Brexit : des milliers de manifestants à Londres pour réclamer un second vote

Brexit : des milliers de manifestants à Londres pour réclamer un second vote
Dans les rues du quartier des ministères : des pancartes avec des slogans contre la sortie de l'UE, ou contre le gouvernement.

leparisien.fr, publié le samedi 23 juin 2018 à 23h34

Le rassemblement de ce samedi était organisé par l'association The People's Vote (Le vote du peuple).

Les rues de Londres envahies par plusieurs dizaines de milliers de personnes. Des drapeaux européens, et des huées au moment de passer sous les fenêtres du 10 Dowing Street, la résidence de la Première ministre conservatrice Theresa May. Deux ans après le référendum sur le Brexit, une marche organisée par l'association The People's Vote (Le vote du peuple) a eu lieu ce samedi pour demander un second vote sur les conditions finales du retrait du Royaume-Uni de l'Union Européenne.

Cette manifestation, qui a eu lieu alors que les conditions du Brexit sont actuellement négociées à Bruxelles entre les deux parties, marque le début d'une campagne qui doit durer tout l'été pour exiger une nouvelle consultation populaire.

« J'étais en larmes lors des résultats du référendum, ça laissait présager d'un avenir très sombre », a expliqué Chiara Liduori, une Italienne installée à Londres, venue participer à la manifestation avec sa fille de 2 ans, et sa nièce de 14 ans. « C'est pour elles que je suis venue, elles vont grandir dans une Europe différente, qui n'est pas celle que je connais, ni celle que je veux ».

«On comprend mieux les enjeux aujourd'hui»

Dans les rues du quartier des ministères des pancartes proclamaient de nombreux slogans, contre la sortie de l'UE, ou contre le gouvernement. Parmi les « Le Brexit détruit le Royaume-Uni », ou les « Theresa, dis-nous la vérité », un slogan plus optimiste : « Le Brexit n'est pas une affaire conclue ».

Une pancarte affichant « Les partisans du Brexit ont besoin d'un vote, les partisans de l'Union Européenne ont besoin d'un vote, nous avons tous besoin d'un vote »./Niklas HALLE'N/AFP

Car c'était bien là l'objectif des manifestants, revenir sur cette décision dont beaucoup de points sont encore à négocier. « Je suis vraiment favorable à ce qu'on laisse les gens s'exprimer une nouvelle fois, beaucoup ont changé d'avis, on comprend mieux les enjeux aujourd'hui », a confié Emily Hill, une infirmière de 55 ans, qui a fait deux heures de route pour participer à l'événement.

« De nombreux électeurs ont exprimé un vote de contestation » lors du premier référendum, en 2016, estime-t-elle. « Certains ne soutiennent pas l'Europe, mais je ne pense pas que cela représente la majorité de l'opinion dans le pays ».

Une seconde consultation légitime ?

Des déclarations que confirment un sondage de l'institut Survation pour la chaîne ITV publié vendredi qui montre que 48 % des personnes interrogées étaient favorables à un second référendum, 25 % s'y opposaient, et 27 % n'avaient pas d'opinion.

D'autres évoquent également leurs craintes des « conséquences économiques », mentionnant les menaces formulées cette semaine par les dirigeants d'Airbus ou BMW de mettre fin à leurs activités au Royaume-Uni en cas de Brexit sans accord.

Le leader du parti libéral démocrate, Vince Cable s'est exprimé face à la foule. Henry Nicholls/REUTERS

À l'avant du cortège, le chef du Parti libéral démocrate, Vince Cable, ou la députée conservatrice europhile, Anna Soubry, défilaient derrière une bannière demandant « un vote sur l'accord final du Brexit ». Vince Cable a défendu la légitimité d'une seconde consultation : « C'est le début d'une longue bataille «, a-t-il reconnu », aujourd'hui nous envoyons un puissant message au gouvernement sur les inquiétudes générées par sa gestion du Brexit ».

Boris Johnson veut un «Brexit complet»

Divisé, l'exécutif britannique n'a pas encore dévoilé sa vision de la relation qu'il souhaite mettre en place avec l'UE après le retrait, prévu le 29 mars 2019.

Le ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, a exigé un « Brexit complet » dans une tribune publiée samedi par le tabloïd The Sun. Le ministre du Commerce international, Liam Fox, s'est lui montré encore plus explicite sur la possibilité de conclure un Brexit sans accord.

« Je pense qu'il ne serait pas prudent pour nos partenaires dans ces négociations de penser que notre Première ministre bluffe », a-t-il déclaré à la BBC. « Elle a toujours affirmé qu'aucun accord valait mieux qu'un mauvais accord ».

À quelques jours d'un sommet européen à Bruxelles, l'inquiétude grandit quant à la progression des discussions, alors que d'importantes interrogations restent sans réponse, notamment la question de la frontière irlandaise. L'UE a même conseillé de se préparer à l'absence d'accord.

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