Brésil : les sympathisants de Lula l'empêchent de se rendre à la police

Brésil : les sympathisants de Lula l'empêchent de se rendre à la police

Des sympathisants de Lula ont empêché l'ancien président de sortir du bâtiment du syndicat des métallurgistes.

leparisien.fr, publié le samedi 07 avril 2018 à 22h55

Après avoir été condamné à 12 ans et un mois de prison, l'ancien président brésilien a fait savoir ce lundi qu'il comptait se rendre.

Journée très mouvementée pour Lula ce samedi. L'ancien président brésilien, condamné à 12 ans et un mois de prison pour corruption et blanchiment, a fait savoir ce samedi qu'il comptait se rendre à la police. Ses sympathisants, eux, semblent ne pas l'entendre de cette oreille.

Si Lula a pu sortir en fin de journée du siège du syndicat des métallurgistes de Sao Bernardo do Campo, quelques dizaines de personnes ont poussé très fort, devant la voiture, les portes grillagées qui ont failli céder sous la pression et ont ainsi empêché leur ouverture. Lula a été forcé à retourner à l'intérieur des locaux du syndicat, serré de très près par les manifestants.

Alors que Lula reste très populaire au Brésil, les autorités veulent éviter toute violence au moment de son incarcération. Ses avocats ont négocié avec les autorités les conditions de l'arrestation de celui qui était le favori de l'élection présidentielle d'octobre prochain.

Devant les locaux du syndicat des métallurgistes, Lula a a participé plus tôt dans la journée à une messe en hommage à son épouse décédée l'an dernier. Marisa Leticia Rocco, compagne de lutte pendant 40 ans, est morte après un AVC.

Sao Bernardo do Campo (Brésil), le 6 avril. Les soutiens de Lula devant le siège du syndicat où il est retranché. REUTERS/Leonardo Benassatto

Lula est un « citoyen outré »Lula est apparu en chemisette marine et jean sur la plateforme d'un camion près du prêtre qui devait célébrer l'office catholique, devant des milliers de sympathisants massés à l'extérieur du bâtiment.

Le poing levé, toujours apparemment combatif mais aussi visiblement très ému parfois à la mention du nom de sa femme, Lula était accompagné de son ex-dauphine, la présidente Dilma Rousseff, destituée brutalement en 2016 pour maquillage des comptes publics. Une foule de sympathisants de gauche criait « Lula, guerrier du peuple brésilien » et « Lula libre ! ».

L'épouse de Lula, Marisa Leticia, décédée en février 2017, aurait eu 68 ans ce samedi. Elle a été mise en cause pour l'octroi du triplex en bord de mer de la part d'une entreprise du BTP qui a valu à Lula sa lourde condamnation. Cet appartement aurait été donné en échange de faveurs dans l'obtention de marchés publics.

Lula, qui a toujours nié farouchement sa culpabilité, avait souhaité à la mort de sa compagne de toute une vie de militantisme et mère de ses trois enfants que « les criminels qui ont accusé Marisa à la légère aient un jour l'humilité de demander pardon ».

Après la messe, Lula s'est adressé à des milliers de sympathisants venus le soutenir. Il a réaffirmé son innocence et accusé le juge anticorruption Sergio Moro qui a ordonné son arrestation d' « avoir menti ». Il a également assuré être un « citoyen outré ».

Une cellule de 12 m²Une porte-parole de la justice fédérale a indiqué que Lula ne pouvait pas être considéré comme un fugitif, n'ayant pas « désobéi à un ordre judiciaire ». Elle a souligné que le mandat de dépôt stipulait que le juge lui avait donné une « opportunité » de se présenter sans être arrêté.

S'il est arrêté dès ce samedi, l'ancien président se retrouvera dans une cellule de 12 m2 avec toilettes et douche privatives, au siège de la Police fédérale de Curitiba, a priori avant un transfèrement.

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Ancien métallo ayant connu une fabuleuse ascension jusqu'à la présidence du Brésil, Lula a été condamné pour avoir reçu un triplex en bord de mer de la part d'une entreprise du BTP en échange de faveurs dans l'obtention de marchés publics.

Lula, également sous le coup de six autres procédures judiciaires, nie farouchement ces accusations, invoquant l'absence de preuves et dénonçant un complot visant à l'empêcher de se présenter à la présidentielle. Même en prison, Lula pourrait techniquement s'enregistrer comme candidat à la présidentielle d'octobre. C'est la justice électorale qui trancherait in fine sur son éligibilité.

Dès vendredi soir, plusieurs manifestations de soutien à l'ancien président ont eu lieu dans différentes villes du Brésil.

Rio de Janeiro (Brésil), le 6 avril. Des soutiens de Lula. REUTERS/Pilar Olivares

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