Brexit : Trump savonne la planche de Theresa May, qui riposte

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La Première ministre britannique Theresa May le 27 novembre 2018 à Powys au Pays de Galles
La Première ministre britannique Theresa May le 27 novembre 2018 à Powys au Pays de Galles
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© AFP, Paul ELLIS , POOL

AFP, publié le mardi 27 novembre 2018 à 20h49

Donald Trump a critiqué lundi l'accord de Brexit comme étant un obstacle au commerce avec les Etats-Unis, une claque pour la Première ministre britannique Theresa May, qui a riposté mardi alors même qu'elle s'échine à convaincre son pays.

Le président américain a prévenu que l'accord tel qu'il a été conclu dimanche entre le Royaume-Uni et l'UE pourrait nuire aux échanges commerciaux entre Washington et Londres, qui mise beaucoup sur un accord de libre-échange avec son allié américain.

"Cela semble être un très bon accord pour l'UE", a-t-il confié lundi à des journalistes depuis la Maison Blanche. "Nous devons sérieusement regarder si le Royaume-Uni est autorisé ou non à faire du commerce".

"Si vous regardez l'accord, ils pourraient ne pas être autorisés à faire du commerce avec nous et ça ne serait pas une bonne chose", a-t-il insisté. 

La Première ministre britannique a balayé ces commentaires lors d'une visite au Pays de Galles mardi, première étape d'une tournée du Royaume-Uni pour faire le service après-vente de l'accord, menacé d'être retoqué par des députés très sceptiques lors d'un vote le 11 décembre.

"La déclaration politique" sur la future relation avec l'UE, jointe à l'accord de retrait, "établit clairement que nous aurons une politique commerciale indépendante et que nous pourrons négocier des accords commerciaux avec des pays dans le reste du monde", a-t-elle assuré. 

En ce qui concerne les Etats-Unis, un groupe de travail "qui marche très bien" a été mis en place et des discussions sont en cours également avec d'autres pays, asiatiques notamment, selon elle. 

Donald Trump n'en est pas à son coup d'essai: il a déjà plusieurs fois vanté les mérites d'un Brexit dur par le passé et, selon des diplomates, il ne manque pas une occasion, en privé, de pourfendre l'UE, symbole d'un monde multilatéral qu'il dénonce.

Ses propos, qui ont fait baisser la livre mardi, tombent au plus mauvais moment pour Theresa May, engagée dans une offensive à marche forcée destinée à convaincre que l'accord de divorce est le "meilleur possible" pour son pays. Ils compliquent encore plus son travail de persuasion, tant des Brexiters craignant un amarrage illimité du Royaume-Uni avec l'UE que des europhiles, qui voient peu d'intérêt à rendre la carte de membre du club européen.

- Débat télévisé -

Le compromis, conclu après 17 mois de négociations laborieuses, prévoit une période de transition initiale de 21 mois après le Brexit, au cours de laquelle quasiment rien ne changera entre les deux partenaires. Ensuite, le Royaume-Uni restera dans une union douanière avec l'UE si une nouvelle relation commerciale n'est pas mise en place. 

Theresa May s'est également rendue mardi à Belfast, où elle a rencontré la leader du DUP Arlene Foster, a indiqué mardi soir le petit parti ultra-conservateur nord-irlandais, un allié stratégique puisque ses 10 députés permettent aux conservateurs de la Première ministre d'atteindre la majorité à la chambre des Communes.

"L'accord de retrait, dans sa forme actuelle, est inacceptable", a déclaré Mme Foster dans un communiqué, rejetant le statut spécial accordé à l'Irlande du Nord dans l'accord afin d'éviter le retour à une frontière physique sur l'île d'Irlande.

Autre signe des difficultés qu'affrontent Theresa May: l'un de ses fidèles, l'ancien ministre de la Défense Michael Fallon, a dit mardi sur la BBC qu'il voterait contre cet accord "voué à l'échec".

Reflétant les divisions du pays sur le Brexit, plus de 150 jeunes manifestants se sont regroupés dans l'entrée de la chambre des Communes mardi pour réclamer un second référendum sur le Brexit, tandis que le groupe pro-Brexit "Leave Means Leave" a présenté une nouvelle campagne d'affichage dénonçant "le pire accord de l'histoire".

Déterminée à convaincre, Mme May s'est dite prête à affronter le leader de l'opposition travailliste lors d'un débat télévisé, qui pourrait se tenir le 9 décembre. "Je suis prête à débattre avec Jeremy Corbyn parce que j'ai un plan. Il n'a pas de plan", a-t-elle dit au tabloïd The Sun. 

M. Corbyn, pour qui l'accord est un "acte d'automutilation national", est désireux de donner suite à l'invitation, selon un porte-parole du Labour.

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