Grèce: Tsipras, sanctionné aux européennes, annonce des législatives anticipées

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Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, dont le parti de gauche a été lourdement sanctionné aux élections européennes et locales, part après avoir prononcé un discours après l'annonce des résultats
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, dont le parti de gauche a été lourdement sanctionné aux élections européennes et locales, part après avoir prononcé un discours après l'annonce des résultats
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© AFP, LOUISA GOULIAMAKI

AFP, publié le lundi 27 mai 2019 à 00h58

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, dont le parti de gauche a été lourdement sanctionné aux élections européennes et locales, a annoncé dimanche soir qu'il convoquerait des législatives anticipées en juin, quatre mois avant la fin de son mandat.

Son parti Syriza a été devancé de plus de 9 points par le principal parti d'opposition, la Nouvelle Démocratie (ND, droite), selon des résultats officiels partiels.

"Après le second tour des élections locales (le 2 juin), je demanderai au président d'organiser immédiatement des élections nationales", a déclaré Alexis Tsipras dans une allocution télévisée.

"Je ne fuirai ni n'abandonnerai le combat pour l'égalité, la solidarité et la justice sociale", a-t-il dit, visiblement déçu du mauvais score de son parti.

Les élections nationales anticipées se tiendront sans doute le 30 juin, selon les médias grecs.

Au pouvoir depuis quatre ans, Alexis Tsipras, 44 ans, avait fait du scrutin européen un vote de confiance à l'égard de sa politique, alors que son mandat expire au mois d'octobre et que des élections législatives étaient prévues à cette échéance.

Seulement, avec moins de 24% des suffrages se portant sur Syriza, selon des résultats partiels, Alexis Tsipras a visiblement échoué à capitaliser sur les succès dont il se targuait, en particulier le retour de la Grèce sur les marchés financiers et la sortie des programmes de rigueur dictés par les créanciers, UE et FMI, pour parer à la crise de la dette.

Malgré la reprise de l'économie depuis 2017 et l'amélioration des résultats macroéconomiques, les Grecs peinent à se remettre d'une profonde récession et pâtissent d'un taux de chômage de 18%, le plus élevé de la zone euro.

Le train de mesures visant à alléger la pression fiscale et venir en aide aux retraités n'a visiblement pas suffi pour séduire un électorat lassé de la politique de rigueur.

Le triple scrutin de dimanche, au cours duquel les Grecs votaient également pour les municipales et pour les régionales, était considéré comme un test crucial pour la majorité gouvernementale.

Des résultats partiels pour les européennes (35% des bulletins dépouillés) donnent son parti à près de 24%, tandis que ND est crédité de plus de 33%, selon le site du ministère de l'Intérieur.

Le parti socialiste du Kinal arrive en troisième position, à 7%, devant les communistes du KKE à plus de 5%, selon les sondages sortie des urnes. 

Le parti néonazi Aube Dorée obtient près de 5% des suffrages, en baisse de près de 5 points par rapport aux élections de 2014, tandis qu'un nouveau parti nationaliste, la Solution grecque, progresse à ses dépens, en engrangeant plus de 4% des voix.

Aux élections régionales également, Nouvelle Démocratie est en passe de contrôler les 13 régions grecques. Aux municipales d'Athènes et de Thessalonique, les candidats de ND arrivent également en tête pour le second tour du 2 juin.

- "Besoin d'un nouveau gouvernement"

"La Grèce a envoyé un message fort (...) la population a retiré sa confiance" au gouvernement, a fustigé Kyriakos Mitsotakis, leader de ND, principal adversaire de M. Tsipras pour les prochaines élections législatives.

"La Grèce a besoin d'un nouveau gouvernement (...) le Premier ministre doit assumer ses responsabilités, il doit démissionner pour le bien du pays", avait-il réclamé peu avant l'annonce d'Alexis Tsipras. 

Elu pour la première fois en janvier 2015, Alexis Tsipras, qui se revendiquait alors de la gauche radicale, est accusé par ses opposants d'"avoir trahi" son électorat après avoir été contraint d'abandonner ses promesses préélectorales sur "la fin de l'austérité".

"Syriza a eu quatre années très difficiles", a déclaré le ministre aux affaires d'Etat, Christoforos Vernardakis sur ERT: "Le pays était en cessation de paiement avec d'énormes problèmes sociaux. Au bord de la catastrophe, Syriza a dû accomplir des choses difficiles". 

"La gauche sait comment gagner mais aussi comment perdre", a tweeté de son côté Euclide Tsakalotos, le ministre des Finances.

Aujourd'hui âgé de 44 ans, M. Tsipras est un des rares représentants de la gauche actuellement au pouvoir dans un Etat membre de l'Union européenne.

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