé en 2019 - pour génocide et toute une série d'autres crimes, dont des mariages forcés et des viols. 

Les deux hommes avaient déjà été condamnés à la prison à vie en 2014 par le tribunal pour crimes contre l'humanité au moment de la violente évacuation de Phnom Penh en avril 1975, lorsque les troupes khmères rouges ont forcé la population à l'exode rural pour la faire travailler de force dans les champs.

Quel que soit le verdict de son appel sur les accusations de génocide attendu pour 2022, Khieu Samphan a estimé jeudi que son sort était déjà scellé.

"Quelle que soit votre décision, je mourrai en prison", a-t-il déclaré.

"Je suis jugé symboliquement, plutôt que par mes actes réels en tant qu'individu".

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