Brésil: une main tendue aux malades du Covid dans une favela

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Priscilla Ribeiro de l'ONG Redes da Maré distribue de la nourriture et des produits d'hygiène aux habitants testés positifs au coronavirus, dans une favela de Rio de Janeiro, le 25 mars 2021 au Brésil
Priscilla Ribeiro de l'ONG Redes da Maré distribue de la nourriture et des produits d'hygiène aux habitants testés positifs au coronavirus, dans une favela de Rio de Janeiro, le 25 mars 2021 au Brésil
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© AFP, Carl DE SOUZA

publié le vendredi 26 mars 2021 à 08h11

Avec leurs ruelles étroites et une grande densité de population, les favelas de Rio de Janeiro sont loin d'être les lieux les plus propices à l'isolement des patients atteints de Covid-19, mais une ONG leur vient en aide avec des rondes quotidiennes.

Cette association, Redes da Maré, a mis en place le programme "Isolement sûr", qui permet aux habitants ayant été testés positifs de s'inscrire pour recevoir des produits de première nécessité, mais aussi de bénéficier gratuitement de consultations médicales.

Zigzaguant entre les allées tortueuses à bord d'un combi blanc, Priscilla Ribeiro est chargée de la distribution de nourriture et de produits d'hygiène à Maré, un ensemble de 16 favelas où vivent 140.000 habitants. 

"Beaucoup de gens se sont retrouvés sans emploi ni argent, parce que de nombreux commerces ont fermé durant la pandémie", déplore-t-elle.

Les kits qu'elle distribue contiennent des produits d'hygiène (eau de javel, savon et alcool) et des repas.

"C'est important que la nourriture soit déjà prête parce que parfois les malades se sentent si faibles qu'ils n'arrivent même pas à se faire à manger", raconte la jeune femme.

Elle se rend chez Augusto do Nascimento, 72 ans, isolé depuis plusieurs jours avec son épouse et d'autres membres de sa famille.

- "Les gens ont peur" -

"Tout le monde a commencé à tomber malade et moi aussi à la fin. Ces kits nous aident beaucoup parce qu'on devient très vulnérable. Je me sens très faible", explique-t-il à l'AFP.

A l'entrée de cette favela située non loin de l'aéroport international de Rio, un grand hangar de l'association Redes da Maré sert de centre de dépistage.

Il suffit de prendre rendez-vous à l'aide d'une application pour téléphone mobile pour effectuer gratuitement un test PCR ou sérologique.

Environ 18% des quelque 170 échantillons prélevés chaque jour par l'ONG sont positifs. Les deux tiers des tests ont lieu dans le hangar, le reste à domicile. 

"Ces dernières semaines, la demande de tests a beaucoup augmenté, en raison du nombre de morts de plus en plus élevés dans le pays. Les gens ont peur", dit Everton Pereira da Silva, géographe de 35 ans, qui donnait des cours de soutien à des élèves du secondaire avant la pandémie et est aujourd'hui responsable du centre de dépistage.

Cette semaine, le Brésil, pays de 212 millions d'habitants, a franchi trois seuils symboliques: plus de 3.000 morts enregistrés en 24 heures mardi, la barre des 300.000 décès au total dépassé mercredi et celle des 100.000 nouveaux cas quotidiens jeudi.

L'Etat de Rio est un des plus touchés du Brésil, avec plus de 35.000 morts et une moyenne de 206 décès pour 100.000 habitants, largement supérieure à la moyenne nationale (144).

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